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AlgèbreNotion · Glossaire

constante cosmologique

La constante cosmologique, notée Λ et lue « lambda », est un terme des équations de la relativité générale. Lorsqu’elle est positive, sa contribution peut favoriser l’accélération de l’expansion de l’Univers, selon le bilan avec les autres composantes cosmologiques. Elle constitue une explication possible de l’énergie sombre, sans en établir la nature physique.
Parcours logique de la constante cosmologique Quatre cartouches relient l'expansion observée, son accélération, le terme lambda et une interprétation possible par l'énergie sombre. Expansionobservée Accélérationobservée Terme Λ Énergie sombrepossible
Le raisonnement va de l’accélération observée au terme Λ, puis à une interprétation possible par l’énergie sombre.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le rôle de Λ dans les équations d’Einstein.
  • Distinguer expansion et accélération de l’expansion.
  • Comprendre pourquoi Λ est une interprétation possible, et non certaine, de l’énergie sombre.

En clair

Imaginez des galaxies qui s’éloignent les unes des autres. Leur éloignement ne signifie pas seulement que l’Univers s’étend : les observations de la fin du XXe siècle indiquent que cette expansion accélère.
La constante cosmologique, notée Λ et lue « lambda », introduit dans les équations d’Einstein une contribution uniforme liée au vide de l’espace-temps. Lorsqu’elle est positive, cette contribution peut favoriser l’accélération de l’expansion, selon le rôle des autres composantes de l’Univers. Elle constitue ainsi une explication possible, mais non une identification définitive, de l’énergie sombre.

Définition

La constante cosmologique est un terme des équations du champ de la relativité générale. Elle est notée par la lettre grecque majuscule Λ, appelée lambda. Λ a la dimension de l’inverse d’une longueur au carré et s’exprime par exemple en m−2. Dans son interprétation physique moderne, elle correspond à une densité d’énergie uniforme du vide, exprimée en J·m−3 et reliée en unités SI par εΛ = Λc4/(8πG). Lorsqu’elle est positive, sa contribution peut favoriser une accélération de l’expansion à l’échelle cosmologique, selon le bilan avec les autres composantes de l’Univers.
Einstein a d’abord introduit Λ afin que ses équations puissent décrire un univers stationnaire. Il l’a ensuite abandonnée après les observations de Hubble montrant l’expansion de l’Univers. Lorsque l’accélération de cette expansion a été observée à la fin du XXe siècle, la constante a retrouvé un rôle central.
Une constante cosmologique peut être interprétée comme une manifestation possible de l’énergie sombre capable de rendre compte de cette accélération. Le mot « possible » est essentiel : la valeur exacte de Λ et la nature physique profonde de ce qu’elle représente restent des problèmes ouverts de la physique théorique.

Un exemple, pas à pas

On veut suivre le raisonnement qui a rendu la constante cosmologique pertinente en cosmologie moderne. Les données sont les suivantes : les observations de Hubble établissent l’expansion de l’Univers ; les observations de la fin du XXe siècle montrent que cette expansion accélère ; lorsqu’il est positif, le terme Λ apporte une contribution qui peut favoriser cette accélération à l’échelle cosmologique, selon le bilan avec les autres composantes de l’Univers.
Étape 1. On distingue d’abord l’expansion de son accélération : la seconde observation ajoute un phénomène à expliquer.
Étape 2. On recherche dans le modèle un terme dont l’effet va dans le sens d’une accélération de l’expansion. Un Λ positif fournit une contribution en ce sens, si elle l’emporte dans le bilan avec les autres composantes cosmologiques.
Étape 3. On interprète alors cette contribution uniforme du vide comme une manifestation possible de l’énergie sombre. Le résultat est une explication cohérente de l’accélération observée, et non une preuve de la nature de l’énergie sombre. Le contrôle consiste à vérifier les trois liens du raisonnement : observation d’une accélération, contribution accélératrice possible d’un Λ positif dans le bilan cosmologique, puis interprétation seulement possible.

En pratique

Dans l’histoire des modèles cosmologiques, Λ sert d’abord à ajuster les équations d’Einstein à l’hypothèse d’un univers stationnaire. Dès que l’expansion est observée, ce choix perd sa motivation initiale.
En cosmologie moderne, Λ fournit une piste lorsque le phénomène à expliquer est l’accélération de l’expansion. Si l’on cherche seulement à décrire l’expansion elle-même, les observations de Hubble suffisent à poser le constat sans invoquer cette accélération.
Dans une interprétation physique, on peut relier Λ, exprimée par exemple en m−2, à une densité d’énergie uniforme du vide exprimée en J·m−3 : en unités SI, εΛ = Λc4/(8πG). Il faut toutefois préférer l’expression « manifestation possible de l’énergie sombre » à une identification certaine, car sa nature profonde demeure inconnue.

À ne pas confondre

Constante cosmologique et énergie sombre. La première est un terme précis des équations de la relativité générale ; la seconde est le nom donné à ce qui expliquerait l’accélération observée. Le cas tranche nettement : Λ peut être une manifestation de l’énergie sombre, mais cette interprétation possible n’en établit pas la nature.
Expansion et accélération de l’expansion. L’expansion signifie que l’Univers s’étend ; son accélération signifie que ce processus s’accélère. Les observations de Hubble motivent le premier constat, tandis que celles de la fin du XXe siècle imposent le second phénomène à expliquer.

Limites et pièges

Une motivation historique n’est pas une validation physique. Einstein a introduit Λ pour rendre possible un univers stationnaire, puis l’a abandonnée après les observations de l’expansion. Il faut donc séparer ce premier usage de sa réinterprétation moderne.
Le signe et l’échelle comptent. À l’échelle cosmologique, un Λ positif apporte une contribution qui peut favoriser l’accélération de l’expansion, selon le bilan avec les autres composantes ; un Λ négatif n’a pas cet effet. Le reconnaître dans un modèle de l’Univers ne justifie pas de transformer Λ en force répulsive ordinaire pour une situation locale.
Une interprétation n’est pas une réponse finale. Λ peut expliquer l’accélération observée à la fin du XXe siècle, mais sa valeur exacte et sa nature physique profonde demeurent ouvertes. Il faut conserver cette incertitude au lieu de présenter l’énergie sombre comme identifiée.

Pour aller plus loin

La constante cosmologique prend place dans la relativité générale, une théorie dont d’autres situations extrêmes mettent les équations à l’épreuve. L’article « Les singularités en relativité générale » prolonge cette exploration en montrant où la description mathématique rencontre ses limites.
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