GéométrieNotion · Glossaire
Platon
Platon est un philosophe grec qui fait des mathématiques une composante de sa réflexion sur le monde. Il défend un cosmos géocentrique, n'admet en géométrie que les constructions à la règle et au compas, et associe sa philosophie de la nature aux cinq polyèdres réguliers convexes, appelés solides de Platon, tous inscriptibles dans une sphère.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer Platon, Socrate et l'Académie dans les éléments datés fournis par la source.
- Nommer les cinq solides de Platon et distinguer leurs propriétés géométriques de leur symbolisation.
- Lire le modèle géocentrique décrit sans lui attribuer des distances ou un ordre orbital absents de la source.
En clair
À Athènes, entre 428 et 347 av. J.-C., Platon place les mathématiques au cœur d'un projet philosophique. Après la mort de son maître Socrate, il fonde l'Académie, où se côtoient philosophie, sciences, littérature et arts.
Son rapport à la géométrie se lit dans deux choix concrets : les constructions à la règle et au compas, puis les cinq solides réguliers convexes. Ces formes deviennent, dans sa philosophie de la nature, une manière de représenter les éléments du Cosmos.
Définition
Platon d'Athènes est un philosophe grec de l'Antiquité, né en 428 et mort en 347 av. J.-C. Élève de Socrate, il défend sa pensée dans l'Apologie de Socrate, présentée ici comme sa première œuvre, et rédige vingt-huit Dialogues. Après la mort de Socrate, il fonde à Athènes l'Académie, aussi nommée Akadêmos. Selon la définition de référence, son entrée portait l'inscription « Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre ». La philosophie, les sciences, la littérature et les arts y sont enseignés, tandis que les découvertes scientifiques de l'époque y sont compilées.
Dans la vision géocentrique à laquelle il adhère, la Terre est ronde, immobile et située au centre du monde. Le Soleil, la Lune et les planètes sont portés par des sphères concentriques en rotation autour d'elle. Le schéma associé rend visibles ce centre commun et ces mouvements circulaires, sans fixer un ordre des astres que la source ne précise pas.
En géométrie, Platon n'admet comme instruments de construction que la règle et le compas. Sa philosophie de la nature mobilise cinq polyèdres réguliers convexes. Un polyèdre est un solide délimité par des faces polygonales planes ; il est régulier lorsque ses faces sont des polygones réguliers identiques disposés de la même manière à chaque sommet, et convexe lorsqu'il ne présente aucun creux : le segment reliant deux de ses points reste dans le solide. Les cinq sont le tétraèdre, le cube, l'octaèdre, le dodécaèdre et l'icosaèdre. Attribués ici à Théétète d'Athènes, ces solides sont chacun inscriptibles dans une sphère et symbolisent chacun l'un des cinq éléments du Cosmos. La source ne donne toutefois pas la correspondance entre chaque solide et chaque élément.
Un exemple, pas à pas
Prenons le cube comme fil conducteur. Les données sont celles de la source : il appartient à une liste de cinq polyèdres réguliers convexes ; chacun de ces solides peut être inscrit dans une sphère ; chacun symbolise un élément du Cosmos.
1. Sur un cube, observer les six faces carrées de même taille et vérifier que trois faces se rencontrent à chacun des huit sommets : le même agencement se répète partout, ce qui contrôle sa régularité.
2. Choisir des points sur plusieurs paires de faces et tracer mentalement les segments qui les relient : aucun ne sort du solide, conformément au critère de convexité.
3. Tracer les diagonales reliant les sommets opposés pour repérer leur point d'intersection, le centre du cube, puis mesurer la distance de ce centre à chacun des huit sommets : elle est la même. Une sphère centrée en ce point peut donc passer par tous les sommets.
4. Arrêter le contrôle à ces propriétés géométriques : il ne permet pas d'établir l'élément du Cosmos associé au cube, qui relève de la symbolisation philosophique.
2. Choisir des points sur plusieurs paires de faces et tracer mentalement les segments qui les relient : aucun ne sort du solide, conformément au critère de convexité.
3. Tracer les diagonales reliant les sommets opposés pour repérer leur point d'intersection, le centre du cube, puis mesurer la distance de ce centre à chacun des huit sommets : elle est la même. Une sphère centrée en ce point peut donc passer par tous les sommets.
4. Arrêter le contrôle à ces propriétés géométriques : il ne permet pas d'établir l'élément du Cosmos associé au cube, qui relève de la symbolisation philosophique.
La même grille peut être reprise avec un modèle de chacun des quatre autres solides : leurs caractères communs ne se déduisent pas de leur seul nom, ils se contrôlent à nouveau. La source ne permet pas, en revanche, d'identifier quel élément est associé au cube.
En pratique
Pour lire un texte sur les solides de Platon, le bon réflexe consiste à distinguer la forme géométrique de sa valeur symbolique. La régularité, la convexité et l'inscription dans une sphère décrivent la forme ; l'association à un élément du Cosmos appartient à la philosophie de la nature.
Face à une construction attribuée à ce cadre, il faut regarder les instruments autorisés. La source retient la règle et le compas ; un procédé utilisant un autre instrument ne relève donc pas de cette convention de construction.
Pour interpréter le modèle astronomique, il faut d'abord chercher le centre. Ici, la Terre est immobile au centre commun des sphères ; le Soleil, la Lune et les planètes se déplacent autour d'elle.
À ne pas confondre
Platon et Théétète d'Athènes. La fiche présente Platon comme le philosophe qui intègre les cinq solides à sa philosophie de la nature, mais elle attribue leur découverte à Théétète. Le critère qui tranche est donc le rôle indiqué : interprétation philosophique pour l'un, découverte pour l'autre.
Propriété géométrique et symbole cosmologique. Dire qu'un cube est inscriptible dans une sphère décrit une relation géométrique. Dire qu'un solide symbolise un élément du Cosmos donne une interprétation. Une vérification de construction établit la première, pas la seconde.
Limites et pièges
L'expression « solides de Platon » ne signifie pas, dans cette source, que Platon les a découverts. Le symptôme du piège est de transformer le nom d'usage en attribution ; il faut conserver la mention de Théétète d'Athènes.
La liste porte précisément sur cinq polyèdres à la fois réguliers et convexes. Un polyèdre qui ne satisfait pas l'un de ces deux qualificatifs sort du groupe décrit, même s'il ressemble visuellement à l'un des cinq modèles.
La source affirme une correspondance entre cinq solides et cinq éléments, mais ne précise pas les couples. Le signe d'une extrapolation serait une table d'associations absente du texte ; il faut alors s'en tenir à l'existence de la symbolisation.
Le schéma géocentrique restitue un modèle historique décrit par la fiche. Il ne constitue pas une mesure astronomique : il montre seulement une Terre centrale et des sphères concentriques en rotation, sans ajouter de distances ni d'ordre orbital.
Pour aller plus loin
Pour prolonger l'exemple, on peut construire une grille d'observation des cinq solides : forme et nombre des faces, nombre de faces réunies à chaque sommet, absence de creux et distance du centre aux sommets. Reprendre ces contrôles pour chaque modèle permet de comparer concrètement les membres de la famille et de noter, propriété par propriété, ce qui a effectivement été observé ou mesuré.
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