Passer au contenu principal
Histoire et culturePersonnage · Glossaire

Fermat Pierre de

Pierre de Fermat est un magistrat et mathématicien français du XVIIe siècle, qui fait surtout circuler ses résultats par lettres. Ses recherches touchent notamment la théorie des nombres et les probabilités. Il est surtout connu pour le Grand théorème de Fermat : pour un exposant entier supérieur à 2, aucun triplet d’entiers non nuls ne vérifie l’égalité où une puissance est la somme de deux puissances de même exposant.
Fermat Pierre de
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Situer Fermat dans le XVIIe siècle et dans ses échanges savants.
  • Relier ses travaux aux probabilités, à la géométrie analytique, à l’analyse et à la théorie des nombres.
  • Distinguer l’énoncé marginal de Fermat de la preuve complète d’Andrew Wiles.
  • Reconnaître les conditions exactes du Grand théorème de Fermat.

En clair

Au XVIIe siècle, à Toulouse, Pierre de Fermat partage sa vie entre sa charge de magistrat et les mathématiques. Il ne bâtit pas sa réputation par de nombreux livres : il échange surtout ses résultats par lettres avec Pascal, Roberval et Mersenne.
Ce travail à distance touche pourtant plusieurs domaines majeurs. Fermat renouvelle la théorie des nombres, participe à la naissance du calcul des probabilités et développe des idées de géométrie analytique, de calcul infinitésimal et d’optique.

Définition

Pierre de Fermat (1601-1665) est un magistrat français qui pratique les mathématiques en amateur éclairé. Conseiller au parlement de Toulouse après des études de droit, il diffuse surtout ses recherches dans sa correspondance avec Pascal, Roberval et Mersenne. Son œuvre concerne la théorie des nombres, les probabilités, la géométrie analytique, l’analyse infinitésimale et l’optique.
Avec Pascal, il contribue à donner au calcul des probabilités une forme mathématique rigoureuse et esquisse l’analyse combinatoire. Indépendamment de Descartes, il est à l’origine de la géométrie analytique. Sa méthode De maximis et minimis de 1629 adégale deux valeurs voisines d’une fonction, ne conserve que les termes du premier ordre et divise par le petit accroissement : cette démarche annonce le calcul différentiel. Fermat obtient aussi des formules d’aires pour la parabole et l’hyperbole, travaille sur les lieux géométriques et sur l’optimisation, notamment avec le point de Fermat d’un triangle.
En arithmétique, il reprend des questions grecques et ouvre une voie que prolongeront Euler et Gauss. Son énoncé le plus célèbre porte sur trois entiers non nuls, notés x, y et z, et sur un entier n supérieur à 2 : xn+yn=znx^n+y^n=z^n n’a alors aucune solution. Andrew Wiles établit en 1994 une preuve complète de ce résultat, appelé Grand théorème de Fermat, avec des méthodes postérieures à Fermat.

Où on le rencontre

On rencontre Pierre de Fermat dans l’histoire scientifique du XVIIe siècle, entre Toulouse et les réseaux de correspondance savante. Quatre indices permettent de le situer : sa fonction de conseiller au parlement, ses échanges avec Pascal, Roberval et Mersenne, la diversité de ses recherches et sa préférence pour les lettres plutôt que pour la publication.
Sa trace actuelle apparaît aussi dans des noms mathématiques : le Grand théorème de Fermat, démontré par Andrew Wiles en 1994, et le point de Fermat d’un triangle. Ces appellations renvoient à des résultats distincts, pas à une théorie unique.

