Logique et ensemblesNotion · Glossaire
numéro Sosa
En généalogie ascendante, la numérotation Sosa attribue à chaque place d’ancêtre direct un numéro à partir d’une personne de référence, numérotée 1. Pour toute place n, celle du père est 2n et celle de la mère 2n+1, ce qui permet de retrouver la position d’un ancêtre dans l’ascendance. En cas d’implexe, une même personne peut occuper plusieurs places et donc porter plusieurs numéros Sosa.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Attribuer les numéros 1 à 7 aux trois premières générations de l’exemple.
- Calculer le numéro du père ou de la mère d’un ancêtre à partir de son numéro.
- Décoder le chemin 1 → 3 → 7 → 14 et contrôler le résultat par la parité.
- Distinguer une place Sosa d’un identifiant personnel unique.
- Traiter correctement l’implexe, le changement de référence et une place inconnue.
En clair
Imaginez un arbre généalogique qui part de Camille. Camille reçoit le numéro 1, son père le 2 et sa mère le 3. À chaque remontée, le numéro du père est le double de celui de son enfant ; celui de la mère vaut ce double augmenté de 1. Les numéros 4 à 7 repèrent donc les quatre grands-parents. Cette règle donne à chaque place de l’ascendance un numéro que l’on peut retrouver sans recompter tout l’arbre.
Définition
La numérotation Sosa identifie les places occupées par les ancêtres directs d’une personne choisie comme référence. Cette personne porte le numéro 1. Son père porte le numéro 2 et sa mère le numéro 3 ; leurs propres parents occupent ensuite les places 4 à 7. Le système ne numérote donc pas tous les membres d’une famille, mais uniquement les branches ascendantes issues de la référence.
Pour une personne dont le numéro est désigné par la lettre n, le père reçoit et la mère . Il en résulte que tout numéro pair correspond à une place paternelle, tandis que tout numéro impair supérieur à 1 correspond à une place maternelle. La règle peut être répétée autant de fois que l’ascendance connue le permet.
Le procédé est attribué dans la source à Michel Eyzinger en 1590, puis à Jérôme de Sosa en 1676, avant sa reprise par Kerule von Stradonitz au XIXe siècle. Un numéro décrit une place dans l’arbre, pas nécessairement une personne unique : dans un implexe, le même ancêtre occupe plusieurs chemins d’ascendance et reçoit donc plusieurs numéros Sosa.
Un exemple, pas à pas
Camille est la personne de référence. Les données de départ sont les suivantes : Camille porte le numéro 1 ; son père et sa mère occupent les deux places parentales ; les quatre grands-parents occupent les places de la génération suivante. Le schéma matérialise ces sept places avant de prolonger une branche.
1. À partir de Camille, on double 1 pour obtenir le numéro du père : . La mère reçoit le nombre suivant, 3.
2. Pour les parents du père, on part de 2 : son père porte 4 et sa mère 5. Pour les parents de la mère, on part de 3 : son père porte 6 et sa mère 7.
3. Cherchons maintenant le père de la grand-mère maternelle, qui porte le numéro 7. La règle donne . Cet arrière-grand-père occupe donc la place Sosa 14.
Le contrôle se fait en sens inverse : 14 est pair, donc cette place est bien celle d’un père, et sa division par 2 ramène à la place 7. Le chemin 1 → 3 → 7 → 14 se lit ainsi : mère, puis mère, puis père.
En pratique
Pour construire une ascendance, commencez par fixer clairement la personne de référence au numéro 1. À chaque ancêtre connu, appliquez ensuite la même règle : double pour le père, double augmenté de 1 pour la mère.
Pour lire un numéro existant, observez d’abord sa parité. Un numéro pair indique une place paternelle ; un numéro impair supérieur à 1 indique une place maternelle. En revenant plusieurs fois vers le nombre précédent, on reconstitue le chemin jusqu’à la référence.
Lorsque le but est de repérer tous les membres d’une famille, y compris les collatéraux, cette numérotation n’est pas le bon périmètre : elle décrit les seuls ancêtres directs. En présence d’un implexe, conservez tous les numéros associés au même ancêtre, car chacun représente un chemin différent dans l’ascendance.
À ne pas confondre
Numéro Sosa et numéro de génération. Le numéro Sosa repère une place précise, tandis qu’une génération regroupe plusieurs places. Dans l’exemple, les numéros 4, 5, 6 et 7 appartiennent tous à la génération des grands-parents.
Place dans l’arbre et identifiant unique d’une personne. Un numéro Sosa appartient à un chemin d’ascendance. Si un même ancêtre réapparaît par deux branches, l’implexe lui donne plusieurs numéros : le numéro n’est donc pas un identifiant personnel unique.
Ascendance directe et parenté entière. Un frère, une tante, un conjoint ou un descendant peut figurer dans une généalogie sans recevoir de numéro Sosa par rapport à Camille. Le test est simple : la personne doit se trouver sur une chaîne continue de parents remontant depuis la référence.
Limites et pièges
Implexe. Deux branches peuvent aboutir au même ancêtre. Le symptôme est la présence d’une même personne sous plusieurs numéros Sosa ; il faut conserver ces numéros au lieu de fusionner les places, car ils enregistrent des chemins distincts.
Changement de référence. Les numéros dépendent du numéro 1. Si Camille n’est plus la personne de référence, toute la numérotation doit être recalculée ; un numéro Sosa isolé n’a donc de sens qu’avec sa référence.
Parent inconnu. La règle détermine une place, mais elle ne fournit pas l’identité de la personne qui l’occupe. Une place Sosa peut rester sans nom dans une ascendance incomplète ; il ne faut pas transformer le numéro calculable en ancêtre attesté.
Lecture trop rapide de la parité. Le numéro 1 est impair, mais il représente la référence et non sa mère. Le critère « impair = place maternelle » ne s’applique qu’aux numéros supérieurs à 1.
Pour aller plus loin
La numérotation révèle une structure par générations. Si la référence forme la génération 0, les numéros de la génération g vont de 2g à 2g+1 − 1. La génération des grands-parents, pour laquelle g vaut 2, va ainsi de 4 à 7.
Cette organisation permet aussi d’estimer la profondeur d’un numéro sans dessiner l’arbre : 14 se situe entre 8 et 15, donc à la troisième génération au-dessus de Camille. La parité précise ensuite que la dernière étape du chemin mène à un père.
L’histoire donnée par la source montre enfin une transmission en plusieurs reprises : Michel Eyzinger en 1590, Jérôme de Sosa en 1676, puis Kerule von Stradonitz au XIXe siècle. La règle actuelle demeure attachée au nom de Sosa.
Explorez les mathématiques autrement
Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.
Découvrir les offres
