Passer au contenu principal
GéométrieNotion · Glossaire

Külp (quartique de)

La quartique de Külp désigne une courbe algébrique plane de degré quatre. Son équation propre, nécessaire pour la distinguer des autres quartiques et déterminer ses symétries ou ses singularités, n'est pas disponible dans cette fiche. Le parcours explique donc ce que signifie « quartique » et montre ces contrôles sur un modèle séparé, sans attribuer à la courbe de Külp les résultats de ce modèle.
Approximation polygonale de la quartique modèle x puissance quatre plus y puissance quatre égale un Une polyline rouge symétrique, obtenue par échantillonnage de la quartique modèle, passe par quatre points jaunes situés sur les axes aux coordonnées plus ou moins un. x y −1 1
La quartique modèle passe par (±1, 0) et (0, ±1) ; ses quatre symétries se lisent dans le repère.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Reconnaître une équation homogène de degré quatre.
  • Comprendre pourquoi les symétries et les singularités ne se déterminent pas sans l'équation propre de la courbe.
  • Vérifier pas à pas le degré et la régularité d'une quartique modèle.
  • Éviter de déduire le genre ou l'identité d'une courbe de son seul degré.

En clair

Imaginez une courbe tracée par tous les points dont les coordonnées satisfont une même équation. Pour une quartique, les produits de coordonnées les plus longs comportent quatre facteurs : par exemple, x4 ou x2y2.
La quartique de Külp est une courbe particulière de cette famille, mais le degré quatre ne suffit pas à l'identifier. Sans son équation propre, ses symétries et ses éventuels points singuliers — où la courbe ne se comporte pas localement comme un trait lisse ordinaire — ne peuvent pas être déterminés ici.

Définition

La quartique de Külp est une courbe algébrique du plan projectif. Elle est décrite par l'annulation d'un polynôme homogène F en trois coordonnées, notées X, Y et Z. « Homogène de degré quatre » signifie que chaque monôme de F a un degré total égal à quatre. L'équation s'écrit : F(X,Y,Z)=0,degF=4F(X,Y,Z)=0,\qquad \deg F=4
L'homogénéité rend l'équation compatible avec les coordonnées projectives : multiplier simultanément X, Y et Z par un même nombre non nul ne change pas le point représenté. Dans une vue affine où Z vaut 1, on obtient une équation en deux coordonnées. Cette vue ne montre toutefois pas les éventuels points situés à l'infini.
Un point de la courbe est singulier lorsque F et ses trois dérivées partielles s'y annulent. Sans une équation homogène explicite de la quartique de Külp, cette fiche ne peut affirmer ni le nombre, ni les coordonnées, ni même la présence de tels points, et elle ne peut pas non plus établir ses symétries. Le genre géométrique est un invariant de la courbe après prise en compte de ses éventuelles singularités ; il ne se déduit donc pas du seul mot « quartique ».

Un exemple, pas à pas

Prenons comme modèle de calcul une quartique simple, distincte d'une identification complète de la quartique de Külp. Les données sont les coordonnées projectives X, Y, Z et le polynôme F défini par :
F(X,Y,Z)=X4+Y4Z4F(X,Y,Z)=X^4+Y^4-Z^4
1. Chaque terme a le degré total quatre. Le polynôme est donc homogène de degré quatre.
2. Dans la vue affine Z = 1, l'équation devient x4 + y4 = 1. Les points (1, 0), (0, 1), (−1, 0) et (0, −1) la satisfont exactement.
3. Les trois dérivées partielles sont 4X3, 4Y3 et −4Z3. Leur annulation simultanée imposerait X = Y = Z = 0, triplet qui ne représente aucun point projectif. Cette quartique modèle est donc sans point singulier.
Le contrôle est refaisable : substituer chacun des quatre points dans l'équation donne 1. La figure matérialise cette symétrie et rappelle qu'une courbe de degré quatre peut être régulière ; les singularités de la quartique de Külp exigent son équation propre pour être localisées.

En pratique

Pour reconnaître une quartique donnée par une équation homogène, on additionne les exposants dans chaque monôme. Si tous les termes ont le degré total quatre, l'équation définit bien une courbe quartique, sous réserve qu'elle ne soit pas seulement présentée sous une forme artificiellement multipliée.
Pour étudier le tracé près d'un point, on teste les dérivées partielles. Si elles ne s'annulent pas toutes, le point est régulier. Si elles s'annulent avec le polynôme, une analyse locale remplace la simple lecture du dessin.
Pour comparer deux présentations d'une même courbe, la silhouette ne suffit pas. On examine l'équation homogène et les changements de coordonnées autorisés ; une vue affine peut masquer un point à l'infini.

À ne pas confondre

Une quartique est une courbe définie par une équation de degré quatre ; une équation quartique à une inconnue est un problème de recherche de racines. Le critère décisif est l'objet étudié : ensemble de points du plan dans le premier cas, valeurs d'une seule inconnue dans le second.
La quartique de Külp ne désigne pas toute courbe quartique. Une équation comme X4 + Y4 − Z4 = 0 fournit bien une quartique, mais cela ne suffit pas à l'identifier à celle de Külp. Il faut disposer de son équation propre ou de caractéristiques qui la déterminent.

Limites et pièges

Le degré apparent peut tromper lorsqu'une équation a été multipliée par un facteur superflu. Le symptôme est une factorisation qui ajoute une composante entière. Il faut alors distinguer la courbe définie par l'équation complète de la composante que l'on voulait réellement étudier.
Une fenêtre affine peut cacher des points à l'infini. Pour éviter cette perte, on homogénéise l'équation puis on examine aussi les solutions avec Z = 0.
La symétrie visible d'un tracé numérique dépend de la fenêtre et de l'échantillonnage. Elle ne prouve pas une symétrie algébrique. Le bon contrôle consiste à appliquer la transformation supposée aux coordonnées et à vérifier l'effet sur le polynôme homogène.
Enfin, le degré quatre ne fixe pas à lui seul le genre géométrique. La présence de singularités change l'invariant pertinent ; il faut d'abord les identifier et les analyser.

Pour aller plus loin

L'étape suivante consiste à partir d'une équation homogène explicite de la quartique de Külp, puis à résoudre simultanément l'équation et celles de ses dérivées partielles. Cette démarche localise les points singuliers au lieu de les déduire d'un dessin.
On peut ensuite étudier chaque singularité localement et relier ces informations au genre géométrique. Cette analyse distingue les propriétés dues au degré quatre de celles qui dépendent de la configuration particulière de la courbe.
Continuez avec Tangente

Explorez les mathématiques autrement

Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.

Découvrir les offres