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Histoire et cultureNotion · Glossaire

Scott Charlotte Angas

Charlotte Angas Scott est une mathématicienne britannique dont la carrière s'est principalement déployée aux États-Unis. Spécialiste des courbes algébriques, elle a aussi joué un rôle majeur dans l'accès des femmes aux diplômes et aux institutions mathématiques.
Chronologie de Charlotte Angas Scott Frise proportionnelle de 1858 à 1931 distinguant le doctorat de 1885, la fin de l'enseignement en 1917, la retraite en 1924 et le décès en 1931. Bryn Mawr 1858 Naissance 1885 Doctorat États-Unis 1917 Fin de l'enseignement 1924 Retraite 1931 Décès 1917 → 1924 : 7 ans d'écart
La frise distingue le doctorat de 1885, la fin de l'enseignement en 1917 et la retraite en 1924 dans la vie de Scott.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Reconstituer les principales étapes de la carrière transatlantique de Charlotte Angas Scott.
  • Distinguer son doctorat londonien de ses études à Cambridge et de son enseignement à Bryn Mawr.
  • Situer ses recherches sur les courbes algébriques et sa construction de la bicorne.
  • Relier son parcours à l'accès des femmes aux diplômes et aux sociétés savantes.

En clair

En 1885, Charlotte Angas Scott obtient à l'université de Londres un doctorat alors que Cambridge, où elle a étudié, ne délivre pas encore de diplômes aux femmes. La même année, elle traverse l'Atlantique pour rejoindre le Bryn Mawr College, à Philadelphie, comme professeure fondatrice.
Son parcours unit deux avancées : produire des mathématiques et ouvrir davantage leur enseignement aux femmes. Elle travaille sur les courbes algébriques, construit notamment une bicorne et contribue, par son enseignement comme par sa place dans des sociétés savantes, à faire reconnaître les mathématiciennes.

Définition

Charlotte Angas Scott est une mathématicienne britannique née en 1858. Son père est pasteur dans l'Église congrégationaliste, et les convictions religieuses de sa famille favorisent l'éducation des filles. Faute d'établissement scolaire proche, elle reçoit ses premiers enseignements mathématiques de précepteurs. Elle étudie ensuite à Cambridge sous la direction d'Arthur Cayley. En 1885, l'université de Londres lui décerne un doctorat : elle devient ainsi la première femme en Grande-Bretagne à obtenir ce grade. Cambridge n'ouvrira ses propres diplômes aux femmes qu'en 1948.
Toujours en 1885, Scott s'installe aux États-Unis et rejoint à Philadelphie le Bryn Mawr College, alors la seule université réservée aux femmes. Professeure fondatrice, elle y enseigne jusqu'en 1917 et exerce une influence profonde sur l'accès des femmes aux diplômes mathématiques des deux côtés de l'Atlantique. Elle est aussi la première femme admise dans plusieurs sociétés savantes, dont l'American Mathematical Society, la London Mathematical Society et la Deutsche Mathematiker-Vereinigung.
Ses recherches relèvent de la géométrie, en particulier des courbes algébriques de degré supérieur à deux. Une construction de la bicorne lui est attribuée. En 1894, elle publie An Introductory Account of Certain Modern Ideas and Methods in Plane Analytical Geometry. Son article A Proof of Noether's Fundamental Theorem compte parmi les premiers travaux de recherche mathématique rédigés aux États-Unis largement reconnus en Europe. Retraitée en 1924, elle retourne en Angleterre, où elle meurt en 1931.