Le mode d'emploi

Pour situer un résultat associé à Fermat, il faut lire séparément sa date, son domaine et son statut. 1. Repérez d’abord s’il s’agit de théorie des nombres, de probabilités, de géométrie, d’analyse ou d’optique. 2. Distinguez l’énoncé, la méthode et la preuve : ces mots ne décrivent pas la même contribution.
3. Associez chaque date au seul fait que la source lui rattache : 1629 à De maximis et minimis, 1994 à la preuve complète d’Andrew Wiles. 4. Vérifiez enfin si le résultat est personnel ou issu d’un échange, comme le travail sur les probabilités mené avec Pascal.
Le piège consiste à prendre un nom attaché à un résultat pour le récit complet de sa découverte. Le bon réflexe est de séparer l’idée de Fermat, sa circulation par lettres et les développements ultérieurs.

Un exemple, pas à pas

Prenons le Grand théorème de Fermat comme fil conducteur. Les données sont l’énoncé marginal de Fermat, l’équation portant sur des entiers non nuls, la condition que l’exposant entier soit supérieur à 2, puis la preuve complète obtenue par Andrew Wiles en 1994.
1. On nomme les trois entiers non nuls x, y et z, puis l’exposant entier n. L’énoncé étudié est : xn+yn=znx^n+y^n=z^n.
2. On applique la condition n supérieur à 2. Fermat affirme qu’aucun choix d’entiers non nuls ne satisfait alors l’égalité.
3. On distingue cette affirmation de sa démonstration : la note de Fermat annonce une preuve sans la livrer, tandis qu’Andrew Wiles établit une preuve complète en 1994 avec des méthodes bien plus tardives.
Le contrôle consiste à vérifier les trois éléments de portée — entiers, non nuls, exposant supérieur à 2 — puis à ne pas attribuer à la note marginale le contenu de la preuve moderne.

En pratique

Dans un récit sur le Grand théorème, relevez si le texte parle de l’énoncé de Fermat ou de la preuve d’Andrew Wiles. La date de 1994 et la mention de méthodes postérieures à Fermat signalent la seconde.
Dans l’histoire des probabilités, cherchez le nom de Pascal et la correspondance entre savants. Ce contexte fait préférer une lecture collective à l’image d’une découverte entièrement isolée.
Dans un chapitre sur les débuts de l’analyse, identifiez la méthode De maximis et minimis et l’adégalisation. Si le sujet porte plutôt sur les aires de la parabole ou de l’hyperbole, il s’agit du versant intégral de ses travaux.

À ne pas confondre

Le Grand théorème de Fermat est l’énoncé laissé par Fermat ; Andrew Wiles en a établi une preuve complète en 1994. La distinction porte sur l’énoncé historique et sa démonstration moderne, non sur deux appellations du résultat.
Le point de Fermat d’un triangle appartient à la géométrie et à l’optimisation. Il ne doit pas être confondu avec le Grand théorème, qui porte sur une équation en nombres entiers : l’objet étudié, triangle ou équation, suffit à les séparer.

Limites et pièges

Qualifier Fermat d’« amateur éclairé » décrit sa position hors d’une carrière de mathématicien professionnel ; cela n’efface ni ses études de droit, ni sa charge de magistrat, ni l’ampleur de ses recherches. Une lecture biographique doit conserver ces deux dimensions.
La condition n supérieur à 2 est indispensable au Grand théorème. Si elle disparaît, on ne cite plus exactement l’énoncé rapporté par la source ; il faut donc rétablir le domaine avant de conclure à l’absence de solutions entières non nulles.
La phrase notée dans la marge annonce une « merveilleuse démonstration », mais elle ne contient pas cette démonstration. La preuve complète de 1994 emploie des méthodes très postérieures : elle confirme l’énoncé sans reconstituer une preuve originale de Fermat.
Dire que Fermat est à l’origine de la géométrie analytique ne doit pas supprimer la précision « indépendamment de Descartes ». Cette mention évite de transformer une contribution parallèle en attribution exclusive.

Pour aller plus loin

Un exemple historique avec Fermat prolonge le portrait par un cas centré sur la circulation historique des mathématiques.
Quelques travaux d’Erdős en théorie des nombres ouvre sur un autre moment et d’autres méthodes de cette discipline.
Continuez avec Tangente

Explorez les mathématiques autrement

Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.

Découvrir les offres