Logique et ensemblesNotion · Glossaire
Kempe Alfred
Alfred Bray Kempe (1849-1922) est un mathématicien britannique, formé à Cambridge auprès d'Arthur Cayley, qui a travaillé sur les mécanismes et la géométrie. En 1879, il publie une démonstration du théorème des quatre couleurs, reconnue incorrecte par Percy Heawood en 1890, mais dont certaines idées ont contribué aux travaux ultérieurs. Il est aussi l'un des premiers à avoir formalisé le multiensemble, où les répétitions d'un élément comptent.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer la formation et les recherches mécaniques d'Alfred Kempe.
- Distinguer la publication de 1879 et l'erreur reconnue en 1890.
- Comprendre pourquoi une démonstration incorrecte peut garder une portée historique, sans confondre cet héritage avec une méthode informatique déjà présente.
- Reconnaître la différence entre ensemble et multiensemble par la multiplicité.
En clair
En 1872, à Cambridge, Alfred Kempe est un jeune mathématicien formé par Arthur Cayley. Il cherche alors à résoudre des équations en utilisant des dispositifs mécaniques, puis étudie comment des mécanismes articulés peuvent produire un mouvement rectiligne, utile notamment pour concevoir des pistons.
Son nom reste surtout attaché à une démonstration publiée en 1879 sur le théorème des quatre couleurs. Percy Heawood en montre l'erreur en 1890, mais les idées de Kempe ont continué à compter dans la démonstration assistée par ordinateur. Kempe a aussi contribué à formaliser le multiensemble, où des éléments peuvent être répétés.
Définition
Alfred Bray Kempe est un mathématicien britannique né en 1849 et mort en 1922. Diplômé en 1872 du Trinity College de Cambridge, il y est notamment l'élève d'Arthur Cayley. Son parcours est double : il choisit le droit ecclésiastique comme profession principale, tout en poursuivant des recherches mathématiques et en cultivant son intérêt pour la musique.
Ses premiers travaux portent sur les applications de la géométrie aux mécanismes. Il étudie en particulier des dispositifs articulés capables de produire un mouvement rectiligne, question liée à la conception des pistons. En 1872, il publie aussi un mémoire consacré à une méthode générale de résolution des équations de degré n par des moyens mécaniques.
En 1879, Kempe publie une démonstration du théorème des quatre couleurs. Percy Heawood en reconnaît l'incorrection en 1890. Cette démonstration n'est donc pas une preuve valide, mais elle a fourni des idées et des techniques reprises dans la démonstration assistée par ordinateur réalisée ultérieurement. Kempe est enfin considéré comme l'un des premiers à avoir formalisé la notion de multiensemble, c'est-à-dire une collection dans laquelle les répétitions sont prises en compte.
Un exemple, pas à pas
Prenons comme fil conducteur l'épisode de la démonstration du théorème des quatre couleurs. Les données historiques sont les suivantes : Kempe publie une démonstration en 1879 ; Percy Heawood en reconnaît l'erreur en 1890 ; la démonstration de Kempe reste néanmoins une source d'idées pour la suite.
1. En 1879, Kempe propose une démonstration du théorème des quatre couleurs.
2. Cette publication présente donc un raisonnement mathématique, et non une simple mention biographique.
3. En 1890, Heawood identifie une erreur dans cette démonstration.
4. La démonstration publiée en 1879 ne peut alors plus être retenue comme preuve correcte.
5. Pour voir l'enjeu du théorème, remplaçons une carte par ses régions A, B, C et D, et relions deux lettres lorsque les régions correspondantes se touchent : avec les liens A-B, B-C, C-D, D-A et A-C, attribuez des couleurs en imposant que deux régions reliées aient des couleurs différentes. Une solution consiste à donner une couleur à A, une deuxième à C, et une troisième, commune, à B et D ; le contrôle se fait en vérifiant chaque lien. Le théorème demande la même règle pour toute carte plane, avec au plus quatre couleurs.
6. Les idées et les techniques de Kempe conservent toutefois un rôle dans la démonstration assistée par ordinateur réalisée ultérieurement. L'épisode distingue ainsi une preuve réfutée de l'intérêt durable d'une méthode de recherche.
