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ArithmétiqueNotion · Glossaire

savoir

En formation mathématique, le savoir désigne l’ensemble des connaissances qu’un apprenant doit intégrer pour accomplir les tâches de son domaine ou atteindre un niveau donné. Le savoir mathématique associe la disponibilité fonctionnelle des notions et théorèmes — les reconnaître et les mobiliser efficacement dans une résolution — à leur inscription dans un corpus scientifiquement rigoureux et socialement reconnu.
A B C 3 cm 4 cm 5 cm
Le triangle rectangle associe les côtés 3 cm et 4 cm à l’hypoténuse 5 cm dans l’exemple guidé.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Définir le savoir mathématique dans le cadre de la formation
  • Reconnaître la différence entre récitation et mobilisation d'une notion
  • Comprendre le rôle du corpus scientifiquement rigoureux et socialement reconnu

En clair

Un élève rencontre un théorème, apprend ce qu'il signifie, puis l'utilise pour résoudre un problème. Il ne possède pas encore un savoir mathématique parce qu'il peut réciter l'énoncé seulement. Ce savoir apparaît quand il reconnaît la situation où le théorème convient et qu'il sait le mobiliser correctement.
Le savoir réunit donc deux aspects. Les notions doivent être disponibles pour l'action, et elles doivent aussi être reconnues comme des connaissances exactes appartenant à un ensemble partagé par la communauté mathématique.

Définition

En formation mathématique, le savoir est l'ensemble organisé des connaissances générales et technologiques qu'un apprenant doit intégrer pour accomplir les tâches de son domaine de compétence ou atteindre un niveau de formation donné. Il ne se réduit pas à une collection de résultats mémorisés.
Le savoir mathématique possède une dimension fonctionnelle : les notions et les théorèmes sont disponibles lorsque l'apprenant peut les reconnaître, les choisir et les mobiliser efficacement dans la résolution d'un problème. Cette disponibilité dépend donc de la situation et de l'action attendue, pas seulement de la capacité à réciter un énoncé.
Il possède aussi une dimension collective : les notions et les théorèmes appartiennent à un corpus rigoureux et reconnu. Dans l'exemple du triangle rectangle, c'est le théorème de Pythagore qui valide le calcul ; réussir par hasard ne suffirait pas à établir un savoir partagé.

Un exemple, pas à pas

Une apprenante doit calculer la longueur BC d'un triangle ABC rectangle en A, sachant que AB = 3 cm et AC = 4 cm. Elle dispose du théorème de Pythagore étudié auparavant.
Elle reconnaît la configuration : le triangle est rectangle en A, donc les côtés de l'angle droit sont AB et AC, et BC est l'hypoténuse. Le théorème identifié est Pythagore : BC² = AB² + AC².
Elle vérifie les hypothèses, puis remplace les données : BC² = 3² + 4² = 25. Comme une longueur est positive, BC = 5 cm. La conclusion est donc contrôlable à partir des données et du théorème choisi.
Le résultat est une résolution justifiée : le théorème n'est pas seulement récité, il est utilisé au bon moment et dans le bon domaine. Un contrôle consiste à relire chaque hypothèse et à vérifier qu'elle correspond bien à une donnée du problème.

En pratique

Dans une résolution de problème, l'apprenant ne se contente pas de retrouver un mot appris. Il identifie les données utiles, choisit une notion adaptée et l'emploie pour justifier une conclusion.
Lorsqu'une définition ou un théorème est difficile à mobiliser, un exemple traité peut servir d'appui. Il est préférable à la seule récitation quand le critère observable est la capacité à reconnaître les hypothèses et à transférer le raisonnement à une tâche du même domaine.
Pour vérifier qu'un savoir est réellement disponible, on peut demander une justification dans une situation nouvelle. Une réponse correcte qui ne s'appuie pas sur les bonnes propriétés ne donne pas la même information qu'une résolution explicitement fondée sur le corpus mathématique.

À ne pas confondre

Le savoir ne se confond pas avec la mémoire d'un énoncé. Le critère est testable : une personne qui récite un théorème sans reconnaître ses hypothèses montre une connaissance déclarée, mais pas encore sa disponibilité fonctionnelle. Un cas qui tranche est celui d'un problème nouveau où le théorème est pertinent : le savoir se manifeste par un choix et une utilisation justifiés.
Le savoir ne se confond pas non plus avec une simple réussite isolée. Le critère est l'inscription de la notion dans un corpus rigoureux et reconnu : une procédure qui aboutit par hasard ne suffit pas à établir qu'un savoir mathématique a été intégré.

Limites et pièges

Un premier piège consiste à appeler savoir toute information mémorisée. Le symptôme observable est une récitation correcte, suivie d'un choix inadapté dès que la situation change. Il faut alors vérifier séparément la reconnaissance des hypothèses et la mobilisation de la notion, au lieu de conclure à une maîtrise globale.
Un second piège consiste à réduire le savoir mathématique à son utilité immédiate. Une procédure peut fonctionner dans une tâche sans être reliée à un corpus scientifiquement rigoureux et socialement reconnu. Il faut donc examiner à la fois l'efficacité dans l'action et la validité de la notion mobilisée.
La disponibilité fonctionnelle n'est pas absolue : elle se juge pour une tâche, un domaine de compétence et un niveau de formation déterminés. Une notion disponible dans une situation simple peut ne pas l'être dans une situation plus complexe. Il faut préciser la tâche et les conditions avant d'étendre le constat à l'ensemble du savoir.

Pour aller plus loin

Le savoir mathématique peut être prolongé par l'étude des relations entre savoir, pouvoir et enquête : le lecteur y gagne une réflexion sur la manière dont les connaissances s'organisent et prennent sens dans une pratique mathématique.
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