Passer au contenu principal
Tangente
Histoire et cultureNotion · Glossaire

Cassini Jacques

Jacques Cassini, dit Cassini II, est un astronome et géodésien français, fils de Giovanni Domenico Cassini, auquel il succède à la direction de l'Observatoire de Paris. À partir de sa mesure de la méridienne, il défend l'idée cartésienne d'une Terre allongée aux pôles, opposée à la prédiction newtonienne d'un aplatissement. Cette controverse illustre la nécessité de réviser une interprétation scientifique lorsque de nouvelles données la contredisent ; Cassini mène aussi des travaux d'astronomie.
Cassini Jacques
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Situer Jacques Cassini dans la dynastie des Cassini et à l’Observatoire de Paris.
  • Distinguer la mesure de la méridienne de l’interprétation cartésienne qu’il en tire.
  • Relier précisément les dates 1712, 1718, 1720, 1738 et 1740 aux faits correspondants.
  • Identifier ses travaux d’astronomie en plus de son œuvre géodésique.

En clair

En 1712, à Paris, Jacques Cassini succède à son père à la direction de l’Observatoire. Astronome et géodésien, il observe le ciel et mesure la Terre. La méridienne de l’Observatoire, achevée en 1718, lui sert à défendre une Terre allongée aux pôles.
Cette conclusion l’oppose aux partisans de Newton, qui prévoient au contraire un aplatissement aux pôles. Le parcours de Cassini II montre ainsi une science en train de se construire : une mesure soutient une théorie, puis de nouvelles données obligent à la réexaminer.

Définition

Jacques Cassini (1677-1756), appelé Cassini II, est un astronome français et le fils de Giovanni Domenico Cassini. Associé jeune aux travaux paternels, il devient directeur de l’Observatoire de Paris en 1712. Il prolonge l’œuvre familiale en astronomie et en géodésie, discipline consacrée à la mesure de la Terre.
Il reprend la mesure de la méridienne de l’Observatoire et l’achève en 1718. Il en conclut que la Terre est allongée aux pôles, conformément à la physique cartésienne qu’il défend. Cette interprétation s’oppose à celle des partisans de Newton, pour lesquels la Terre est aplatie aux pôles. Cassini publie en 1720 le Traité de la grandeur et de la figure de la Terre. La controverse sera tranchée grâce aux mesures de son fils César-François. Vers 1740, Jacques Cassini reconnaît que ses arguments ne résistent plus aux nouvelles données, quitte ses activités scientifiques et lui cède la direction de l’Observatoire.
Ses recherches ne se limitent pas à la forme terrestre. Il observe aussi les planètes et leurs satellites afin de déterminer les inclinaisons orbitales. En 1738, il met en évidence le mouvement propre des étoiles. Mort en 1756 après un accident de voiture, il a donné son nom à l’astéroïde (24102) Jacquescassini.

Un exemple, pas à pas

La controverse sur la forme de la Terre fournit un cas complet de raisonnement scientifique. Les données de départ sont la méridienne de l’Observatoire, sa mesure achevée en 1718 et deux interprétations opposées : allongement ou aplatissement aux pôles.
1. Jacques Cassini termine la mesure de la méridienne.
2. Il interprète le résultat dans le cadre de la physique cartésienne.
3. Il conclut que la Terre est allongée aux pôles.
4. Les partisans de Newton soutiennent l’hypothèse inverse, celle d’une Terre aplatie aux pôles.
5. De nouvelles mesures, associées à son fils César-François, finissent par trancher la controverse.
Le contrôle consiste à séparer ce qui est mesuré de ce qui est interprété. L’achèvement de la méridienne en 1718 est un fait de mesure ; la Terre allongée est la conclusion que Cassini en tire. Vers 1740, il admet que ses arguments ne tiennent plus face aux nouvelles données.

En pratique

Pour lire une chronologie scientifique, associez chaque date à un fait précis : 1712 à la direction de l’Observatoire, 1718 à l’achèvement de la méridienne, 1720 au traité et 1738 au mouvement propre des étoiles. Cette méthode évite de confondre fonction, mesure, publication et résultat astronomique.
Pour analyser une controverse, distinguez la donnée et sa lecture théorique. Ici, la mesure de la méridienne est la donnée ; l’allongement aux pôles est l’interprétation cartésienne de Cassini. Si de nouvelles observations contredisent l’argument, la conclusion doit être révisée.
Pour situer Cassini II dans l’histoire des sciences, reliez ses deux terrains de travail. La géodésie porte sur la mesure terrestre ; l’astronomie comprend ses observations des planètes, de leurs satellites et du mouvement propre des étoiles.

À ne pas confondre

Jacques Cassini et Giovanni Domenico Cassini. Giovanni Domenico est le père ; Jacques, dit Cassini II, est le fils qui lui succède à l’Observatoire de Paris en 1712. Une mention de Cassini II désigne donc Jacques.
Jacques Cassini et César-François Cassini. César-François est le fils de Jacques. Les mesures qui tranchent la controverse sur la forme de la Terre sont associées au fils, tandis que la conclusion d’une Terre allongée aux pôles appartient à Jacques.
Position cartésienne et position newtonienne. Dans cette controverse, la première conduit Jacques Cassini à défendre une Terre allongée aux pôles ; la seconde prévoit une Terre aplatie aux pôles. Le critère distinctif est donc le sens de la déformation polaire.

Limites et pièges

Une conclusion historique n’est pas un fait définitif. La formule « Terre allongée aux pôles » rapporte la conclusion tirée par Cassini en 1718. Elle ne doit pas être isolée de la controverse ni des nouvelles données qui, vers 1740, rendent ses arguments intenables.
Une date ne résume pas toute une œuvre. L’année 1738 concerne la mise en évidence du mouvement propre des étoiles. Elle ne doit être attribuée ni à la mesure de la méridienne, achevée en 1718, ni au traité, publié en 1720.
La géodésie n’épuise pas son activité. Réduire Jacques Cassini à la querelle sur la forme terrestre effacerait ses observations des planètes et de leurs satellites. Il faut conserver ensemble ses travaux terrestres et astronomiques.
Le terme « Cassini » reste ambigu sans prénom. Le symptôme est une attribution flottante entre trois générations. Il faut vérifier si le passage concerne Giovanni Domenico, Jacques ou César-François avant d’attribuer une fonction, une mesure ou une conclusion.

Pour aller plus loin

Le parcours de Jacques Cassini ouvre trois pistes complémentaires : l’histoire de la mesure des méridiennes, l’opposition entre physiques cartésienne et newtonienne, et le passage d’un programme scientifique d’une génération à la suivante. Son travail astronomique invite aussi à approfondir les inclinaisons orbitales et le mouvement propre des étoiles.
Continuez avec Tangente

Explorez les mathématiques autrement

Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.

Découvrir les offres