GéométrieNotion · Glossaire
conjonction - astronomie -
En astronomie, une conjonction désigne deux objets célestes qui, vus depuis un même point de référence — généralement la Terre — apparaissent dans des directions très proches. Cette proximité est apparente : les objets ne sont pas nécessairement proches dans l'espace.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Définir une conjonction à partir des positions angulaires vues depuis un point de référence.
- Distinguer les conjonctions inférieure et supérieure de Mercure ou Vénus.
- Relier l'égalité des déclinaisons à la syzygie et aux phénomènes qu'elle peut rendre possibles.
- Séparer la conjonction de l'opposition et de la quadrature.
En clair
Depuis la Terre, deux objets célestes peuvent sembler presque côte à côte dans le ciel : il s'agit d'un rapprochement apparent. On parle plus précisément de conjonction lorsque leurs coordonnées angulaires satisfont la convention retenue, par exemple quand ils ont la même ascension droite.
Avec Mercure ou Vénus, la disposition par rapport au Soleil précise le type. La conjonction est inférieure si la planète s'interpose entre la Terre et le Soleil, supérieure si elle se trouve au-delà du Soleil.
Définition
Une conjonction astronomique est une configuration observée depuis un point de référence, généralement la Terre. Deux objets célestes ont alors des positions angulaires très proches sur la sphère céleste : ils apparaissent voisins dans la voûte céleste. La définition porte donc sur la direction dans laquelle les astres sont vus depuis l'observateur.
Dans une conjonction définie en ascension droite, les deux objets ont la même ascension droite. S'ils partagent aussi la même déclinaison, le plus proche de l'observateur semble passer devant le plus lointain. L'observateur et les deux objets forment alors une syzygie, configuration qui peut rendre possible une occultation, un transit ou une éclipse.
Mercure et Vénus sont des planètes inférieures, car leur orbite est située en deçà de celle de la Terre. Leur conjonction est inférieure quand la planète s'interpose entre la Terre et le Soleil. Elle est supérieure quand la planète se trouve au-delà du Soleil par rapport à la Terre. L'opposition et la quadrature nomment d'autres configurations géométriques remarquables, distinctes de la conjonction.
Un exemple, pas à pas
On observe une configuration de Mercure depuis la Terre. Les données sont les suivantes :
— le point de référence est la Terre ;
— l'objet étudié est Mercure ;
— Mercure est une planète inférieure ;
— Mercure s'interpose entre la Terre et le Soleil. La disposition des trois corps permet de classer la conjonction.
— le point de référence est la Terre ;
— l'objet étudié est Mercure ;
— Mercure est une planète inférieure ;
— Mercure s'interpose entre la Terre et le Soleil. La disposition des trois corps permet de classer la conjonction.
1. On repère l'observateur : la Terre.
2. On suit la direction allant de la Terre vers le Soleil.
3. On constate que Mercure se trouve entre ces deux corps.
4. On applique le critère associé aux planètes inférieures : une planète interposée correspond au cas inférieur.
2. On suit la direction allant de la Terre vers le Soleil.
3. On constate que Mercure se trouve entre ces deux corps.
4. On applique le critère associé aux planètes inférieures : une planète interposée correspond au cas inférieur.
La configuration est donc une conjonction inférieure de Mercure. Le contrôle consiste à inverser la position décisive : si Mercure se trouvait au-delà du Soleil par rapport à la Terre, le même critère conduirait à une conjonction supérieure.
En pratique
Avant de conclure à une conjonction, on identifie la coordonnée retenue : l'ascension droite ou la longitude écliptique, selon la convention annoncée. On relève ensuite cette coordonnée pour chacun des deux astres et on vérifie si leurs valeurs coïncident.
Avec Mercure ou Vénus, on regarde ensuite l'ordre des trois corps. Une planète placée entre la Terre et le Soleil indique une conjonction inférieure. Placée au-delà du Soleil, elle indique une conjonction supérieure.
Dans une conjonction en ascension droite, on compare aussi les déclinaisons. Leur égalité signale la situation de syzygie ; on examine alors lequel des corps est le plus proche de l'observateur pour interpréter le passage apparent devant l'autre.
À ne pas confondre
Conjonction et syzygie. Une proximité angulaire décrit un rapprochement apparent ; pour caractériser strictement une conjonction, il faut préciser la convention de coordonnées retenue. Dans le cas précis d'une conjonction en ascension droite, la syzygie exige aussi la même déclinaison : l'écart de déclinaison doit être nul.
Conjonction, opposition et quadrature. Ces termes désignent des configurations géométriques différentes. Le critère propre à la conjonction est la très grande proximité apparente des deux objets depuis le point de référence ; une autre disposition ne doit pas recevoir ce nom.
Limites et pièges
Le référentiel compte. La proximité est celle qui apparaît depuis un troisième point de référence. La Terre est le choix habituel, mais la définition ne l'impose pas : il faut donc toujours identifier le point d'observation.
Proximité ne signifie pas syzygie. Deux objets en conjonction peuvent rester séparés en déclinaison. Le cas charnière est un écart de déclinaison nul lors d'une conjonction en ascension droite ; c'est alors que les trois corps sont en syzygie.
Un passage reste une possibilité. Même dans la situation décrite par la syzygie, le texte de référence rend possibles une occultation, un transit ou une éclipse ; il ne les présente pas comme trois résultats automatiques et simultanés.
Supérieure ou inférieure ne s'applique pas à toute planète. Dans ce cadre, cette distinction concerne Mercure et Vénus, dont les orbites se trouvent en deçà de celle de la Terre. Pour classer leur conjonction, il faut comparer la position de la planète à celle du Soleil depuis la Terre.
Pour aller plus loin
La fiche Syzygie approfondit l'alignement des trois corps évoqué dans le cas où les deux objets partagent aussi la même déclinaison.
Les entrées opposition - astronomie - et quadrature - astronomie - prolongent la comparaison avec les autres configurations géométriques citées dans la définition.
La fiche éclipse développe l'un des phénomènes que peut rendre possible l'alignement associé à une syzygie.
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