Probabilités et statistiquesNotion · Glossaire
cosmologie
La cosmologie étudie l’Univers dans sa globalité : son origine, sa structure, son évolution et les lois qui peuvent rendre compte de ces aspects. Elle construit des modèles en reliant les mathématiques, la physique théorique et les observations astronomiques.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Définir la cosmologie comme étude de l'Univers dans sa globalité.
- Distinguer la cosmologie de la cosmogonie et de l'astronomie observationnelle.
- Relier mathématiques, physique théorique et astronomie observationnelle.
- Distinguer les cadres établis des questions encore ouvertes.
En clair
Levez les yeux : l'Univers présente une structure, une histoire et un devenir, même si nous ne pouvons pas l'observer d'un seul regard. La cosmologie cherche à relier ces trois dimensions dans un même modèle. Elle part de ce que l'astronomie observationnelle mesure, puis utilise les mathématiques et la physique théorique pour tester une description cohérente. La relativité générale fournit le cadre de la gravitation, tandis que les effets quantiques pertinents appellent une description quantique adaptée ; pour les phénomènes relativistes de très haute énergie, le cadre est généralement celui de la théorie quantique des champs.
Définition
La cosmologie est la branche scientifique qui étudie l'Univers considéré comme un tout. Son objet comprend son origine, sa structure, son évolution et les lois fondamentales qui peuvent rendre compte de ces aspects. Elle ne se réduit donc ni à l'observation d'un astre particulier ni à la seule description d'un événement.
La construction d'un modèle cosmologique associe trois ressources. Les mathématiques permettent de formuler le modèle, la physique théorique d'en déduire les conséquences et l'astronomie observationnelle de confronter ces conséquences aux observations. La cohérence recherchée est celle d'un modèle capable de rendre compte de la naissance et du devenir de l'Univers.
Dans la cosmologie moderne, la relativité générale d'Einstein décrit la gravitation comme une courbure de l'espace-temps. Lorsque les effets quantiques sont pertinents, une description quantique adaptée devient nécessaire ; dans un contexte relativiste de très haute énergie, le cadre est généralement celui de la théorie quantique des champs. Cette articulation laisse ouvertes plusieurs questions contemporaines, notamment la nature de la matière noire, celle de l'énergie sombre et les conditions initiales du Big Bang.
Un exemple, pas à pas
Considérons un cas précis : l'Univers est-il en expansion ? L'hypothèse est que les distances entre les grandes structures cosmiques augmentent au cours du temps. Dans le modèle cosmologique considéré, pour des galaxies comobiles, c'est-à-dire emportées par l'expansion générale, dont les vitesses particulières, mouvements locaux propres à chaque galaxie, ne dominent pas, elle conduit à attendre un décalage vers le rouge lié à leur distance ; des effets locaux peuvent toutefois produire un décalage vers le bleu. Dans un relevé de galaxies, on comparerait qualitativement la tendance du décalage vers le rouge entre galaxies plus proches et plus lointaines, en gardant à l'esprit ces exceptions. L'astronomie observationnelle peut alors confronter cette conséquence aux relevés de galaxies.
La première étape consiste à formuler l'hypothèse avec les mathématiques, afin qu'elle puisse appartenir à un modèle.
La deuxième étape consiste à en déduire la conséquence attendue : un décalage vers le rouge lié à la distance des galaxies.
La troisième étape consiste à comparer cette conséquence avec ce que les relevés astronomiques mesurent.
La quatrième étape consiste à conserver ou à reprendre le modèle selon que cette confrontation fournit ou non une description cohérente.
La deuxième étape consiste à en déduire la conséquence attendue : un décalage vers le rouge lié à la distance des galaxies.
La troisième étape consiste à comparer cette conséquence avec ce que les relevés astronomiques mesurent.
La quatrième étape consiste à conserver ou à reprendre le modèle selon que cette confrontation fournit ou non une description cohérente.
Le résultat attendu n'est pas une mesure isolée : c'est un modèle cohérent reliant l'hypothèse, la conséquence attendue et les observations. À un niveau qualitatif, le contrôle consiste donc à comparer la tendance du décalage observé entre galaxies plus proches et plus lointaines, puis à vérifier que le modèle peut rendre compte de l'ensemble du cas.
En pratique
Pour étudier l'origine ou le devenir de l'Univers, le cosmologue commence par une question qui porte sur l'ensemble plutôt que sur un objet isolé. Il cherche ensuite quelles observations peuvent mettre le modèle à l'épreuve.
Lorsque la question concerne la gravitation à l'échelle de l'Univers, la relativité générale constitue le cadre indiqué dans la source. Lorsque les effets quantiques sont pertinents, il faut une description quantique adaptée ; dans un contexte relativiste de très haute énergie, il s'agit généralement de la théorie quantique des champs. Le critère de choix dépend donc du régime physique et du phénomène à décrire.
L'astronomie observationnelle intervient pour confronter le modèle à des observations. Cette confrontation aide à examiner les grandes inconnues actuelles, comme la matière noire, l'énergie sombre et les conditions initiales du Big Bang.
À ne pas confondre
La cosmologie et la cosmogonie ne désignent pas exactement la même chose. La cosmogonie se concentre sur l'origine et la formation de l'Univers, tandis que la cosmologie étudie aussi sa structure, son évolution et les lois qui peuvent rendre compte de l'ensemble. La cosmologie ne se confond pas non plus avec l'astronomie observationnelle : celle-ci fournit des observations, que la cosmologie inscrit dans un modèle de l'Univers considéré dans sa globalité.
Limites et pièges
Un premier piège consiste à présenter le Big Bang comme une réponse complète à toutes les questions cosmologiques. Le symptôme est une fiche qui remplace l'étude de l'origine, de la structure et du devenir de l'Univers par un seul événement. Il faut conserver ces trois dimensions et traiter séparément les conditions initiales du Big Bang.
Un second piège consiste à attribuer à la relativité générale seule l'explication de tous les phénomènes. Elle décrit la gravitation comme une courbure de l'espace-temps, mais les phénomènes où les effets quantiques sont pertinents doivent être décrits dans un cadre quantique adapté, souvent la théorie quantique des champs dans un contexte relativiste de très haute énergie. Il faut donc préciser le régime étudié avant de choisir le cadre théorique.
Enfin, matière noire et énergie sombre ne sont pas des réponses déjà établies dans la fiche : leur nature fait partie des grandes questions contemporaines. Le symptôme d'une lecture excessive est de les présenter comme des objets dont la composition serait connue. Il faut les conserver comme des problèmes ouverts.
Pour aller plus loin
Pour aller plus loin, on peut approfondir la relation entre modèle et observation. Un modèle cosmologique ne vaut pas seulement par l'ampleur de la question qu'il pose : il doit aussi relier ses hypothèses à des conséquences que l'astronomie observationnelle peut confronter aux faits. Cette exigence aide à séparer une description scientifique cohérente d'une simple explication de l'origine de l'Univers.
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