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GéométrieNotion · Glossaire

modèle climatique

Un modèle climatique est une simulation numérique du système climatique fondée sur des équations physiques. La surface terrestre et l'atmosphère y sont représentées par une grille de cellules où le calcul fait évoluer, à chaque pas de temps, des grandeurs comme la température, le vent et l'humidité en tenant compte de leurs échanges. Il sert à étudier l'évolution du climat selon des hypothèses et des échelles de temps données.
Grille de cellules et bilan local Une cellule centrale jaune reçoit des échanges de ses voisines dans une grille de trois colonnes et trois lignes. cellule centrale voisines échanges ΔT = 2 − 1 − 0,5 + 0,2 = 0,7 °C
La cellule centrale reçoit le rayonnement et échange chaleur et eau avec les cellules voisines.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Définir le modèle climatique et sa grille tridimensionnelle.
  • Relier les grandeurs calculées et les interactions entre cellules.
  • Refaire un bilan local simplifié et identifier les limites de la simulation.

En clair

Imaginez la Terre découpée en petites cases empilées, comme un immense jeu de construction. Chaque case contient une représentation calculée du climat local et échange de la chaleur ou de l'eau avec ses voisines. L'ensemble forme une simulation numérique : le modèle ne photographie pas le climat, il fait évoluer une représentation calculée du système climatique.
Cette organisation permet de relier des phénomènes à plusieurs échelles. Un rayonnement peut réchauffer ou refroidir une case selon le flux radiatif net, la convection déplace de la chaleur, puis les calculs recommencent avec les nouvelles valeurs. En répétant ces étapes, on étudie des évolutions sur des durées différentes.

Définition

La fiche porte sur une classe de modèles climatiques numériques : chacun est une simulation du système climatique. Il représente les lois physiques qui décrivent la dynamique des fluides, les échanges de chaleur, la chimie de l'atmosphère et certains processus hydrologiques à l'aide d'équations physiques discrétisées. Selon les modèles, ces équations peuvent être différentielles ou diagnostiques. Les paramétrisations de processus trop fins pour être représentés directement sont précisées dans la section consacrée aux limites.
Le domaine représenté est découpé en une grille tridimensionnelle de cellules. Une maille horizontale correspond à une petite région de la surface terrestre et définit une colonne qui est généralement découpée en plusieurs couches ou niveaux verticaux dans l'atmosphère. Le modèle associe à chaque cellule des valeurs comme la température, le vent ou l'humidité relative, puis applique les équations en tenant compte des échanges avec les cellules voisines.
Une itération avance le calcul d'un pas de temps. Les valeurs obtenues deviennent les données de l'itération suivante. La précision spatiale dépend de la taille des cellules et la précision temporelle du pas choisi ; une grille n'est donc pas la Terre elle-même, mais une représentation discrétisée. Selon l'objectif, le modèle peut simuler des évolutions sur des échelles de temps variées.
Un modèle atmosphérique met notamment à jour les champs de vent, les transferts de chaleur par rayonnement et convection, ainsi que des variables d'humidité comme l'humidité spécifique ou le rapport de mélange ; selon le modèle, l'humidité relative peut être diagnostiquée à partir de ces variables et de la température. Il représente aussi les processus hydrologiques de surface. Ces composantes sont couplées : une variation de température peut modifier l'humidité, tandis que les mouvements de l'air transportent chaleur et vapeur d'eau.

Un exemple, pas à pas

Considérons une cellule d'un modèle pédagogique très simplifié. Pendant un pas de temps, sa température initiale est de 15 °C. Le calcul lui attribue un gain radiatif de 2 °C, une perte convective de 1 °C, un échange horizontal de −0,5 °C avec ses voisines et un effet hydrologique de 0,2 °C. Ces valeurs illustrent un bilan local ; elles ne constituent pas une prévision météorologique.
On note ΔT la variation de température de cette cellule pendant le pas de temps. Le bilan s'écrit :
ΔT=210.5+0.2=0.7\Delta T=2-1-0.5+0.2=0.7
La température après cette étape vaut donc 15 °C + 0,7 °C = 15,7 °C. Le signe de chaque contribution indique ici un réchauffement ou un refroidissement relatif à la cellule.
Le contrôle consiste à additionner séparément les gains, 2 °C + 0,2 °C = 2,2 °C, puis les pertes, 1 °C + 0,5 °C = 1,5 °C. La différence est bien 0,7 °C, ce qui permet de retrouver le résultat sans reprendre le calcul dans le même ordre.
Dans un modèle complet, ce bilan est intégré aux équations qui calculent les autres grandeurs et aux échanges avec toutes les cellules pertinentes.

