En 1905, un jeune employé du bureau des brevets de Berne (Suisse) publie une série d’articles dont trois, aux dires de son auteur à ses amis, sont « révolutionnaires ». L’histoire est connue : l’un de ces trois articles porte le titre Sur l’électrodynamique des corps en mouvement et, pour tout le monde, il marque la naissance de la relativité restreinte.
L’histoire est plus compliquée car à partir de 1895, Lorentz et Poincaré notamment ont cherché à résoudre les contradictions posées par les échecs successifs de la mise en évidence du mouvement de la Terre dans l’éther. La relativité restreinte va apporter une solution à ce problème.
Le principe de la relativité ----------------------------
L’idée de relativité s’est forgée au cours des siècles par un développement qui a soulevé de nombreux débats sur la nature des phénomènes. Avant le XXe siècle, l’espace et le temps sont les acteurs majeurs du principe de relativité. La première notion clé est le mouvement des objets. Aristote considère le mouvement comme absolu, ce qui entraine l’existence d’un observateur privilégié. Au Moyen Âge, les savants essayent de rattacher le caractère absolu de l’immobilité et du mouvement à un contexte expérimental. Le concept de relativité est toutefois véritablement découvert par Galilée (1564−1642), lui-même tenant de la théorie copernicienne. Nicolas Copernic (1473−1543) avait, en effet, commencé à rejeter l’idée d’un système de référence absolu. Mais Galilée va beaucoup plus loin encore : il affirme que le « vrai » mouvement n’existe pas, « le mouvement est comme rien ». Ainsi, aucune expérience effectuée en interne d’un système mécanique ne pourra en détecter le mouvement. C’était la relativité galiléenne, à laquelle s’ajoute le principe d’inertie, qui spécifie que tout corps abandonné à lui-même persiste dans son état de mouvement et obéit à la loi de composition des vitesses.
Il convient de formaliser ces principes par des relations mathématiques dans lesquelles intervient le temps. Le concept de temps avait retenu l’attention dans l’Antiquité, mais c’est la dynamique rationnelle de Newton qui le formalise comme une grandeur mesurable. En 1687, Isaac Newton dans ses Principia met en équation le principe d’inertie et, codifiant les conceptions de l’espace et du temps, il pose deux principes de base de sa mécanique. Le premier est celui de l’espace absolu : il existe un système d’axes privilégié de l’espace euclidien par rapport auquel les mouvements peuvent être qualifiés d’absolus. Le second affirme, de la même manière, l’existence d’un temps universel d’après lequel l’instant présent est le même, quel que soit le mouvement de l’observateur.