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Histoire et cultureNotion · Glossaire

Hipparque de Nicée

Hipparque de Nicée est un astronome et mathématicien surtout connu pour avoir mis en évidence la précession des équinoxes en comparant des observations du ciel séparées dans le temps. Cette précession est la lente variation de l’orientation de l’axe de rotation terrestre, qui déplace progressivement les points d’équinoxe sur l’écliptique. Ses méthodes géométriques et ses mesures ont contribué à rendre les phénomènes célestes calculables.
Comparaison schématique à l'origine de la précession des équinoxes Une Terre à l'axe incliné et deux positions comparées sur l'écliptique, sans échelle angulaire ni temporelle. axe incliné écliptique relevé ancien relevé d’Hipparque schéma sans échelle
Schéma sans échelle : la comparaison de relevés séparés révèle un déplacement progressif de l'équinoxe sur l'écliptique.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Situer Hipparque entre Nicée, Rhodes et l'Antiquité grecque.
  • Suivre la comparaison d'observations qui révèle la précession des équinoxes.
  • Relier ses tables de cordes à la naissance de la trigonométrie.
  • Distinguer les travaux documentés indirectement des attributions formulées avec prudence.

En clair

Vers 190 à vers 120 av. J.-C., Hipparque observe le ciel surtout depuis Rhodes. Il compare ses relevés à ceux d'astronomes plus anciens. Le décalage qu'il repère révèle que les équinoxes se déplacent lentement sur l'écliptique : c'est la précession des équinoxes.
Ce savant grec relie ainsi mesure et géométrie. Un catalogue d'environ 850 étoiles, des tables de cordes utiles à la trigonométrie et une estimation de la distance Terre-Lune comptent parmi les travaux qui lui sont attribués.

Définition

Hipparque de Nicée, aussi appelé Hipparque de Rhodes, est un astronome et mathématicien grec de l'Antiquité, né vers 190 et mort vers 120 av. J.-C. Sa vie reste peu documentée. Il est probablement originaire de Nicée, en Bithynie, et réalise la plupart de ses observations à Rhodes. Ses écrits étant presque tous perdus, son œuvre est surtout connue par la compilation de Ptolémée dans l'Almageste, au IIe siècle apr. J.-C.
Sa contribution astronomique la plus célèbre est la mise en évidence de la précession des équinoxes. En comparant ses observations à des relevés antérieurs, il constate un déplacement progressif des équinoxes sur l'écliptique. Ce phénomène est lié à l'inclinaison de l'axe de rotation terrestre par rapport au plan de l'écliptique. Le schéma de principe associé à cette section représente cette comparaison sans donner d'échelle temporelle ou angulaire. Hipparque précise aussi les durées de l'année tropique et de l'année sidérale. À partir d'éclipses, il estime la distance Terre-Lune à environ 30 diamètres terrestres.
On lui attribue notamment l'un des premiers catalogues d'étoiles, avec environ 850 astres, ainsi que des tables de cordes, travail fondateur en trigonométrie. Le catalogue prolonge l'observation et le classement du ciel ; les tables relient la géométrie du cercle aux calculs astronomiques. Les entrées liées détaillent séparément l'astrolabe et la projection stéréographique, également attribués à Hipparque. Son astronomie demeure géocentrique : il rejette ou ignore l'héliocentrisme d'Aristarque et développe la théorie des épicycles pour décrire les irrégularités des mouvements planétaires.

Un exemple, pas à pas

Prenons le cas qui conduit à la précession des équinoxes. Pour rendre la comparaison refaisable sans inventer une mesure historique, utilisons une réglette schématique graduée de 0 à 10 : plaçons le relevé ancien au repère 6 et celui d'Hipparque au repère 5. Ces nombres sont fictifs ; ils représentent seulement deux positions sur une même échelle.
1. Dans ce modèle simplifié, la position issue des observations d'Hipparque se lit au repère 5.
2. La position transmise par les observations plus anciennes se lit au repère 6 de la même réglette.
3. Soustrayons les deux positions : 5 − 6 = −1. Le signe indique le sens du décalage sur la réglette et la valeur absolue, soit 1 graduation, son amplitude schématique.
4. Le point de l'équinoxe n'occupe donc plus la même position. Parce que les observations comparées sont séparées dans le temps, Hipparque interprète ce déplacement comme progressif : c'est la précession des équinoxes. Le calcul permet de contrôler la comparaison, mais sa graduation fictive ne mesure ni l'angle ni la durée historiques.

En pratique

Pour situer Hipparque dans l'histoire de l'astronomie, on part de son geste le mieux établi dans la source : comparer des observations séparées dans le temps. Ce repère conduit à la précession des équinoxes, plutôt qu'à une simple liste d'instruments.
Pour suivre la naissance de la trigonométrie, on examine ses tables de cordes. Elles relient le travail géométrique sur le cercle aux besoins de calcul de l'astronomie.
Pour comprendre une mesure antique, on identifie l'observation utilisée et l'unité choisie. L'estimation Terre-Lune attribuée à Hipparque vient des éclipses et s'exprime ici en diamètres terrestres, avec une valeur d'environ 30.

À ne pas confondre

Hipparque de Nicée et Hipparque de Rhodes. Ces deux noms désignent ici le même savant. Nicée renvoie à son origine probable ; Rhodes est le lieu où il effectue la plupart de ses observations.
Hipparque et Ptolémée. Hipparque réalise ses travaux au IIe siècle av. J.-C. Ptolémée les compile au IIe siècle apr. J.-C. dans l'Almageste ; cette transmission ne fait pas d'eux un seul auteur.
Précession des équinoxes et épicycles. La première correspond au déplacement progressif des équinoxes sur l'écliptique. Les seconds appartiennent au modèle géocentrique employé pour rendre compte des irrégularités des mouvements planétaires.

Limites et pièges

Une biographie fragmentaire. Les dates vers 190 et vers 120 av. J.-C. sont approximatives, et Nicée n'est qu'une origine probable. Il faut donc conserver ces marques d'incertitude au lieu de transformer les repères en certitudes.
Une œuvre connue indirectement. La majeure partie des écrits est perdue. Une affirmation transmise par l'Almageste doit être distinguée d'un texte d'Hipparque encore disponible.
Des attributions à formuler avec prudence. Le catalogue d'environ 850 astres, l'astrolabe, les 360 degrés, les coordonnées géographiques et la projection stéréographique lui sont attribués dans la source. Le verbe « attribuer » ne vaut pas preuve documentaire directe.
Un modèle historique, pas le cadre actuel. Les épicycles s'inscrivent dans le géocentrisme d'Hipparque, qui rejette ou ignore l'héliocentrisme d'Aristarque. Il faut les lire comme une manière antique de représenter les irrégularités planétaires.

Pour aller plus loin

La fiche précession des équinoxes approfondit le phénomène astronomique mis en évidence par la comparaison d'observations.
L'entrée astrolabe précise le fonctionnement de l'instrument dont l'invention est attribuée à Hipparque.
La fiche Stéréographique (projection) développe la projection conçue par Hipparque et son principe géométrique.
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