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GéométrieNotion · Glossaire

Römer Ole

Ole Römer est un astronome danois qui a fourni la première estimation quantitative de la vitesse de la lumière et établi que celle-ci est finie. En comparant les éclipses d’Io prévues à celles observées, il a compris que leurs décalages variaient avec la distance entre Jupiter et la Terre, donc avec le temps de trajet de la lumière.
Écart temporel rapporté par Römer Comparaison non à l’échelle de deux instants de réception, séparés d’environ vingt-deux minutes. Trajet lumineux cité Trajet lumineux cité Opposition Conjonction schéma non à l’échelle environ 22 min
La source rapporte environ 22 minutes de trajet lumineux supplémentaires entre les deux configurations comparées.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Relier les éclipses d’Io au temps de propagation de la lumière.
  • Interpréter correctement l’écart d’environ 22 minutes cité dans la source.
  • Distinguer la mesure astronomique de l’échelle thermométrique de Römer.
  • Associer les dates 1676, 1683, 1700, 1701 et 1705 aux apports correspondants.

En clair

En 1676, à Paris, Ole Römer observe les éclipses d’Io, un satellite de Jupiter. Elles ne se produisent pas aux instants attendus d’après les prédictions fondées sur les lois de Kepler.
Römer relie ces décalages à la distance variable entre la Terre et Jupiter. Si la lumière arrivait instantanément, cette variation de distance ne changerait pas l’instant auquel une éclipse est vue depuis la Terre. Le retard observé révèle donc un temps de trajet : la lumière se propage à une vitesse finie.

Définition

Ole Christensen Römer (1644–1710) est l’astronome danois auquel est attribuée la première mesure quantitative de la vitesse de la lumière. De 1672 à 1681, il travaille à l’Observatoire de Paris avec Jean-Dominique Cassini. Son support d’étude est l’irrégularité des instants observés des éclipses d’Io, l’un des satellites galiléens de Jupiter, par rapport aux prédictions fondées sur les lois de Kepler.
Son raisonnement porte sur un temps de propagation, et non sur une variation de la vitesse propre d’Io. La distance entre Jupiter et la Terre varie ; le même événement est donc reçu après un trajet lumineux plus ou moins long. Dans les termes de la source, la lumière met environ 22 minutes de plus à parvenir à la Terre lorsque les planètes sont en conjonction que lors de leur opposition. Römer publie ce résultat en décembre 1676 et établit ainsi que la propagation de la lumière n’est pas instantanée.
Son œuvre ne se limite pas à cette mesure. Revenu au Danemark, il enseigne l’astronomie à l’université de Copenhague et observe avec des instruments de sa conception. Il met en place le premier système national danois de poids et mesures en 1683, contribue à l’introduction du calendrier grégorien au Danemark en 1700, puis crée en 1701 une échelle thermométrique dont Fahrenheit s’inspire après lui avoir rendu visite. Après avoir rencontré Isaac Newton et Edmond Halley en Angleterre, Römer devient bourgmestre de Copenhague en 1705.

Un exemple, pas à pas

Suivons le raisonnement de Römer sans lui prêter une valeur moderne absente de la source. Les données sont les instants prédits des éclipses d’Io, leurs instants observés depuis la Terre, la distance variable entre la Terre et Jupiter, et un écart de temps d’environ 22 minutes entre les deux configurations citées.
1. Römer compare les instants observés aux prédictions fondées sur les lois de Kepler.
2. Il constate des irrégularités qui accompagnent le changement de distance entre Jupiter et la Terre.
3. Il attribue ces écarts au temps nécessaire à la lumière pour parcourir cette distance variable.
4. En notant tc le temps de trajet cité pour la conjonction et to celui cité pour l’opposition, la relation rapportée est tcto+22mint_c\approx t_o+22\,\mathrm{min}. La figure matérialise cet écart sans donner d’échelle aux durées inconnues.
Le résultat n’est pas une vitesse exprimée en kilomètres par seconde : aucune distance chiffrée n’est fournie ici. Le contrôle possible avec les seules données de la source est logique. Une distance de parcours différente produit un délai différent seulement si la lumière met un temps non nul à voyager ; l’observation soutient donc une propagation à vitesse finie.

En pratique

Devant des prédictions d’éclipses d’Io, on distingue l’instant prévu de l’instant observé. Si les décalages accompagnent la variation de distance entre la Terre et Jupiter, l’explication par un temps de propagation est préférable à l’idée d’une lumière instantanée.
Dans une chronologie scientifique, chaque date doit rester attachée à son résultat : 1676 pour la publication sur la vitesse finie de la lumière, 1683 pour les poids et mesures danois, 1700 pour le calendrier grégorien et 1701 pour l’échelle thermométrique.
Lorsque le nom Römer apparaît sans contexte, on regarde l’objet désigné. Une observation d’Io renvoie à l’astronome et à son raisonnement sur la lumière ; une graduation de température renvoie à l’échelle thermométrique qu’il a créée.

À ne pas confondre

Temps de propagation de la lumière et mouvement irrégulier d’Io. Le critère est la dépendance à la distance Terre–Jupiter. Dans le cas décrit, Römer n’interprète pas les écarts comme une vitesse changeante du satellite : il les relie au trajet de la lumière jusqu’à la Terre.
Mesure de la vitesse de la lumière et échelle thermométrique de Römer. La première exploite les éclipses d’Io et paraît en 1676 ; la seconde sert à graduer la température et date de 1701. Le nom de Römer est commun, mais l’objet mesuré tranche immédiatement.

Limites et pièges

Environ 22 minutes n’est pas une égalité exacte. Le symptôme du piège est l’écriture de ce nombre sans marque d’approximation. Il faut conserver « environ » ou le signe ≈, comme dans la source.
Le retard n’est pas la durée d’une éclipse. Il concerne le temps mis par la lumière pour parvenir à la Terre dans deux configurations. Pour éviter l’ambiguïté, on compare des instants de réception, pas la longueur de l’occultation d’Io.
La source ne donne pas une vitesse en unité moderne. Elle fournit un écart temporel et une interprétation par la distance variable. Sans distance chiffrée, calculer ici une valeur en kilomètres par seconde ajouterait une donnée absente.
Les dates ne sont pas interchangeables. Décembre 1676 correspond à la publication du résultat sur la lumière ; 1701 correspond à l’échelle thermométrique. Regrouper ces deux apports sous une même année produirait une chronologie fausse.

Pour aller plus loin

Le portrait de Römer ouvre deux prolongements directs : la grandeur qu’il a rendue mesurable et le système astronomique qui lui a fourni une horloge d’observation.
vitesse de la lumière — Pour replacer la mesure historique dans l’étude de la grandeur physique elle-même.
satellites de Jupiter — Pour situer Io parmi les objets astronomiques qui ont rendu possible l’observation de Römer.
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