AnalyseNotion · Glossaire
chiffrement
Le chiffrement transforme un message en clair en texte chiffré, que l'algorithme et la clé appropriés permettent de déchiffrer correctement. Selon le cryptosystème, une clé unique sert aux deux opérations (symétrique), ou une clé publique chiffre tandis qu'une clé privée déchiffre (asymétrique). Il vise la confidentialité ; l'authenticité et l'intégrité doivent être vérifiées séparément.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Définir le texte clair, le texte chiffré et la clé.
- Distinguer les familles symétrique et asymétrique.
- Séparer confidentialité, authenticité et intégrité.
- Distinguer chiffrement et codage.
En clair
Lorsque vous envoyez un message, son texte est lisible avant sa transformation. Le chiffrement le convertit souvent en une suite qui peut paraître incompréhensible, mais cette apparence ne suffit pas à garantir la sécurité : la garantie repose sur la résistance cryptographique du procédé face aux attaques. Le destinataire autorisé utilise la clé et l'algorithme appropriés pour retrouver le texte initial. Selon le système, une même clé sert aux deux opérations, ou une clé publique sert à chiffrer tandis qu'une clé privée permet de déchiffrer.
Définition
Le chiffrement est une transformation appliquée à un message en clair pour produire un texte chiffré, aussi appelé cryptogramme. La transformation est conçue pour protéger le message contre un adversaire dépourvu de la clé, selon des hypothèses de menace et un niveau de sécurité, généralement calculatoire ; elle ne garantit pas une impossibilité absolue de retrouver le message. Le déchiffrement est l'opération inverse effectuée avec la clé et l'algorithme appropriés.
Un cryptosystème est un procédé de chiffrement avec ses clés et ses opérations associées. Dans un chiffrement symétrique, une clé unique intervient pour chiffrer et déchiffrer ; DES et AES sont des exemples cités par la définition de référence. La difficulté principale est alors de distribuer cette clé de manière sûre. Dans un chiffrement asymétrique, aussi appelé chiffrement à clé publique, une paire distingue une clé publique, destinée au chiffrement, et une clé privée, destinée au déchiffrement. RSA illustre cette famille. Elle évite de transmettre la clé privée, mais l'authenticité de la clé publique doit être vérifiée et le calcul est plus coûteux.
Le chiffrement relève de la cryptologie. La cryptographie couvre la conception et l'étude de mécanismes de sécurité, notamment le chiffrement, l'authentification et l'intégrité ; la cryptanalyse analyse leurs faiblesses et leurs attaques possibles. Les objectifs annoncés sont la confidentialité, l'authenticité de l'origine et l'intégrité du message pendant son transit.
Un exemple, pas à pas
Pour suivre une transformation de bout en bout, prenons un modèle pédagogique très simple, sans prétendre à la sécurité d'un chiffrement réel. Le message en clair est MATHS et la clé est le nombre 3. En numérotant les lettres de A à Z de 0 à 25, la règle consiste à avancer chaque lettre de trois rangs : M devient P, A devient D, T devient W, H devient K et S devient V. Le texte chiffré obtenu est donc PDWKV.
Première étape : l'expéditeur part de MATHS et applique le décalage de +3, ce qui produit PDWKV ; le lecteur peut contrôler chaque lettre, par exemple M → P et S → V. Deuxième étape : le destinataire reçoit PDWKV, qui ne révèle pas directement MATHS à qui ne connaît pas la règle et la clé. Troisième étape : le destinataire autorisé applique le décalage inverse de −3 à chaque lettre : P → M, D → A, W → T, K → H et V → S. Quatrième étape : il retrouve MATHS ; ce retour vérifie la transformation pédagogique, mais ne prouve à lui seul ni que le message n'a pas été altéré ni son origine.
Ce déroulement montre la confidentialité apportée par le chiffrement, mais il ne suffit pas à établir l'origine ni l'intégrité. Pour contrôler l'origine et vérifier que le contenu est resté intact, il faut un mécanisme approprié, par exemple une authentification, un MAC ou une signature, en complément du chiffrement. Dans la variante symétrique, la même clé intervient aux deux étapes ; dans la variante asymétrique, la clé publique sert à chiffrer et la clé privée à déchiffrer.
En pratique
Pour protéger la confidentialité d'une information, on choisit un procédé de chiffrement et on réserve la clé de déchiffrement aux destinataires autorisés. Le contrôle pertinent ne consiste pas à juger l'apparence du texte chiffré : il faut évaluer la résistance du procédé aux attaques dans les hypothèses de menace retenues.
Lorsque la même clé sert à chiffrer et à déchiffrer, le point pratique décisif est sa distribution sécurisée. Lorsque deux clés sont utilisées, la clé publique peut servir au chiffrement et la clé privée reste réservée au déchiffrement ; cette organisation évite de distribuer le secret privé, mais la clé publique doit être authentifiée.
Après la transmission, il faut aussi considérer l'origine et l'état du message. Un texte retrouvé ne suffit pas à établir son authenticité ni son intégrité : ces deux propriétés doivent être vérifiables séparément du seul fait que le message est chiffré.
À ne pas confondre
Le chiffrement et le codage ne poursuivent généralement pas le même but. Le codage transforme une information pour la représenter ou la transmettre selon une convention, éventuellement avec une clé, sans que la confidentialité soit nécessairement recherchée : un code peut associer un groupe de caractères à un mot entier. Le chiffrement vise explicitement la confidentialité, selon un procédé et un modèle de clé, sans se limiter à des lettres ou à des bits. L'intention de sécurité et les propriétés garanties permettent donc de les distinguer, non le seul aspect inhabituel du résultat.
La cryptographie et la cryptanalyse sont également deux activités distinctes. La première conçoit et étudie des mécanismes de sécurité, dont le chiffrement ; la seconde analyse les systèmes et leurs faiblesses, notamment au moyen d'attaques ou de tentatives de déchiffrement sans la clé. Chercher à retrouver un message sans la clé constitue donc un cas de cryptanalyse, même si le message de départ a été produit par un procédé cryptographique.
Limites et pièges
Un message chiffré n'est pas automatiquement authentique. Le chiffrement rend l'accès au contenu difficile sans la clé, mais l'authenticité exige encore de pouvoir vérifier l'origine du message. Il faut donc examiner cette propriété séparément.
Un message déchiffré n'est pas automatiquement intact. Si le contenu a été altéré en transit, retrouver un texte ne prouve pas que ce texte est celui qui a été envoyé. L'intégrité doit être contrôlée explicitement, selon le procédé employé.
Enfin, les deux familles ne s'échangent pas sans coût. Le système symétrique rencontre la difficulté de distribuer la clé secrète ; le système asymétrique facilite la distribution de ce secret sans transmettre la clé privée, mais les clés publiques doivent être authentifiées et le calcul est plus coûteux. Le choix dépend donc de la manière dont les clés sont partagées et des ressources de calcul disponibles.
Pour aller plus loin
Pour prolonger la réflexion, la cryptographie dans le roman d'aventures permet de replacer les messages codés et chiffrés dans une situation narrative. Cette lecture aide à observer la différence entre un procédé de dissimulation et un code de communication, distinction centrale de la fiche.
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