Un exemple, pas à pas

Pour reconstituer le parcours de Charlotte Angas Scott sans fusionner des événements distincts, on dispose de six repères : sa naissance en 1858 ; le doctorat londonien et l'installation aux États-Unis en 1885 ; la publication de son livre en 1894 ; la fin de son enseignement à Bryn Mawr en 1917 ; sa retraite en 1924 ; sa mort en Angleterre en 1931.
1. Associer 1885 à deux faits précis : le doctorat décerné par l'université de Londres, puis le départ pour Bryn Mawr.
2. Placer 1894 sur la publication de An Introductory Account of Certain Modern Ideas and Methods in Plane Analytical Geometry.
3. Séparer 1917, fin de son enseignement à Bryn Mawr, de 1924, année de sa retraite.
4. Fermer la chronologie en 1931, après son retour en Angleterre.
Le contrôle consiste à retrouver dans l'ordre 1858, 1885, 1894, 1917, 1924 et 1931, puis à vérifier que chaque date reste attachée à son événement. Cette lecture fait apparaître une carrière transatlantique sans confondre diplôme, enseignement, publication et retraite.

En pratique

Dans une chronologie de l'accès des femmes aux diplômes, il faut distinguer les universités. Pour 1885, on attribue le doctorat à l'université de Londres ; pour Cambridge, le repère pertinent est 1948.
Pour situer ses recherches, la courbe algébrique est l'entrée générale à choisir. Lorsque l'on veut observer une contribution nommée et plus concrète, la bicorne est le meilleur point d'appui, car une construction de cette courbe est attribuée à Scott.
Pour évaluer son influence, une simple liste de publications ne suffit pas. Son rôle de professeure fondatrice à Bryn Mawr, son enseignement jusqu'en 1917 et ses admissions pionnières dans plusieurs sociétés savantes rendent visible son action institutionnelle.

À ne pas confondre

Charlotte Angas Scott et Arthur Cayley. Scott est la mathématicienne dont la fiche retrace la carrière ; Cayley dirige son travail à Cambridge. Une phrase qui attribue à Cayley le doctorat, l'enseignement à Bryn Mawr ou la bicorne inverse leurs rôles.
La bicorne et les courbes algébriques. La bicorne est une courbe particulière dont Scott a donné une construction ; les courbes algébriques de degré supérieur à deux forment le domaine plus large de ses recherches. Citer une contribution précise appelle la bicorne, tandis que décrire son champ d'étude appelle la famille générale.
Le livre et l'article. An Introductory Account of Certain Modern Ideas and Methods in Plane Analytical Geometry est le livre publié en 1894. A Proof of Noether's Fundamental Theorem est l'article de recherche reconnu en Europe ; la date du livre ne doit pas lui être automatiquement attribuée.

Limites et pièges

Cambridge n'est pas l'université qui décerne le doctorat. Scott y étudie sous la direction de Cayley, mais son doctorat de 1885 vient de l'université de Londres. Le nom de Cambridge accolé au grade est le symptôme de l'erreur ; il faut nommer séparément le lieu d'études et l'établissement diplômant.
La fin de l'enseignement n'est pas la retraite. Scott enseigne à Bryn Mawr jusqu'en 1917, puis prend sa retraite en 1924. Une chronologie qui ramène les deux faits à une seule date efface sept années ; il faut conserver les deux jalons.
Une priorité institutionnelle n'est pas une date d'admission. Scott est la première femme admise dans plusieurs sociétés savantes, mais aucune date n'est indiquée pour ces admissions. Il faut garder cette priorité sans lui assigner une année déduite.
Le retour en Angleterre doit rester placé après la retraite. Le parcours enchaîne retraite en 1924, retour et mort en 1931 sans donner l'année exacte du voyage. Le bon réflexe est de respecter cet ordre sans transformer 1924 en date certaine du retour.

Pour aller plus loin

L'article Charlotte Angas Scott, prolonge directement ce portrait de la mathématicienne et de ses travaux.
La fiche courbe algébrique précise la famille d'objets géométriques au cœur de ses recherches.
La fiche bicorne permet d'examiner la courbe particulière à laquelle une construction de Scott reste attachée.
L'article Bryn Mawr : une révolution en Amérique replace son enseignement dans l'institution qu'elle a contribué à fonder.
L'article Où sont les femmes dans l’histoire des mathématiques ? ouvre la perspective sur l'accès des femmes à la discipline.
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