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fluctuation boursière

Une fluctuation boursière est le changement du cours coté d'un titre entre deux instants, issu de la rencontre d'ordres d'achat et de vente comportant des prix et des quantités. Son étude permet de mesurer les mouvements observés et, avec des modèles probabilistes fondés sur des hypothèses explicites, d'évaluer des évolutions possibles sans prédire avec certitude le prochain cours.
Trajectoire de quatre cours boursiers Le cours passe successivement de 100 euros à 104 euros, puis 101 euros et 103 euros. 104 € 103 € 102 € 101 € 100 € bilan +3 € 100 € 104 € 101 € 103 € C0 C1 C2 C3 +4 € −3 € +2 € Clôtures successives
La trajectoire gagne 4 €, perd 3 €, puis gagne 2 € ; son bilan entre la première et la dernière clôture est de +3 €.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Calculer une variation en euros et un rendement simple en pourcentage.
  • Suivre quatre cours cohérents et contrôler un rendement composé.
  • Distinguer fluctuation, rendement et volatilité.
  • Interpréter un modèle probabiliste comme un ensemble de scénarios plutôt qu'une certitude.

En clair

Une action vaut 100 € à la clôture, puis 104 €, 101 € et 103 € aux trois clôtures suivantes. La suite monte, baisse, puis remonte : chacun de ces déplacements est une fluctuation boursière.
Le cours évolue parce que les ordres d'achat et de vente ne se rencontrent pas toujours aux mêmes prix. Une nouvelle transaction peut alors fixer un cours plus haut ou plus bas. La taille des mouvements et leur fréquence donnent une première idée de l'agitation du titre.

Définition

La fluctuation boursière est le changement du cours coté d'un titre entre deux instants. Le cours initial est noté C0 et le cours final C1. La variation absolue vaut C1 − C0 et s'exprime dans la monnaie du cours. Le taux de variation, ou rendement simple sur la période en l'absence d'autre flux, rapporte ce changement au cours initial : r=C1C0C0r=\frac{C_1-C_0}{C_0}.
Un cours observé résulte de la rencontre d'ordres comportant des prix et des quantités. Dire que la demande dépasse l'offre résume donc un déséquilibre aux prix proposés ; cela ne signifie pas qu'une transaction pourrait avoir lieu sans acheteur ni vendeur. Selon la période et l'échelle d'observation, les variations paraissent petites et régulières ou fortes et rapprochées.
Une succession de cours peut être décrite par un processus stochastique, c'est-à-dire une famille de variables aléatoires indexées par le temps. Un tel modèle attribue des probabilités à des évolutions possibles. Il sert à étudier des scénarios et leur dispersion ; il ne transforme pas le prochain cours en valeur certaine.

Un exemple, pas à pas

On observe quatre cours de clôture successifs d'un même titre : 100 €, 104 €, 101 € et 103 €. Les trois périodes ont la même durée. Les calculs portent uniquement sur ces cours, sans frais ni autre flux.
1. De 100 € à 104 €, la variation absolue est 104 − 100 = +4 €. Le rendement simple est 4 / 100 = 4 %.
2. De 104 € à 101 €, la variation est 101 − 104 = −3 €. Rapportée au cours de départ de cette période, elle vaut −3 / 104 ≈ −2,88 %.
3. De 101 € à 103 €, la variation est 103 − 101 = +2 €. Le rendement vaut 2 / 101 ≈ 1,98 %.
4. Entre la première et la dernière clôture, le cours gagne exactement 3 €, soit 3 %. Le contrôle consiste à composer les trois facteurs de rendement : 1,04×101104×103101=1,031{,}04\times\frac{101}{104}\times\frac{103}{101}=1{,}03. Le graphique matérialise les trois mouvements et leurs quatre valeurs.

En pratique

Pour lire une courbe de cours, on repère d'abord l'intervalle de temps et l'unité de l'axe vertical. On compare ensuite deux valeurs datées. Si les titres n'ont pas le même niveau de prix, le taux de variation est plus pertinent que l'écart en euros.
Pour décrire l'agitation d'une suite de rendements, on mesure leur dispersion avec un indicateur de volatilité. Un simple rendement total convient plutôt à la comparaison du début et de la fin ; il masque les hausses et les baisses intermédiaires.
Pour étudier plusieurs futurs possibles, un modèle probabiliste remplace une trajectoire unique par une distribution de scénarios. Le geste utile consiste alors à lire une probabilité ou un intervalle, et non à prendre une trajectoire simulée pour une prévision certaine.

À ne pas confondre

Fluctuation et rendement. La fluctuation décrit un mouvement de cours ; le rendement le rapporte au cours initial de la période. Dans l'exemple, la baisse est de 3 €, mais son rendement est d'environ −2,88 %.
Fluctuation et volatilité. Une fluctuation est un changement particulier entre deux instants. La volatilité résume la dispersion d'une série de rendements. Un titre peut finir à +3 % tout en ayant connu des chemins intermédiaires de volatilités différentes.
Fluctuation boursière et fluctuation d'échantillonnage. La première concerne le cours d'un titre au fil du temps. La seconde concerne la variation d'une statistique d'un échantillon à l'autre. Le mot commun ne désigne donc ni le même objet ni le même protocole d'observation.

Limites et pièges

Compter les personnes ne suffit pas. Chaque transaction associe un acheteur et un vendeur. Le symptôme trompeur est d'expliquer une hausse par leur seul nombre ; il faut examiner les quantités et les prix des ordres qui peuvent effectivement se rencontrer.
Une hausse et une baisse de même pourcentage ne s'annulent pas. Après +10 % puis −10 %, un cours de 100 € devient 110 €, puis 99 €. Il faut composer les facteurs 1,10 et 0,90, et non additionner mécaniquement les pourcentages.
L'échelle change l'apparence. Les mêmes cours peuvent sembler calmes sur plusieurs années et heurtés sur quelques heures. Avant de conclure sur l'amplitude ou la régularité, il faut vérifier la fréquence des observations, la période couverte et l'échelle verticale.
Un modèle probabiliste n'est pas une certitude. Une trajectoire simulée est un scénario parmi d'autres. Pour interpréter le modèle, il faut considérer la distribution des résultats et les hypothèses retenues, puis confronter ces hypothèses aux observations.

Pour aller plus loin

Volatilité — Relier les variations successives à une mesure de leur dispersion.
rendement — Passer d'un écart de cours à une variation relative comparable.
mouvement brownien — Étudier un processus aléatoire continu employé comme brique de modèles.
variable aléatoire — Préciser l'objet probabiliste associé au cours à un instant donné.
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