Passer au contenu principal
GéométrieNotion · Glossaire

parallaxe diurne

La parallaxe diurne est le décalage angulaire apparent d’un corps du système solaire, rapporté au même fond d’étoiles lointaines, lorsqu’il est observé depuis deux points distincts de la Terre. Si les observations correspondent à une même position de l’astre, ou si son déplacement est corrigé, la position relative des observateurs et les directions de visée permettent d’en déduire la distance par triangulation.
Triangle de parallaxe horizontale Un observateur au sommet de la Terre vise un astre. La visée tangente et la direction depuis le centre forment un angle de dix degrés à l’astre. C O A p = 10°
Dans le modèle, la visée est tangente à la Terre : l’angle de 10° relie le rayon R à la distance d ≈ 5,76R.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Relier le changement de point d’observation au décalage apparent de l’astre.
  • Identifier le rôle de la base terrestre, des directions de visée et du fond d’étoiles.
  • Refaire un calcul de distance dans la configuration de la parallaxe horizontale.
  • Distinguer parallaxes diurne, annuelle et solaire.

En clair

Tendez un doigt devant un décor, puis regardez-le en fermant alternativement chaque œil. Le doigt semble se déplacer, alors que seul le point d’observation a changé. La parallaxe diurne transpose cette idée à un astre : deux positions sur la Terre donnent deux directions de visée légèrement différentes.
Le fond d’étoiles lointaines sert de repère. La distance connue entre les observations forme une base de mesure ; l’angle du décalage apparent complète un triangle. La trigonométrie relie alors ce triangle à la distance recherchée.

Définition

La parallaxe diurne est le décalage angulaire apparent d’un corps du système solaire lorsque sa direction est rapportée à des étoiles lointaines depuis deux points d’observation terrestres. Les directions mesurées et la position relative des observateurs définissent un triangle si les observations correspondent à une même position de l’astre, ou si son déplacement entre elles est connu et corrigé. La distance de l’astre s’en déduit alors par trigonométrie, à condition de connaître la géométrie de la base et les angles de visée.
Une définition courante compare la direction observée depuis la surface à celle qui serait observée depuis le centre de la Terre : on parle aussi de parallaxe géocentrique. Le rayon terrestre fournit alors la longueur de référence. L’angle dépend de la position de l’observateur par rapport à l’astre ; il ne suffit donc pas, sans préciser cette configuration.
Dans la configuration idéale où l’astre est sur l’horizon de l’observateur, le rayon mené au point d’observation est perpendiculaire à la ligne de visée. Si le rayon terrestre est noté R, la distance du centre de la Terre à l’astre d, et la parallaxe horizontale p, le triangle rectangle donne sinp=Rd\sin p=\frac{R}{d}. Pour deux sites quelconques, il faut employer leur base effectivement projetée et la géométrie complète des deux visées.

Un exemple, pas à pas

Considérons un modèle fictif dans la configuration horizontale. Les données sont :
• le rayon terrestre de référence, noté R ;
• un astre représenté par le point A ;
• une parallaxe horizontale p de 10° ;
• la distance cherchée d, mesurée du centre de la Terre à A.
1. Le rayon vers l’observateur est perpendiculaire à la visée de l’horizon. Le centre de la Terre, l’observateur et A forment donc un triangle rectangle.
2. Dans ce triangle, le côté opposé à l’angle p mesure R et l’hypoténuse mesure d. On écrit :
sinp=Rd\sin p=\frac{R}{d}
3. On isole la distance, puis on remplace p par 10° :
d=Rsinp=Rsin105,76Rd=\frac{R}{\sin p}=\frac{R}{\sin 10^\circ}\approx 5{,}76R
Dans ce modèle, l’astre se trouve donc à environ 5,76 rayons terrestres du centre.
4. Le contrôle consiste à refaire l’opération inverse : 5,76×sin101,005{,}76\times\sin 10^\circ\approx 1{,}00. L’écart résiduel vient de l’arrondi de 5,76 ; le rapport au rayon de référence est cohérent.

En pratique

Pour estimer la distance d’un corps du système solaire, on relève sa direction depuis deux positions terrestres connues et on la compare au même fond d’étoiles lointaines. Dans l’approximation des petits angles et d’un astre lointain, on préfère une séparation nettement projetée perpendiculairement à la visée, car cette composante fournit la base utile. Sinon, il faut traiter exactement les deux lignes de visée et leurs angles.
Avec un seul site, on peut comparer la direction mesurée à une direction rapportée au centre de la Terre. Il faut alors connaître la position de l’observateur et la configuration de visée ; la formule de la parallaxe horizontale ne s’applique directement que lorsque l’astre est à l’horizon.
Si le décalage apparent devient trop petit pour être distingué avec la précision disponible, le calcul ne fournit plus une distance fiable. Le bon réflexe est d’améliorer la précision angulaire, d’augmenter la base projetée ou de choisir une autre méthode adaptée à l’objet.

À ne pas confondre

Parallaxe annuelle. Elle change la position d’observation avec le déplacement de la Terre au cours de l’année, tandis que la parallaxe diurne utilise des positions liées à la Terre elle-même. Deux observations séparées sur la surface relèvent de la parallaxe diurne ; deux observations fondées sur des positions terrestres au fil de l’année relèvent de la parallaxe annuelle.
Parallaxe solaire. Ce terme désigne une grandeur conventionnelle précise : classiquement, l’angle sous lequel le rayon équatorial terrestre serait vu depuis le Soleil. Il ne signifie donc pas simplement que l’objet observé par parallaxe diurne est le Soleil.
Simple déplacement réel. La parallaxe est un décalage apparent produit par le changement de point d’observation. Si l’astre change de position pendant que l’observateur reste au même endroit, ce mouvement ne constitue pas, à lui seul, une parallaxe.

Limites et pièges

La formule horizontale hors de son cas. La relation sinp=Rd\sin p=\frac{R}{d} suppose une visée perpendiculaire au rayon terrestre au point d’observation. Si l’astre n’est pas à l’horizon, le triangle n’est plus celui de l’exemple ; il faut intégrer la géométrie réelle de la visée.
Une base connue mais mal orientée. Pour un astre lointain et un petit angle, la distance séparant deux sites intervient surtout par sa composante perpendiculaire à la visée : une base presque alignée avec celle-ci produit un faible décalage. Cette projection est une approximation ; le calcul exact dépend des deux lignes de visée, de leurs angles et de la position recherchée.
Le cas charnière d’un angle nul. Si le décalage mesuré vaut 0°, cette mesure seule ne permet pas de déterminer la distance : les directions sont confondues dans la précision de la mesure, et certaines configurations peuvent aussi produire des directions identiques pour un astre à distance finie. Il faut une géométrie de visée plus favorable ou une précision suffisante.
Un fond de référence incohérent. Comparer les deux visées à des repères différents peut imiter un décalage. Les directions doivent être rapportées au même fond d’étoiles lointaines avant d’attribuer l’écart à la parallaxe diurne.

Pour aller plus loin

La méthode de triangulation généralise le passage d’une base et d’angles mesurés à une distance inaccessible.
La parallaxe annuelle montre comment un changement de base d’observation sur une autre durée ouvre l’étude d’objets plus lointains.
La parallaxe solaire désigne classiquement l’angle sous lequel le rayon équatorial terrestre serait vu depuis le Soleil.
Continuez avec Tangente

Explorez les mathématiques autrement

Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.

Découvrir les offres