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AlgèbreNotion · Glossaire
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évaluation critériée

L'évaluation critériée est une forme d'évaluation qui consiste à apprécier les acquis d'un élève en les confrontant à une liste de savoirs ou de compétences préalablement définis, tels que des référentiels de formation. Contrairement à l'évaluation normative, qui situe un élève par rapport au groupe, l'évaluation critériée juge les performances en référence à des critères absolus et explicites.
Bilan critérié d'une copie Trois critères : C1 et C2 acquis, C3 non acquis, soit deux critères acquis sur trois. Bilan de la copie Exercice de proportionnalité C1 — coefficient correct acquis C2 — tableau correct acquis C3 — justification absente non acquis 2 critères acquis sur 3
La même copie satisfait C1 et C2, tandis que C3 reste non acquis faute de justification écrite.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Relier une performance à des critères absolus définis à l'avance.
  • Distinguer une évaluation critériée d'une évaluation normative.
  • Repérer les critères vagues, les tâches inadaptées et les seuils déplacés.

En clair

Une classe termine un exercice sur la proportionnalité. Avant de lire les copies, l'enseignant a fixé trois attentes : reconnaître le coefficient, compléter correctement le tableau et justifier la réponse. Chaque copie est comparée à ces attentes, et non aux copies voisines.
Cette manière de juger est une évaluation critériée. Un élève peut donc satisfaire un critère même si beaucoup d'autres y parviennent aussi, ou ne pas le satisfaire même si la classe a globalement échoué.

Définition

L'évaluation critériée est une évaluation dans laquelle les acquis d'un élève sont appréciés à partir de critères définis avant l'examen de sa performance. Elle peut être formative ou sommative. Ces critères décrivent les savoirs ou les compétences attendus. Ils peuvent être organisés dans un référentiel de formation.
Un critère doit être explicite : il faut pouvoir relier une trace observable de la production à l'attente formulée. Il est aussi absolu au sens où le verdict ne dépend pas du rang de l'élève ni du résultat moyen du groupe. Le niveau d'exigence peut comporter plusieurs degrés, à condition que leur signification soit établie à l'avance.
La conclusion porte sur l'écart entre la performance et le référentiel choisi. Elle ne prétend donc pas mesurer toute la valeur d'un travail : elle répond seulement aux critères effectivement annoncés et observables.

Un exemple, pas à pas

Un élève traite un exercice de proportionnalité. Le référentiel comporte trois critères annoncés : C1, reconnaître le coefficient ; C2, compléter correctement le tableau ; C3, justifier la réponse. La copie indique le bon coefficient et donne toutes les valeurs attendues, mais ne contient aucune justification.
1. Pour C1, l'enseignant retrouve le coefficient correct dans la copie : le critère est acquis.
2. Pour C2, il contrôle chaque valeur du tableau : le critère est acquis.
3. Pour C3, il cherche un raisonnement écrit : aucune justification n'est présente, donc le critère n'est pas acquis.
4. Le bilan est de deux critères acquis sur trois.
Le contrôle est refaisable : une seconde lecture de la même copie avec les trois mêmes attentes conduit au même relevé, C1 acquis, C2 acquis et C3 non acquis. Les résultats des autres élèves n'interviennent pas.

En pratique

Pour corriger une production, l'enseignant relève séparément les traces correspondant à chaque compétence attendue. Il préfère cette lecture à un classement lorsque la question utile est : « qu'est-ce qui est acquis ? »
Pour rendre le verdict compréhensible, il communique les critères et leurs niveaux d'exigence avant l'évaluation. Si une attente ne peut pas être observée dans la tâche proposée, il modifie la tâche ou retire ce critère du jugement.
Pour relire les résultats d'une classe, il examine le nombre d'élèves qui satisfont chaque critère. Cette synthèse sert à repérer une attente souvent manquée, sans transformer les performances individuelles en rangs.

À ne pas confondre

Évaluation normative. Elle situe un élève par rapport à un groupe, tandis que l'évaluation critériée compare sa performance à des attentes absolues et explicites. Si une même copie change de verdict uniquement parce que les autres copies sont meilleures ou moins bonnes, le jugement est normatif, non critérié.

Limites et pièges

Critère trop vague. Une attente comme « travail satisfaisant » ne désigne aucune trace précise. Deux correcteurs peuvent alors interpréter différemment la même copie. Il faut décrire ce qui sera observé et le niveau requis.
Tâche inadaptée. Un critère ne peut pas être jugé si la consigne ne donne pas à l'élève l'occasion de le manifester. Dans l'exemple, une réponse numérique seule ne suffit pas à évaluer la justification si aucun raisonnement n'est demandé.
Barème confondu avec référentiel. Attribuer des points ne rend pas automatiquement l'évaluation critériée. Les points doivent correspondre à des attentes explicites ; sinon, le total masque ce que l'élève sait réellement faire.
Seuil déplacé après correction. Relever l'exigence parce que beaucoup d'élèves réussissent réintroduit une comparaison au groupe. Le seuil doit rester celui qui a été fixé avant l'examen des performances.

Pour aller plus loin

La notion générale d'évaluation permet de replacer l'approche critériée parmi les différentes façons d'apprécier des acquis et d'en formuler le résultat.
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