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Histoire et cultureNotion · Glossaire

Eudème de Rhodes

Eudème de Rhodes est un philosophe et savant grec du IVᵉ siècle avant notre ère, disciple direct d'Aristote dont il publia et commenta les travaux. Il est généralement considéré comme le premier historien des sciences de l'Antiquité : ses écrits reconstituaient l'histoire de l'arithmétique, de la géométrie et de l'astronomie. Ses œuvres, aujourd'hui perdues, ne sont connues que partiellement par des extraits anciens.
Eudème et les domaines des savoirs Un schéma relie Eudème, disciple d'Aristote, à trois domaines de ses récits historiques : l'arithmétique, la géométrie et l'astronomie au sens antique. Eudème de Rhodes Récits historiques Disciple d'Aristote transmet et commente les savoirs anciens Arithmétique Géométrie Astronomie (sens antique) Œuvres perdues : connaissance par extraits
Les trois domaines des récits attribués à Eudème sont reliés à son travail de transmission des savoirs.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier Eudème de Rhodes et sa relation avec Aristote.
  • Distinguer ses domaines d'étude et ses écrits historiques.
  • Comprendre pourquoi sa connaissance est partielle.

En clair

Imaginez un chercheur qui rassemble ce que l'Antiquité sait déjà en arithmétique, en géométrie et en astronomie. Eudème de Rhodes joue ce rôle au IVᵉ siècle avant notre ère. Disciple direct d'Aristote, il ne se contente pas d'enseigner : il publie et commente les travaux de son maître, puis organise l'histoire des sciences. Ses ouvrages ont disparu, mais des extraits ont conservé une partie de cette mémoire.

Définition

Eudème de Rhodes est un philosophe et savant grec du IVᵉ siècle avant notre ère, formé auprès d'Aristote. Sa particularité est de réunir plusieurs fonctions : il publie et commente les travaux aristotéliciens, enseigne à Rhodes et reconstruit l'histoire de disciplines scientifiques. Il est ainsi généralement considéré comme le premier historien des sciences de l'Antiquité.
Son activité couvre la logique, la physique et l'éthique. En logique, il étudie les mécanismes du syllogisme aristotélicien, c'est-à-dire du raisonnement construit à partir de propositions. En physique, il expose fidèlement la doctrine d'Aristote. En éthique, il cherche un lien entre la règle des actions humaines et l'idée du divin.
Son projet historique se répartit en une Histoire arithmétique, quatre livres d'Histoires géométriques et six livres d'Histoires astrologiques. Le terme « astrologiques » est ici pris au sens antique et couvre l'astronomie. Ces œuvres sont perdues ; leur contenu n'est donc connu que partiellement, par des extraits.

Un exemple, pas à pas

Pour comprendre la démarche d'Eudème, suivons le cas d'une histoire des disciplines scientifiques. Les données conservées sont les suivantes : une Histoire arithmétique, quatre livres d'Histoires géométriques et six livres d'Histoires astrologiques, au sens antique de ce dernier terme.
À vous de jouer : à partir de ces titres, classez chaque histoire dans le domaine annoncé, puis distinguez deux questions. Que permet d'établir cette répartition des livres ? Que ne permet-elle pas de reconstituer concernant les textes perdus ?
Résultat attendu : l'Histoire arithmétique correspond à l'arithmétique et compte un livre, les quatre livres d'Histoires géométriques correspondent à la géométrie et les six livres d'Histoires astrologiques à l'astronomie au sens antique. Cette répartition établit l'organisation des écrits par domaines et donne un ensemble de onze livres : 1 + 4 + 6 = 11. Elle ne permet pas de reconstituer le contenu des textes perdus, connus seulement par des extraits.

En pratique

Pour lire un extrait attribué à Eudème, commencez par relever ce qu'il permet d'identifier : un domaine, une suite de travaux ou une manière de les organiser. Cette question évite de traiter un fragment comme s'il livrait toute l'œuvre.
Appliquez ensuite le même relevé à chacun des titres conservés : demandez si l'extrait renseigne le contenu d'un récit ou seulement son titre et son domaine. Vous séparez ainsi ce que la source atteste de ce que l'on pourrait être tenté d'en déduire.
Enfin, vérifiez les mots qui risquent de changer de sens avec le temps : « histoires astrologiques » doit être lu selon l'usage antique indiqué par la source, où le terme couvre l'astronomie.

À ne pas confondre

Eudème de Rhodes ne se confond pas avec Aristote. Le critère qui les sépare est leur rôle dans la transmission : Aristote est le maître dont Eudème publie et commente les travaux, tandis qu'Eudème est son disciple direct et l'auteur d'écrits historiques sur les sciences.
Il ne faut pas non plus comprendre « astrologiques » dans son sens contemporain. Dans les Histoires astrologiques attribuées à Eudème, le terme est explicitement pris au sens antique et couvre l'astronomie.

Limites et pièges

La formule « premier historien des sciences » doit être comprise comme un classement généralement admis, non comme la conservation d'une œuvre complète. Les textes d'Eudème sont perdus.
Le symptôme d'une lecture trop affirmative est de présenter ses récits comme directement disponibles. En réalité, leur connaissance est partielle : elle repose sur des extraits. Il faut donc attribuer à Eudème le projet et les œuvres rapportées, tout en signalant que le texte intégral n'est pas conservé.
Une seconde précaution concerne l'astronomie. Le mot « astrologiques » ne doit pas recevoir automatiquement son sens moderne ; la source précise qu'il s'agit de l'usage antique, couvrant l'astronomie.

Pour aller plus loin

La démarche d'Eudème ouvre une réflexion sur la manière dont une discipline conserve sa mémoire. Ses écrits montrent l'intérêt de séparer les domaines, de réunir les travaux antérieurs et de reconstruire leur enchaînement, même lorsque les sources originales ont disparu.
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