Histoire et cultureNotion · Glossaire
du Châtelet Emilie
Émilie du Châtelet est une mathématicienne et physicienne française, connue pour sa traduction française des Principia de Newton et pour les commentaires scientifiques rédigés avec Clairaut qui en éclairent la portée. Son travail contribue à rendre la physique newtonienne accessible au lectorat francophone. Son apport propre doit être distingué de celui de Newton, de Clairaut et de Voltaire.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer les principales étapes du parcours scientifique d'Émilie du Châtelet.
- Distinguer l'œuvre de Newton, la traduction d'Émilie du Châtelet et les commentaires rédigés avec Clairaut.
- Identifier ses liens intellectuels avec Voltaire et plusieurs savants européens.
- Comprendre sa position dans la controverse entre partisans de Newton et de Leibniz.
En clair
En 1733, Émilie du Châtelet rencontre Voltaire. Au château de Cirey, en Lorraine, leur relation devient à la fois amoureuse et intellectuelle : ils conduisent des travaux scientifiques et des expériences.
Mathématicienne et physicienne, elle étudie Newton, traduit ses Philosophiae Naturalis Principia Mathematica et accompagne cette traduction de commentaires scientifiques avec Clairaut. Son parcours montre aussi le rôle de l'apprentissage, des correspondances et des collaborations dans la circulation des sciences au XVIIIe siècle.
Définition
Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet, est une physicienne et mathématicienne française née en 1706. Issue de la haute noblesse, elle reçoit la même éducation que ses frères : latin, grec, mathématiques et sciences. Elle se forme en mathématiques auprès de Maupertuis, puis de Clairaut, et aborde les travaux de Newton dès 1727. Elle correspond aussi avec Bernoulli, Euler et Réaumur.
Sa rencontre avec Voltaire en 1733 ouvre une relation amoureuse et intellectuelle de quinze ans. Réfugiés au château de Cirey, en Lorraine, ils y poursuivent travaux scientifiques et expériences. Émilie du Châtelet entreprend la traduction des Philosophiae Naturalis Principia Mathematica de Newton, qui fait encore autorité. Elle rédige avec Clairaut les commentaires scientifiques qui l'accompagnent.
Dans la controverse entre les partisans de Newton et ceux de Leibniz, elle soutient la physique newtonienne. En 1746, elle fait enregistrer ses manuscrits à la Bibliothèque royale, démarche exceptionnelle à l'époque, plus encore pour une femme. Elle meurt en 1749 des suites d'un accouchement.
Un exemple, pas à pas
Prenons le cas de la traduction des Principia. Les données disponibles sont les suivantes : Émilie du Châtelet s'initie aux travaux de Newton dès 1727 ; elle reçoit des leçons de Maupertuis puis de Clairaut ; elle correspond avec plusieurs savants européens.
1. Elle entreprend de traduire les Philosophiae Naturalis Principia Mathematica de Newton. Ce travail rend le texte accessible en français sans changer l'identité de son auteur.
2. Elle ne s'en tient pas à la traduction : des commentaires scientifiques sont rédigés en collaboration avec Clairaut. La traduction et les commentaires ont donc des fonctions distinctes.
3. Elle prend position dans la controverse entre newtoniens et partisans de Leibniz en défendant la physique de Newton. Le contrôle consiste à retrouver trois éléments séparés : l'ouvrage de Newton, la traduction d'Émilie du Châtelet et les commentaires élaborés avec Clairaut.
En pratique
Pour situer Émilie du Châtelet dans l'histoire des sciences, suivez les traces précises de son activité : ses leçons avec Maupertuis et Clairaut, ses correspondances avec Bernoulli, Euler et Réaumur, puis ses travaux menés à Cirey. Cette lecture par réseau est préférable à un portrait isolé.
Devant une édition française des Principia, distinguez l'auteur du texte traduit, Newton, de la traductrice, Émilie du Châtelet. Si des commentaires scientifiques sont mentionnés, relevez aussi la collaboration avec Clairaut.
Pour comprendre sa place dans les débats de son temps, repérez la controverse concernée. Ici, le critère décisif est son soutien à la physique newtonienne face aux partisans de Leibniz.
À ne pas confondre
Émilie du Châtelet et Voltaire. Leur relation amoureuse et intellectuelle dure quinze ans, et ils travaillent ensemble à Cirey. Toutefois, la traduction des Principia est entreprise par Émilie du Châtelet : la présence de Voltaire dans son parcours ne lui transfère pas ce travail.
L'ouvrage de Newton et sa traduction française. Newton est l'auteur des Philosophiae Naturalis Principia Mathematica. Émilie du Châtelet en est la traductrice ; lorsque l'on parle des commentaires scientifiques, la collaboration avec Clairaut doit être signalée.
Newton et Leibniz. Les deux noms désignent ici les camps d'une controverse scientifique, non deux maîtres successifs d'Émilie du Châtelet. La source la place du côté de la physique newtonienne.
Limites et pièges
Ne pas réduire son travail à une traduction mot à mot. Le symptôme est l'oubli des commentaires scientifiques. Il faut distinguer la traduction qu'elle entreprend et les commentaires qu'elle rédige avec Clairaut.
Ne pas transformer une prise de position en œuvre de Newton. Son soutien à la physique newtonienne appartient à une controverse avec les partisans de Leibniz. Pour attribuer correctement, séparez la théorie défendue du travail propre d'Émilie du Châtelet.
Enregistrer n'est pas publier. La source atteste l'enregistrement de ses manuscrits à la Bibliothèque royale en 1746. Elle ne donne pas ici de date de publication ; il faut donc conserver ce verbe et ne pas déduire un autre événement.
Une chronologie n'autorise pas les raccourcis. L'initiation à Newton commence dès 1727, la rencontre avec Voltaire date de 1733 et l'enregistrement des manuscrits de 1746. Chaque date doit rester attachée à son fait précis.
Pour aller plus loin
Newton Isaac — Pour replacer les Principia et la physique newtonienne au cœur du travail d'Émilie du Châtelet.
Voltaire — Pour situer les quinze années de relation intellectuelle et les travaux conduits ensemble à Cirey.
Leibniz Gottfried — Pour identifier l'autre camp de la controverse dans laquelle Émilie du Châtelet défend Newton.
Catégoriser les femmes de science du XVIIIe siècle — Pour replacer ce parcours dans l'histoire collective des femmes savantes de son époque.
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