labanotation
La labanotation est un système standardisé de notation graphique qui représente le mouvement corporel sur une portée verticale en identifiant les parties du corps et en indiquant, pour chacune, quatre paramètres : la direction, la durée, le niveau et la dynamique. Elle sert à consigner, analyser et transmettre les œuvres dansées, sans se confondre avec leur exécution.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier les informations que la labanotation encode sur une portée verticale.
- Suivre pas à pas l'encodage d'une courte phrase de mouvement.
- Distinguer la labanotation de la chorégraphie et de la notation musicale.
- Relier ses usages chorégraphiques à l'analyse et à la modélisation du mouvement.
En clair
Imaginez un mouvement de bras qu'il faut transmettre sans le montrer. Il faut d'abord indiquer quelle partie du corps bouge, puis préciser quatre paramètres : dans quelle direction, à quelle hauteur, pendant combien de temps et avec quelle dynamique.
La labanotation organise ces informations par des signes sur une portée verticale. Comme une partition conserve l'organisation des sons, cette écriture conserve l'organisation du mouvement dansé. Elle rend ainsi une chorégraphie lisible, transmissible et analysable.
Définition
La labanotation est un système standardisé de notation graphique du mouvement corporel. Elle encode sur une portée verticale les mouvements des différentes parties du corps. Une fois la partie du corps identifiée, chaque mouvement y est décrit par quatre informations complémentaires : sa direction, sa durée, son niveau et sa dynamique. La portée rassemble ces données dans une organisation commune, afin que le mouvement puisse être consigné puis transmis.
Dans les pays francophones, le même système est aussi appelé cinétographie Laban. Il a été élaboré par Rudolf von Laban (1879-1958), danseur, chorégraphe et théoricien du mouvement d'origine austro-hongroise. Son rôle en chorégraphie est comparable à celui de la notation musicale : l'écriture ne remplace pas l'exécution, mais fournit un support stable pour conserver et transmettre une œuvre.
La labanotation sert aussi à l'analyse du mouvement en kinésiologie et en sciences du sport. Une approche mathématique peut considérer le mouvement comme un objet formel évoluant dans le temps et dans un espace géométrique. Cette modélisation prolonge la notation ; elle ne change pas le fait que le système décrit d'abord des mouvements corporels.
Un exemple, pas à pas
Prenons une courte phrase de mouvement créée pour l'exemple. Les données sont les suivantes : le bras droit est la partie observée ; il se déplace vers la droite au niveau moyen pendant deux temps, avec une dynamique régulière ; il revient ensuite pendant un temps, avec une dynamique marquée.
1. On sépare la phrase en deux mouvements : l'éloignement, puis le retour.
2. Pour le premier mouvement, on associe le bras droit, la direction vers la droite, le niveau moyen, la durée de deux temps et la dynamique régulière.
3. Pour le second, on conserve le bras droit, puis on associe le retour, le niveau moyen, la durée d'un temps et la dynamique marquée.
4. On construit pour chaque événement une fiche à cinq entrées — partie du corps, direction, niveau, durée et dynamique — puis on ordonne les deux fiches chronologiquement pour préparer leur transcription sur une portée verticale. Cette structure pédagogique permet de vérifier les informations à transcrire ; elle ne remplace ni les signes ni les conventions normalisés de la labanotation.
2. Pour le premier mouvement, on associe le bras droit, la direction vers la droite, le niveau moyen, la durée de deux temps et la dynamique régulière.
3. Pour le second, on conserve le bras droit, puis on associe le retour, le niveau moyen, la durée d'un temps et la dynamique marquée.
4. On construit pour chaque événement une fiche à cinq entrées — partie du corps, direction, niveau, durée et dynamique — puis on ordonne les deux fiches chronologiquement pour préparer leur transcription sur une portée verticale. Cette structure pédagogique permet de vérifier les informations à transcrire ; elle ne remplace ni les signes ni les conventions normalisés de la labanotation.
La phrase entière dure donc exactement trois temps : deux temps pour l'éloignement, puis un temps pour le retour. Le contrôle consiste à relire chaque événement et à vérifier que les durées successives donnent bien 2 + 1 = 3 temps, sans perdre la partie du corps, le niveau ni la dynamique.
En pratique
En chorégraphie, la labanotation est choisie lorsqu'une œuvre doit être consignée et transmise avec une description structurée des mouvements. Une description verbale peut suffire pour une indication brève ; la notation devient pertinente lorsque les parties du corps doivent rester coordonnées avec les quatre paramètres de leur mouvement : direction, durée, niveau et dynamique.
Pour analyser un mouvement, on repère séparément ce qui bouge et les quatre informations encodées. Cette lecture convient aux travaux de kinésiologie et de sciences du sport lorsqu'il faut décrire l'organisation du geste plutôt que sa seule apparence.
Pour une étude mathématique, on formalise l'évolution du corps dans le temps et dans un espace géométrique. Cette voie est utile lorsque la question porte sur la structure du mouvement ; la partition chorégraphique reste le support adapté lorsqu'il faut avant tout transmettre l'œuvre dansée.
À ne pas confondre
Labanotation et cinétographie Laban. Ces deux expressions ne désignent pas deux méthodes concurrentes. Dans les pays francophones, « cinétographie Laban » est l'autre nom du même système. Une source qui emploie l'un ou l'autre terme peut donc parler de la même notation.
Labanotation et chorégraphie. La chorégraphie est l'œuvre ou l'organisation des mouvements ; la labanotation est le système graphique qui les consigne. Le cas tranche facilement : exécuter une suite de mouvements relève de la danse, tandis qu'en encoder direction, durée, niveau et dynamique relève de la notation.
Labanotation et notation musicale. Leur rôle de transmission est comparable, mais leur objet diffère. La première décrit le mouvement corporel ; la seconde note la musique. L'analogie explique la fonction de la labanotation, pas une identité entre leurs signes.
Limites et pièges
Une information isolée ne décrit pas tout le mouvement. Une direction sans durée, sans niveau, sans dynamique ou sans partie du corps laisse la lecture incomplète. Il faut retrouver l'ensemble des informations coordonnées sur la portée.
La partition n'est pas l'exécution. La notation fournit un support stable pour consigner et transmettre une œuvre, tandis que le mouvement reste à exécuter. Il faut donc distinguer les informations encodées de leur réalisation corporelle.
Le modèle mathématique n'est pas le système entier. Représenter formellement un mouvement dans un espace géométrique constitue une approche possible de la labanotation. Il ne faut pas réduire tous ses usages chorégraphiques, kinésiologiques ou sportifs à cette seule modélisation.
Le sens vertical ne suffit pas à reconnaître la méthode. Une suite de marques disposées verticalement n'est pas automatiquement une partition en labanotation. Il faut aussi que les signes encodent de manière coordonnée les mouvements des parties du corps.
Pour aller plus loin
La modélisation formelle ouvre un prolongement mathématique naturel : une succession de mouvements peut être étudiée comme une évolution dans le temps au sein d'un espace géométrique. Cette perspective invite à préciser quelles propriétés du corps et du geste deviennent des variables du modèle.
La comparaison des usages en chorégraphie, en kinésiologie et en sciences du sport permet aussi d'observer comment un même système de notation sert tantôt à transmettre une œuvre, tantôt à analyser un mouvement. Elle conduit à distinguer ce que chaque domaine cherche à conserver ou à étudier.
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