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GéométrieNotion · Glossaire

parallaxe - astronomie -

En astronomie, la parallaxe est l’angle sous lequel une longueur de référence choisie est vue depuis un astre. Mesuré à partir d’une base connue, cet angle permet d’estimer la distance de l’astre par triangulation : à base égale, plus il est petit, plus l’astre est éloigné.
Triangle de parallaxe Modèle géométrique avec une demi-base B égale à 1, un angle p égal à 0,10 radian et une distance D voisine de 9,97. Astre S Observateur E B = 1 D ≈ 9,97 p = 0,10 rad
Dans ce modèle exact, B = 1, p = 0,10 rad et D = 1/tan(0,10) ≈ 9,97 unités de demi-base.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Relier le déplacement apparent au changement de point d’observation.
  • Distinguer les parallaxes diurne, annuelle et solaire par leur objet et leur base.
  • Calculer une distance dans un modèle triangulaire avec D = B/tan(p).
  • Détecter les pièges liés aux petits angles, à l’incertitude et à la convention p ou 2p.

En clair

Tendez un doigt devant vous, puis fermez alternativement l’œil gauche et l’œil droit : le doigt semble glisser devant l’arrière-plan. Il n’a pourtant pas bougé. Ce changement apparent vient du déplacement du point d’observation. En astronomie, on exploite la même géométrie avec une longueur de référence connue. Deux directions de visée forment un petit angle, la parallaxe ; plus l’astre est lointain, plus cet angle est petit pour une même longueur de référence.

Définition

La parallaxe astronomique est l’angle associé à une longueur de référence, appelée base, observée depuis l’astre étudié. Dans un modèle triangulaire simple, la longueur de la demi-base est notée B, la distance perpendiculaire de l’astre au milieu de la base est notée D et l’angle de parallaxe est noté p. Ces grandeurs vérifient D=BtanpD=\frac{B}{\tan p}. L’angle et la distance doivent être exprimés dans des unités cohérentes ; la tangente reçoit un angle en radians lors d’un calcul numérique standard.
Le nom du type de parallaxe dépend de l’objet et de la base retenue. Pour la parallaxe diurne des corps du Système solaire, la longueur de référence est le rayon équatorial terrestre. Pour la parallaxe annuelle des étoiles, elle est le demi-grand axe de l’orbite terrestre. La parallaxe solaire est l’angle sous lequel le rayon équatorial terrestre serait vu depuis le centre du Soleil. Dans chaque cas, annoncer la base évite d’attribuer le même sens géométrique à des angles construits différemment.
Lorsque deux observations sont faites depuis des positions opposées et symétriques, le déplacement angulaire total peut valoir 2p alors que la parallaxe publiée est p. Cette convention doit être vérifiée avant tout calcul. Historiquement, une parallaxe stellaire trop petite pour les instruments disponibles pouvait rester indétectable : l’absence de mesure à l’époque de Galilée a ainsi été invoquée contre le modèle héliocentrique lors de son procès.

Un exemple, pas à pas

Considérons un modèle à l’échelle d’une parallaxe annuelle. La demi-base, analogue au demi-grand axe de l’orbite terrestre, mesure B = 1 unité. L’angle mesuré vaut p = 0,10 radian. Cette valeur volontairement grande rend la construction lisible ; le calcul reste celui d’une triangulation.
1. On place l’astre, le milieu de la base et le point d’observation de façon à former un triangle rectangle.
2. On calcule la tangente de l’angle : tan(0,10) ≈ 0,1003347.
3. La distance cherchée est obtenue par le quotient de la demi-base par cette tangente.
D=1tan(0,10)9,9666D=\frac{1}{\tan(0{,}10)}\approx 9{,}9666
La distance vaut donc environ 9,97 unités de demi-base. Pour contrôler le résultat, on refait l’opération inverse : le rapport B/D vaut environ 0,1003347 et arctan(B/D) redonne 0,10 radian à la précision affichée.

En pratique

Pour un corps du Système solaire, une observation liée à la rotation terrestre conduit à choisir la parallaxe diurne et le rayon équatorial terrestre comme référence. Le critère décisif est l’échelle du déplacement de l’observateur au cours d’une journée.
Pour une étoile, on compare des directions de visée prises à des positions différentes de la Terre sur son orbite. La parallaxe annuelle est adaptée lorsque le demi-grand axe orbital constitue la demi-base du triangle.
Avant de convertir un angle en distance, on note explicitement la base, l’unité angulaire et la convention de mesure. Ce geste permet de savoir si l’angle donné est p ou le déplacement total 2p, et d’éviter un facteur deux dans le résultat.

À ne pas confondre

La parallaxe ne se confond pas avec une distance angulaire entre deux astres. Une distance angulaire compare deux objets depuis un même point d’observation ; une parallaxe compare des lignes de visée liées à une base connue. Si l’observateur ne change pas de position et vise deux objets distincts, il ne mesure pas une parallaxe.
Elle ne se confond pas non plus avec le mouvement propre d’une étoile. La composante parallactique est liée au changement de position de l’observateur et se répète avec la même géométrie d’observation ; le mouvement propre traduit un déplacement de l’étoile sur le ciel au fil du temps. Répéter les mesures permet de séparer ces deux effets.

Limites et pièges

Si p = 0 dans le modèle idéal, la formule ne fournit aucune distance finie : les deux directions de visée sont confondues. En mesure réelle, un angle compatible avec zéro signifie seulement que la parallaxe n’est pas résolue à la précision disponible ; il ne prouve pas que l’astre est à une distance infinie.
Quand p devient très petit, une faible incertitude angulaire produit une forte incertitude relative sur D. Il faut alors conserver l’incertitude de mesure et éviter d’afficher plus de chiffres que l’observation n’en justifie. L’absence de parallaxe stellaire détectable à l’époque de Galilée illustre précisément la différence entre un angle nul et un angle trop petit pour être mesuré.
Le raccourci D ≈ B/p n’est valable que pour un petit angle p exprimé en radians. Dans l’exemple, p = 0,10 donne 10 unités par ce raccourci, contre environ 9,97 avec la tangente : l’écart est faible mais non nul. Pour un angle plus grand, il faut garder la formule exacte avec tan(p).
Enfin, une séparation observée depuis deux positions opposées peut représenter 2p. Utiliser cette séparation comme si elle valait p divise la distance calculée approximativement par deux pour les petits angles. La parade consiste à dessiner les deux lignes de visée et à identifier la demi-base avant de calculer.

Pour aller plus loin

Le glossaire parallaxe solaire prolonge cette lecture en isolant le cas où les lignes de visée prennent le Soleil pour cible. Il aide à examiner séparément la base choisie et la convention angulaire.
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