- Identifier l’origine et le référentiel des tables alphonsines.
- Reconnaître les principaux phénomènes célestes couverts par le recueil.
- Distinguer les tables alphonsines des tables de Tolède et des tables pruténiques.
- Suivre une méthode de lecture qui tient compte du méridien de Tolède.
table alphonsine
Les tables alphonsines sont un ensemble de tables astronomiques réunissant des données célestes pré-calculées afin de faciliter l’étude de plusieurs phénomènes. Leurs résultats doivent être lus en tenant compte de leur référence de longitude, le méridien de Tolède, ainsi que de leurs autres conventions de calcul avant toute comparaison avec d’autres tables.

Sommaire
Ce que vous allez apprendre
En clair
Entre 1248 et 1252, en Castille, Alphonse X réunit des astronomes autour d’un projet concret : établir de meilleures données sur le ciel. Le résultat prend la forme de tables, c’est-à-dire d’un support où l’on cherche une information déjà calculée plutôt que de reprendre tout le calcul.
Ces tables renseignaient notamment les mouvements de la Lune, la variation calculée des positions des étoiles fixes liée à la précession, les conjonctions planétaires ou les éclipses. Elles donnaient ainsi aux astronomes un ensemble cohérent de repères célestes dont les longitudes prenaient Tolède pour référence, selon les autres conventions propres aux calculs.
Définition
Une table alphonsine appartient à un ensemble de tables astronomiques élaboré entre 1248 et 1252 à l’initiative d’Alphonse X, roi de Castille. Des astronomes réunis pour ce travail cherchaient à fournir des données célestes plus précises que celles transmises par Ptolémée et par des tables antérieures, notamment les tables de Tolède.
Le méridien de Tolède sert de référence pour les longitudes ; l’interprétation des calculs suppose aussi de connaître leurs conventions temporelles, calendaires et zodiacales. Les tables couvrent plusieurs phénomènes : l’équation du temps, la variation calculée des positions des étoiles fixes liée à la précession, les mouvements de la Lune, les dates d’entrée du Soleil dans les signes du zodiaque, les conjonctions planétaires et les éclipses. Elles constituent donc un outil de consultation astronomique, et non la description d’un seul phénomène céleste.
Diffusées en Italie et en France à la Renaissance, les tables alphonsines ont durablement influencé l’astronomie européenne. Leur période de référence s’achève vers le milieu du XVIe siècle, lorsque les tables pruténiques les remplacent.
Où on le rencontre
On rencontre les tables alphonsines dans le contexte de l’astronomie européenne héritée du Moyen Âge et diffusée à la Renaissance. Plusieurs marqueurs permettent de les reconnaître : le nom d’Alphonse X, les années 1248 à 1252, la référence à Tolède, une série de données consacrées au ciel et la comparaison avec Ptolémée ou les tables de Tolède.
Le support ne porte pas une seule mesure isolée. Il rassemble des informations sur le temps, la variation calculée des positions des étoiles fixes liée à la précession, la Lune, le Soleil, les planètes et les éclipses. Le méridien de Tolède fournit la référence de longitude, tandis que les conventions temporelles, calendaires et zodiacales complètent le cadre des calculs.
Le mode d'emploi
La grandeur ou l’événement à lire dépend de la partie consultée : équation du temps, mouvement d’un astre, entrée du Soleil dans un signe, conjonction ou éclipse. Avant de comparer deux résultats, il faut distinguer le rôle de chaque repère : le méridien de Tolède fournit l’origine de longitude ; la convention temporelle précise comment le moment est compté, la convention calendaire comment sa date est écrite, et la convention zodiacale comment la position dans un signe est nommée. Deux données ne sont donc directement comparables qu’après vérification de ces choix.
1. On identifie d’abord le phénomène recherché, sans mélanger par exemple un mouvement de la Lune et une conjonction planétaire.
2. On repère ensuite la donnée temporelle ou céleste correspondante dans la partie pertinente.
3. On interprète enfin le résultat dans le référentiel de Tolède avant toute comparaison avec une autre table.
2. On repère ensuite la donnée temporelle ou céleste correspondante dans la partie pertinente.
3. On interprète enfin le résultat dans le référentiel de Tolède avant toute comparaison avec une autre table.
Le piège consiste à lire une valeur comme si elle était indépendante de son cadre de calcul. Le bon réflexe est de vérifier le phénomène visé, le méridien de référence ainsi que les conventions temporelles, calendaires et zodiacales pertinentes avant d’attribuer un sens à la donnée.
