AlgèbreOutil · Glossaire
abaque
Un abaque est un dispositif matériel qui sert à représenter les nombres et à effectuer des opérations par tracé, dépôt ou manipulation. En analyse numérique et en nomographie, c’est aussi la représentation graphique d’une famille de fonctions, utilisée pour lire des solutions approchées d’équations.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Distinguer les deux sens du mot abaque.
- Reconnaître les principales formes matérielles citées dans la source.
- Lire une solution sur un abaque graphique simple et contrôler le résultat.
- Comprendre pourquoi une lecture graphique doit souvent être annoncée comme approchée.
En clair
Imaginez des jetons que l’on déplace sur un plateau pour garder la trace d’un calcul. Un abaque peut être cet objet matériel : une table de sable, un plateau, des tiges portant des boules ou des réglettes mobiles. Le geste remplace une partie de l’écriture.
Le même mot nomme aussi un dessin de calcul. Des courbes ou des lignes y représentent une famille de fonctions ; leur lecture donne une solution approchée sans résoudre l’équation par une longue suite d’opérations.
Définition
Le mot abaque a deux sens. Dans son sens matériel, il désigne un dispositif de calcul. L’information numérique est portée par des traces dans le sable, des jetons ou des cailloux posés sur un plateau, des boules coulissant sur des tiges, ou des réglettes mobiles. La table de sable grecque, les plateaux égyptien et romain, le boulier et les bâtons de Neper appartiennent ainsi à la même histoire technique.
Les nombres romains écrits suivent une écriture non positionnelle, principalement additive, avec des conventions soustractives dans certaines écritures. La pratique romaine de l’abaque montre néanmoins la connaissance du principe décimal. L’ensemble des techniques de calcul sur abaque constitue l’algèbre abaciste, employée jusqu’au Moyen Âge. À partir de la machine de Pascal, les appellations machine à calculer, arithmomètre ou règle à calcul deviennent plus appropriées selon l’objet.
En analyse numérique et en nomographie, un abaque est une représentation graphique d’une famille de fonctions. Il sert à lire des solutions approchées d’équations à partir de lignes, de courbes, d’échelles ou de points repérés. Dans ce second sens, nomogramme est également employé. La valeur obtenue dépend alors du domaine représenté et de la précision de lecture du graphique.
Où on le rencontre
Dans une collection d’instruments de calcul, un abaque se reconnaît à un support sur lequel une action conserve l’état d’un nombre : surface où tracer, plateau où poser des jetons, tiges munies de boules ou réglettes que l’on déplace. Ces formes portent le calcul par la position visible de leurs éléments.
Dans un document d’analyse numérique ou de nomographie, l’abaque prend l’apparence d’un graphique. Plusieurs lignes ou courbes, des valeurs repères et une échelle y encodent une famille de fonctions. Le support ne donne pas seulement une illustration : il organise la lecture d’une solution approchée d’équation.
Le mode d'emploi
Sur un abaque graphique, la grandeur recherchée est une valeur approchée qui satisfait la relation représentée. La lecture suit quatre étapes. 1. Identifiez d’abord la courbe ou la ligne correspondant au cas choisi dans la famille de fonctions. 2. Repérez la valeur connue sur son axe ou son échelle. 3. Suivez la construction indiquée jusqu’à la courbe, puis jusqu’à l’échelle de la valeur inconnue. 4. Lisez cette valeur avec une précision compatible avec les graduations.
L’origine, le sens des axes, l’échelle et le paramètre choisi sont des conventions indispensables. Une intersection qui paraît située exactement sur une graduation peut être légèrement décalée. Le bon réflexe consiste à annoncer un résultat approché et à tenir compte de l’épaisseur du trait et de l’espacement des graduations. Sur un abaque matériel, il faut plutôt identifier la valeur attribuée à chaque position avant de déplacer jetons, boules ou réglettes.
Un exemple, pas à pas
Considérons un abaque graphique très simple pour la famille de fonctions qui associe à une entrée x une sortie y. Le paramètre k choisit une ligne de la famille. Les données sont : k vaut 1, 2 ou 3 ; la valeur connue de y est 6 ; on cherche x pour le cas k = 2.
La relation représentée est :
1. Sélectionnez la droite étiquetée k = 2.
2. Partez de la graduation y = 6 et suivez l’horizontale jusqu’à cette droite.
3. Descendez verticalement depuis l’intersection jusqu’à l’axe des entrées.
4. La lecture donne x = 3.
2. Partez de la graduation y = 6 et suivez l’horizontale jusqu’à cette droite.
3. Descendez verticalement depuis l’intersection jusqu’à l’axe des entrées.
4. La lecture donne x = 3.
Le contrôle se refait par substitution : 2 × 3 = 6. Dans ce dessin construit sur des graduations entières, le point tombe exactement sur une graduation. Sur un abaque imprimé courant, la même lecture serait annoncée avec la précision permise par son échelle.
En pratique
Pour garder visiblement l’état d’un calcul mécanique, on déplace des jetons, des boules ou des réglettes. Le support est préférable à une machine à calculer lorsque le geste et la position des éléments font partie de la technique étudiée.
Pour obtenir rapidement une solution approchée d’équation, on choisit sur un abaque graphique la courbe du bon paramètre, puis on lit l’intersection utile. Un calcul algébrique reste préférable si une valeur exacte est exigée.
Pour étudier l’histoire des techniques de calcul, on compare la table de sable, le plateau à jetons, le boulier et les bâtons de Neper. La forme du support révèle alors la manière dont le calcul est matérialisé.
À ne pas confondre
Abaque et boulier. Le boulier est une forme d’abaque à tiges et boules coulissantes, mais tous les abaques ne sont pas des bouliers. Une table de sable ou un plateau à jetons tranche immédiatement le cas : ce sont des abaques sans boules coulissantes.
Abaque et machine à calculer. L’abaque matériel rend le calcul visible par des traces ou des éléments que l’on place et déplace. À partir de la machine de Pascal, la source réserve plutôt les termes machine à calculer, arithmomètre ou règle à calcul aux dispositifs correspondants.
Limites et pièges
Le mot change de sens. Sans contexte, « abaque » peut désigner un instrument matériel ou un graphique de calcul. Le symptôme est une description qui parle tantôt de jetons, tantôt de courbes. Il faut préciser le sens dès la première mention.
Une lecture graphique reste approchée. Lorsque l’intersection tombe entre deux graduations, l’œil ne fournit pas une valeur exacte. Il faut encadrer ou arrondir la lecture selon l’échelle, puis annoncer explicitement l’approximation.
Le dessin ne couvre pas tous les cas. Un abaque graphique ne renseigne que sur la famille de fonctions, les paramètres et le domaine effectivement représentés. Si la donnée sort du cadre ou si la courbe requise manque, il faut revenir à l’équation ou employer un autre abaque.
La forme matérielle ne fixe pas une procédure unique. Tracer dans le sable, déplacer des jetons, faire coulisser des boules et manier des réglettes sont des techniques différentes. Il faut identifier le support avant d’interpréter un geste ou une position.
Illustrations

Pour aller plus loin
boulier — Pour approfondir la forme d’abaque où des boules coulissent sur des tiges.
nomogramme — Pour prolonger le sens graphique de l’abaque et la lecture de relations entre grandeurs.
machine de Pascal — Pour situer le changement de vocabulaire entre abaque et machine à calculer.
La pensée du boulier — Pour explorer ce que le calcul sur boulier engage comme manière de représenter les nombres.
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