Germain Sophie
Sophie Germain (1776-1831) est une mathématicienne française dont les recherches portent sur la théorie des nombres et les vibrations des plaques élastiques. Son nom reste notamment attaché aux nombres premiers p tels que 2p + 1 soit aussi premier.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer les étapes documentées du parcours de Sophie Germain.
- Relier ses recherches à l’élasticité et à la théorie des nombres.
- Tester sur un exemple si un nombre premier appartient à la famille qui porte son nom.
En clair
En 1794, à Paris, l’École polytechnique vient d’être créée, mais les femmes n’y sont pas admises. Sophie Germain envoie pourtant à Lagrange un travail d’analyse sous le nom masculin d’Antoine-Auguste Le Blanc. Cette voie détournée lui ouvre les milieux scientifiques.
Ses recherches relient deux mondes : les vibrations de plaques élastiques et les propriétés des nombres entiers. Un test très concret porte aujourd’hui son nom : un nombre premier p est dit de Sophie Germain lorsque 2p + 1 est encore premier.
Définition
Sophie Germain (1776-1831) est une mathématicienne française née dans une famille aisée de Paris. Son intérêt pour les mathématiques s’éveille pendant la Révolution française, lorsqu’elle se trouve confinée dans la demeure familiale et lit les ouvrages de la bibliothèque de son père. En 1794, l’École polytechnique nouvellement créée lui est interdite parce qu’elle est une femme. Elle transmet alors un travail d’analyse à Lagrange sous le pseudonyme d’Antoine-Auguste Le Blanc. Impressionné, Lagrange la fait entrer dans les milieux scientifiques.
Elle commence en 1804, sous le même pseudonyme, une correspondance avec Gauss. Celui-ci découvre son identité en 1806. Après deux échecs, elle remporte en 1816 le prix de l’Académie des sciences pour sa théorie mathématique des surfaces élastiques vibrantes. Elle devient la première femme à assister à titre personnel à une séance de l’Académie. Dans ce domaine, elle développe une théorie des vibrations des plaques élastiques fondée sur les équations différentielles.
En théorie des nombres, la source lui attribue le résultat suivant : si p est un nombre premier impair et si 2p + 1 est aussi premier, alors le premier cas du dernier théorème de Fermat est vrai pour l’exposant p : il n’existe pas de solution en entiers non nuls à x^p + y^p = z^p dans laquelle p ne divise aucun des trois entiers. Un nombre premier p satisfaisant le test de primalité de 2p + 1 est appelé nombre premier de Sophie Germain. La suite commence par 2, 3, 5, 11, 23, 29, 41, 53, 83, 89, 113 et 131.
Où on le rencontre
On rencontre Sophie Germain dans l’histoire des mathématiques françaises entre la Révolution et 1831. Quatre repères permettent de la situer : Paris et la bibliothèque paternelle, le pseudonyme Antoine-Auguste Le Blanc, ses échanges avec Lagrange puis Gauss, et le prix de l’Académie des sciences obtenu en 1816. Son nom demeure aussi visible dans deux contextes mathématiques : les plaques élastiques vibrantes et une famille de nombres premiers.
Le mode d'emploi
Pour situer une mention de Sophie Germain, il faut d’abord identifier ce qui est nommé. Premièrement, une date, le pseudonyme Le Blanc, Lagrange, Gauss ou l’Académie signalent généralement le parcours de la mathématicienne. Deuxièmement, une plaque, une surface vibrante ou une équation différentielle renvoie à ses travaux sur l’élasticité. Troisièmement, une paire formée de p et 2p + 1 renvoie à la famille de nombres premiers qui porte son nom. Enfin, une mention du théorème de Fermat concerne son apport en théorie des nombres.
Le piège consiste à prendre toute occurrence de « Sophie Germain » pour un renvoi biographique. Le bon réflexe est d’observer les objets voisins : une date situe la personne, tandis qu’un entier p annonce le critère arithmétique.
Un exemple, pas à pas
On veut déterminer si 11 est un nombre premier de Sophie Germain. Les données sont l’entier p = 11 et la règle qui demande de tester successivement p, puis 2p + 1.
1. Le nombre 11 est premier : ses seuls diviseurs positifs sont 1 et 11.
2. On calcule le second entier : 2 × 11 + 1 = 23.
3. Le nombre 23 est premier : aucun des nombres premiers 2 et 3, qui ne dépassent pas sa racine carrée, ne le divise. Les deux conditions sont donc satisfaites, et 11 est un nombre premier de Sophie Germain.
Un contrôle permet de voir pourquoi les deux tests sont nécessaires. Le nombre 13 est premier, mais 2 × 13 + 1 = 27, et 27 est divisible par 3. Ainsi, 13 n’appartient pas à cette famille.
En pratique
Dans un texte historique, on suit la chronologie pour distinguer les obstacles institutionnels de ses résultats scientifiques : 1794 correspond au travail envoyé à Lagrange, 1804 au début de la correspondance avec Gauss, 1806 à la révélation de son identité et 1816 au prix de l’Académie.
En arithmétique, on emploie le critère p puis 2p + 1 pour tester un nombre premier proposé. Si le second entier est composé, comme 27 pour p = 13, on écarte immédiatement le candidat.
Pour approfondir ses travaux plutôt que sa biographie, on choisit le domaine annoncé par le document : les plaques et les vibrations pour l’élasticité, les nombres premiers et Fermat pour la théorie des nombres.
À ne pas confondre
Sophie Germain et Antoine-Auguste Le Blanc. Il ne s’agit pas de deux mathématiciens : Le Blanc est le pseudonyme masculin utilisé par Sophie Germain pour envoyer son travail à Lagrange puis correspondre avec Gauss. Une lettre signée Le Blanc dans ce contexte appartient donc au parcours de Germain.
Sophie Germain et les nombres premiers de Sophie Germain. La première désignation nomme la personne ; la seconde nomme les nombres premiers p pour lesquels 2p + 1 est premier. Une date biographique concerne la mathématicienne, tandis qu’un test portant sur p concerne la famille de nombres.
Limites et pièges
Tester seulement p ne suffit pas. Le nombre 13 est premier, mais 2 × 13 + 1 = 27 est composé. Il faut toujours vérifier séparément la primalité des deux entiers.
La liste donnée n’est pas la définition. Les valeurs 2, 3, 5, 11, 23, 29, 41, 53, 83, 89, 113 et 131 ne sont que les premiers termes cités. Pour un autre entier, il faut revenir au critère 2p + 1 premier.
Une date doit rester attachée à son fait. L’année 1816 correspond au prix sur les surfaces élastiques vibrantes, et non au début de la correspondance avec Gauss, engagée en 1804. Pour éviter une fausse chronologie, il faut conserver chaque association.
Pour aller plus loin
L’article Les nombres de Sophie Germain prolonge le portrait par une exploration de la famille de nombres premiers qui porte son nom.
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