Un exemple, pas à pas
Un lecteur cherche dans les tables la date d’entrée du Soleil dans le signe du Bélier. La question désigne une partie identifiable du recueil — les dates d’entrée du Soleil dans les signes — et une entrée précise, le Bélier. Elle ne demande ni une explication générale du zodiaque ni une date exprimée selon des conventions modernes.
1. Il choisit la partie consacrée aux dates d’entrée du Soleil dans les signes, et non celles sur les éclipses ou les mouvements de la Lune.
2. À l’entrée « Bélier », il relève la date indiquée : c’est la donnée identifiable recherchée.
3. Il note comment le moment est compté, dans quel calendrier la date est écrite et selon quelle convention zodiacale le signe est nommé.
4. Il peut conclure que cette date répond à sa question dans le cadre propre à la table. Pour la confronter à une date issue d’une autre table, il doit d’abord vérifier ou harmoniser ces conventions ; la référence de longitude à Tolède ne suffit pas, à elle seule, à établir l’équivalence.
2. À l’entrée « Bélier », il relève la date indiquée : c’est la donnée identifiable recherchée.
3. Il note comment le moment est compté, dans quel calendrier la date est écrite et selon quelle convention zodiacale le signe est nommé.
4. Il peut conclure que cette date répond à sa question dans le cadre propre à la table. Pour la confronter à une date issue d’une autre table, il doit d’abord vérifier ou harmoniser ces conventions ; la référence de longitude à Tolède ne suffit pas, à elle seule, à établir l’équivalence.
Le résultat attendu est donc une date associée à l’entrée du Soleil dans le Bélier, dans le cadre de calcul de la table. Le contrôle est concret : si la donnée relevée n’est pas une date liée à cette entrée, la mauvaise partie ou la mauvaise entrée a été consultée ; si elle est comparée à une autre date, les conventions doivent avoir été accordées au préalable.
En pratique
Pour étudier un phénomène céleste couvert par le recueil, on consulte la partie correspondante et on garde Tolède comme référence de longitude parmi les conventions de calcul. Selon l’objectif de la comparaison, on choisit une table adaptée ou l’on convertit les données afin d’harmoniser leurs référentiels.
Pour suivre l’histoire des savoirs astronomiques, on situe les tables alphonsines entre les données héritées de Ptolémée et des tables de Tolède, puis les tables pruténiques qui les remplacent vers le milieu du XVIe siècle.
Pour identifier leur aire d’influence, on retient leur diffusion en Italie et en France à la Renaissance. Cette trace est plus pertinente qu’un simple rapprochement de titre avec n’importe quelle table astronomique.
À ne pas confondre
Les tables de Tolède. Elles sont antérieures et font partie des sources que les astronomes réunis par Alphonse X voulaient dépasser en précision. Une mention du projet conduit entre 1248 et 1252 sous Alphonse X désigne les tables alphonsines, pas les tables de Tolède.
Les tables pruténiques. Elles remplacent les tables alphonsines vers le milieu du XVIe siècle. Ce critère chronologique tranche : un texte parlant du remplacement ne donne pas deux noms au même recueil.
Une éclipse ou une conjonction. Ce sont des phénomènes dont les tables fournissent des données, non des synonymes de l’outil. Le critère est simple : le phénomène est l’objet étudié ; la table est le support consulté.
Limites et pièges
Oublier le référentiel. Une donnée lue sans mention de Tolède paraît immédiatement transposable. Le symptôme est une comparaison directe avec une autre table ; il faut d’abord vérifier le méridien qui encadre chaque calcul.
Réduire le recueil à un phénomène. Les éclipses sont seulement l’un des domaines couverts. Si la lecture ignore l’équation du temps, les étoiles fixes, la Lune, le Soleil ou les conjonctions, il faut revenir à l’étendue complète du contenu.
Étendre indéfiniment sa période d’usage. Une forte influence ne signifie pas une référence permanente. Le cas charnière est le milieu du XVIe siècle : au-delà, il faut tenir compte du remplacement par les tables pruténiques.
Pour aller plus loin
La fiche Ptolémée Claude situe l’héritage astronomique que les tables alphonsines cherchaient à rendre plus précis.
La notion d’éclipse approfondit l’un des phénomènes célestes pour lesquels ces tables fournissaient des données.
La conjonction - astronomie - précise un autre événement planétaire répertorié dans le recueil.
Le zodiaque éclaire le cadre des dates d’entrée du Soleil mentionnées parmi les contenus des tables.
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