Histoire et cultureNotion · Glossaire
Lichnérowicz André
André Lichnerowicz est un mathématicien français dont les travaux relient géométrie différentielle et physique mathématique, notamment autour des connexions et de la relativité générale. Il est aussi connu pour avoir présidé la commission ministérielle qui engagea la réforme des « mathématiques modernes » dans l'enseignement secondaire. Son parcours permet ainsi de distinguer son œuvre scientifique de son influence institutionnelle sur l'enseignement.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Distinguer l'œuvre scientifique de l'action institutionnelle d'André Lichnerowicz.
- Associer les principales dates de sa carrière aux événements correspondants.
- Identifier le contenu et la limite pédagogique de la réforme des mathématiques modernes.
En clair
En 1952, André Lichnerowicz devient titulaire de la chaire de physique mathématique au Collège de France. Ce poste réunit les deux versants de son travail : employer la géométrie pour étudier des problèmes de physique et transmettre des mathématiques en pleine évolution.
Son nom reste aussi attaché à la Commission Lichnerowicz, qu'il préside de 1966 à 1973. La commission engage la réforme des mathématiques modernes dans le secondaire. L'ambition de renouveler les contenus se heurte alors à une difficulté concrète : leur adaptation pédagogique.
Définition
André Lichnerowicz est un mathématicien français né en 1915 et mort en 1998. Agrégé en 1936, il obtient en 1939 un doctorat ès sciences dirigé par Georges Darmois et Élie Cartan. Sa thèse porte sur les équations aux dérivées partielles. Il enseigne ensuite à l'université de Strasbourg à partir de 1941, puis à Paris à partir de 1949. De 1952 à 1986, il occupe la chaire de physique mathématique au Collège de France. Son élection à l'Académie des sciences intervient en 1963.
Ses recherches relient géométrie différentielle et physique mathématique. Elles portent notamment sur les connexions, l'holonomie, la relativité générale, la mécanique des fluides relativistes et l'électromagnétisme. Ses publications comprennent des ouvrages de référence en calcul tensoriel, en relativité et en géométrie des groupes de transformations. La chronologie de ces fonctions et responsabilités permet de séparer sa carrière scientifique de son action sur l'enseignement.
De 1966 à 1973, Lichnerowicz préside une commission ministérielle consacrée à l'enseignement des mathématiques. La Commission Lichnerowicz engage la réforme dite des mathématiques modernes. Celle-ci introduit massivement la théorie des ensembles, l'algèbre abstraite et la topologie dans le secondaire, avant d'être rapidement remise en cause pour son inadaptation pédagogique.
Un exemple, pas à pas
Pour situer André Lichnerowicz sans confondre ses différents rôles, suivons un parcours en quatre repères. Les données sont son doctorat en 1939, sa chaire au Collège de France à partir de 1952, son élection académique en 1963 et la commission qu'il préside de 1966 à 1973.
1. En 1939, le doctorat sur les équations aux dérivées partielles marque sa formation de chercheur.
2. En 1952, la chaire de physique mathématique situe durablement son travail entre géométrie et physique.
3. En 1963, son élection à l'Académie des sciences constitue un repère institutionnel distinct.
4. De 1966 à 1973, la présidence de la commission relève de l'enseignement, non d'un nouveau résultat mathématique.
2. En 1952, la chaire de physique mathématique situe durablement son travail entre géométrie et physique.
3. En 1963, son élection à l'Académie des sciences constitue un repère institutionnel distinct.
4. De 1966 à 1973, la présidence de la commission relève de l'enseignement, non d'un nouveau résultat mathématique.
Le contrôle consiste à rattacher chaque date à un seul fait précis. Cette lecture évite d'attribuer la réforme des mathématiques modernes à ses recherches en relativité ou de réduire sa carrière scientifique à la commission qui porte son nom.
En pratique
Dans une histoire de la géométrie ou de la physique mathématique françaises, on rencontre Lichnerowicz à propos des connexions, de l'holonomie, de la relativité générale ou du calcul tensoriel. Il faut alors consulter ses travaux scientifiques, plutôt que les textes sur la réforme scolaire.
Dans une histoire de l'enseignement, son nom désigne le président de la commission ministérielle active de 1966 à 1973. Le bon repère est le contenu de la réforme : théorie des ensembles, algèbre abstraite et topologie introduites dans le secondaire.
Pour lire une bibliographie, le sujet du document tranche entre ces deux contextes. Un ouvrage de relativité ou de géométrie relève de son œuvre mathématique ; une étude des mathématiques modernes relève de son action institutionnelle.
À ne pas confondre
André Lichnerowicz et la Commission Lichnerowicz. Le premier est le mathématicien ; la seconde est la commission ministérielle qu'il préside de 1966 à 1973. Une référence à ses recherches en holonomie désigne la personne, tandis qu'une décision sur l'enseignement renvoie à la commission.
La Commission Lichnerowicz et la réforme des mathématiques modernes. La commission est l'instance qui engage la réforme ; la réforme est le changement de contenus introduisant massivement ensembles, algèbre abstraite et topologie dans le secondaire. Le nom d'un organisme et celui d'une transformation scolaire ne sont donc pas interchangeables.
Limites et pièges
Ne pas confondre influence scientifique et responsabilité scolaire. Le symptôme est une phrase qui fait de la réforme une conséquence directe de ses recherches. Il faut distinguer ses thèmes de recherche de sa présidence d'une commission ministérielle.
Ne pas présenter la réforme comme unanimement durable. La source indique qu'elle fut rapidement remise en cause pour son inadaptation pédagogique. Une présentation équilibrée doit conserver cette limite au lieu de s'arrêter à l'ambition de modernisation.
Ne pas fusionner les dates. Le doctorat date de 1939, la chaire du Collège de France commence en 1952, l'élection à l'Académie des sciences intervient en 1963 et la commission s'étend de 1966 à 1973. Chaque date doit rester attachée à son fait.
Pour aller plus loin
La géométrie de l'information prolonge le versant géométrique en montrant une rencontre contemporaine entre structures différentielles et traitement de l'information.
Les singularités en relativité générale ouvre sur l'un des domaines physiques auxquels les recherches de Lichnerowicz se rattachent.
Les premières agrégées de mathématiques replace l'agrégation et l'enseignement dans une autre page de l'histoire des mathématiques françaises.
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