2. Cette publication présente donc un raisonnement mathématique, et non une simple mention biographique.
3. En 1890, Heawood identifie une erreur dans cette démonstration.
4. La démonstration publiée en 1879 ne peut alors plus être retenue comme preuve correcte.
5. Pour voir l'enjeu du théorème, remplaçons une carte par ses régions A, B, C et D, et relions deux lettres lorsque les régions correspondantes se touchent : avec les liens A-B, B-C, C-D, D-A et A-C, attribuez des couleurs en imposant que deux régions reliées aient des couleurs différentes. Une solution consiste à donner une couleur à A, une deuxième à C, et une troisième, commune, à B et D ; le contrôle se fait en vérifiant chaque lien. Le théorème demande la même règle pour toute carte plane, avec au plus quatre couleurs.
6. Les idées et les techniques de Kempe conservent toutefois un rôle dans la démonstration assistée par ordinateur réalisée ultérieurement. L'épisode distingue ainsi une preuve réfutée de l'intérêt durable d'une méthode de recherche.
Le contrôle consiste à associer chaque date à un événement précis : 1879 correspond à la publication de la démonstration de Kempe, tandis que 1890 correspond à la reconnaissance de son erreur par Heawood. Il ne faut pas fusionner ces deux événements sous une seule date.
En pratique
Pour lire la fiche sans réduire Kempe à l'épisode des quatre couleurs, repérez trois fils : sa formation à Cambridge, ses recherches sur les mécanismes et la notion de multiensemble. Cette mise en relation permet de comprendre un parcours scientifique plutôt qu'une seule controverse.
Le lien entre géométrie et mécanique se vérifie en suivant la question du mouvement rectiligne : elle relie un problème de mécanisme articulé à la conception des pistons. La fiche donne ainsi un usage concret à ce volet du parcours.
À propos des quatre couleurs, gardez deux questions distinctes : que publie Kempe en 1879, puis quel statut reste à cette démonstration après 1890 ? Cette vérification empêche de confondre une publication, une erreur reconnue et la portée historique de travaux ultérieurs.
Le multiensemble offre enfin un test de précision sur les collections : lorsque les répétitions comptent, la notion ne se lit pas comme un simple ensemble. Ce dernier repère met en relation le vocabulaire de la fiche et la question concrète des occurrences.
À ne pas confondre
Une démonstration incorrecte et une démonstration inutile. La démonstration publiée par Kempe en 1879 est reconnue comme incorrecte par Heawood en 1890, mais ses idées et ses techniques ont conservé une utilité historique pour la démonstration assistée par ordinateur. Le cas qui tranche est donc l'existence d'une erreur dans la preuve, non l'absence totale d'apport mathématique.
Un ensemble et un multiensemble. Dans un ensemble, répéter un élément ne crée pas un nouvel élément ; dans un multiensemble, la multiplicité des occurrences est prise en compte. Le test consiste à demander si la collection [[a, a, b]] doit conserver deux occurrences de a : oui pour un multiensemble, non pour un ensemble au sens usuel.
Limites et pièges
Le piège principal est d'attribuer à Kempe une preuve définitive du théorème des quatre couleurs. Le symptôme est une phrase qui s'arrête à la publication de 1879 ; il faut y ajouter que Percy Heawood en a reconnu l'incorrection en 1890.
Un second piège concerne la portée historique de l'héritage. Dire que certaines idées et techniques de Kempe ont compté dans la démonstration assistée par ordinateur réalisée ultérieurement ne signifie ni que sa démonstration contenait déjà cette méthode, ni qu'il en avait anticipé la forme informatique. Dans cette fiche, cet héritage reste donc borné à une portée historique : aucun outil précis n'est détaillé, et la validation complète du théorème est réservée à la démonstration ultérieure.
La chronologie appelle aussi une vigilance particulière. 1872 renvoie au diplôme de Cambridge et au mémoire sur les équations mécaniques ; 1879 renvoie à la publication de la démonstration du théorème des quatre couleurs ; 1890 renvoie à la reconnaissance de l'erreur par Heawood. Ces repères ne décrivent pas un seul événement répété.
Enfin, le mot « ensemble » peut masquer une différence de structure. Si une collection doit conserver le nombre d'occurrences de chaque élément, l'ensemble ordinaire ne suffit pas pour cette lecture ; il faut employer la notion de multiensemble.
Pour aller plus loin
Le théorème des quatre couleurs permet de prolonger l'épisode central de Kempe et de replacer sa démonstration dans la notion mathématique qu'elle cherchait à traiter.
L'article Colorier les pavés du plan apporte une entrée concrète par le coloriage et les configurations du plan, utile pour poursuivre la réflexion sur les couleurs.
La fiche Cayley Arthur éclaire le maître de Kempe au Trinity College de Cambridge et complète le volet biographique de cette notice.
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