En pratique

Pour étudier l'évolution moyenne du climat, on fait tourner le modèle sur une durée choisie et on observe les champs calculés au fil des pas de temps. La durée et l'échelle spatiale sont retenues selon la question étudiée.
Pour suivre les échanges dans l'atmosphère, on examine ensemble le vent, la température et l'humidité relative. Cette lecture conjointe est préférable à l'observation d'une seule grandeur, car les cellules interagissent.
Pour représenter les transferts de chaleur, on distingue les contributions du rayonnement, de la convection et des échanges entre cellules. Un bilan local comme celui de l'exemple permet alors de vérifier le sens et l'ordre de grandeur d'une mise à jour.

À ne pas confondre

Un modèle climatique ne se confond pas avec une observation du climat. Une observation enregistre une grandeur dans le monde réel, tandis que le modèle calcule l'évolution d'une représentation discrétisée. Pour une valeur donnée, la distinction utile ici porte sur son mode de production : valeur directement observée d'un côté, valeur calculée par le modèle de l'autre.
Un modèle climatique ne se confond pas non plus avec un simple modèle de température. Le premier couple plusieurs composantes, notamment l'atmosphère, les transferts de chaleur et les processus hydrologiques de surface. Si un calcul ne fait varier qu'une température isolée sans interactions ni équations du système, il s'agit d'un modèle simplifié, pas de la représentation complète décrite ici.

Limites et pièges

La grille est une approximation spatiale. La taille de la maille détermine directement la résolution spatiale, mais l'exactitude du résultat dépend aussi du schéma numérique, des paramétrisations et des données utilisées. Une cellule ne décrit pas chaque détail de la région qu'elle représente : selon la variable et la discrétisation, elle fournit des valeurs représentatives de la cellule ou de la maille. Si la taille des structures étudiées devient inférieure à la maille, il faut une représentation plus fine ou une paramétrisation adaptée, plutôt que d'interpréter la cellule comme une mesure ponctuelle.
Le pas de temps est une seconde approximation. Un phénomène qui évolue plus vite que ce pas peut être mal représenté ou devenir numériquement instable. Le symptôme observable est une évolution qui dépend fortement du pas choisi ; on compare alors plusieurs pas et on vérifie la stabilité du schéma de calcul.
Une cellule possède aussi des voisines différentes selon sa position. Une cellule intérieure échange avec les cellules qui l'entourent, tandis qu'une cellule située sur une limite doit recevoir une condition de bord. Appliquer la même règle partout sans préciser cette limite peut créer un flux artificiel ; la condition physique du bord doit être indiquée.
Enfin, une simulation n'est pas une certitude sur une trajectoire future. Elle dépend des données initiales, des hypothèses et de la résolution retenue. Pour interpréter un résultat, il faut donc distinguer ce qui vient du calcul, ce qui vient du scénario et ce qui vient de l'incertitude de la représentation.

Pour aller plus loin

Le prolongement naturel consiste à étudier le couplage entre composantes. La température, le vent, l'humidité relative et les processus hydrologiques ne sont pas calculés comme des histoires indépendantes : leurs échanges constituent précisément une partie du système représenté. Cette lecture aide à relier une équation locale aux évolutions globales que le modèle cherche à simuler.
Une autre ouverture est la comparaison des échelles. Modifier la taille des cellules ou le pas de temps change le niveau de détail accessible et le coût du calcul. Comparer ces choix permet de comprendre pourquoi une simulation doit annoncer sa résolution avant que ses résultats soient interprétés.
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