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ArithmétiqueNotion · Glossaire

Lavinde Gabriel de

Gabriel de Lavinde, secrétaire du pape Clément VII, rédige en 1379 le Liber zifforum, généralement considéré comme le premier manuel européen de cryptographie. Ce recueil décrit des systèmes de chiffrement par substitution et témoigne d’un développement précoce de la cryptologie.
substitution ABCD DEFG
La même correspondance remplace chaque signe du message initial par un autre signe.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier Gabriel de Lavinde et son lien avec Clément VII.
  • Comprendre le principe d’un chiffrement par substitution.
  • Situer avec prudence le Liber zifforum en 1379.

En clair

En 1379, Gabriel de Lavinde rédige le Liber zifforum dans le contexte de la cour pontificale d’Avignon. Le recueil décrit des messages dont les signes ne gardent pas leur apparence ordinaire.
Dans un chiffrement par substitution, chaque lettre ou signe est remplacé par un autre selon une règle. Si cette règle est réversible, de sorte qu’à chaque signe chiffré corresponde un seul signe de départ, le destinataire qui la connaît peut retrouver le message. Cette idée donne un visage concret à la cryptographie et explique pourquoi le recueil intéresse les échanges diplomatiques et ecclésiastiques.

Définition

Gabriel de Lavinde est présenté comme le secrétaire du pape Clément VII, pape d’Avignon entre 1378 et 1394. Son Liber zifforum, écrit en 1379, est généralement considéré comme le premier manuel européen de cryptographie.
Un chiffrement par substitution remplace les signes d’un message par d’autres signes au moyen d’une correspondance. Le texte chiffré conserve donc une structure de message, mais son alphabet apparent change. Le recueil décrit des systèmes de ce type, sans que la définition fournie ici permette d’attribuer à Gabriel de Lavinde une seule règle universelle.
La portée historique de cette œuvre tient à son caractère manuel : elle rassemble et décrit des procédés de chiffrement. Elle témoigne ainsi d’un développement précoce de la cryptologie dans des milieux diplomatiques et ecclésiastiques.

Un exemple, pas à pas

Pour rendre le principe visible, considérons un alphabet d’exemple où la règle remplace A par D, B par E, C par F et D par G. Cette petite correspondance est illustrative ; elle ne prétend pas reproduire une règle précise du Liber zifforum.
Données : message initial, « ABCD » ; correspondances utilisées, A → D, B → E, C → F et D → G.
1. Le premier signe A est remplacé par D.
2. Le deuxième signe B est remplacé par E.
3. Le troisième signe C est remplacé par F.
4. Le quatrième signe D est remplacé par G.
Le message obtenu est donc « DEFG ».
Le contrôle se fait en appliquant la correspondance inverse : D revient à A, E à B, F à C et G à D. On retrouve « ABCD ». L’exemple montre le mécanisme d’une substitution, mais il ne suffit pas à mesurer la solidité d’un système historique.

En pratique

Pour lire une description de cryptographie médiévale, commencez par repérer le message de départ et les signes qui le remplacent. La question décisive est l’existence d’une correspondance, non l’apparence mystérieuse des symboles.
Pour présenter un système de substitution, écrivez quelques correspondances puis testez-les sur un mot court. Une règle explicitée permet de distinguer un procédé de chiffrement d’un simple changement décoratif d’écriture.
Pour situer Gabriel de Lavinde, retenez ensemble trois repères : le secrétaire de Clément VII, l’année 1379 et le titre Liber zifforum. Ces repères identifient l’auteur, le moment et le recueil sans lui attribuer davantage que la source.

À ne pas confondre

Un chiffrement par substitution ne doit pas être confondu avec un simple changement de graphie. Si aucune correspondance réglée ne permet de transformer puis de retrouver les signes, il ne s’agit pas du mécanisme décrit ici.
La cryptographie désigne le domaine général auquel appartient le procédé, tandis que la substitution désigne le mécanisme particulier. Un recueil qui décrit plusieurs systèmes de substitution est donc un manuel de cryptographie, mais « cryptographie » ne nomme pas à elle seule une règle unique.

Limites et pièges

Le mot « premier » doit être lu avec sa précaution : la source dit que le Liber zifforum est généralement considéré comme le premier manuel européen de cryptographie. Cette formulation exprime un jugement historique général, pas une certitude absolue sur toute pratique antérieure.
Un exemple de quatre correspondances, comme A → D ou B → E, montre une opération mais ne permet pas d’évaluer la sécurité d’un chiffre. Pour porter un jugement sur un système, il faudrait connaître l’ensemble de sa règle et son contexte d’emploi.
Enfin, le recueil témoigne d’un développement précoce de la cryptologie dans des milieux diplomatiques et ecclésiastiques. Il ne faut pas en déduire que tous les messages de ces milieux utilisaient la même substitution, puisque la source parle de systèmes au pluriel.

Pour aller plus loin

L’article Roman d'aventures et cryptographie permet d’élargir la réflexion au rôle narratif et culturel de la cryptographie. Il apporte un autre contexte de lecture, sans remplacer l’étude historique du Liber zifforum.
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