AlgèbreNotion · Glossaire
Ore Oystein
Oystein Ore est un mathématicien norvégien dont le nom est attaché aux anneaux et aux extensions d’Ore en algèbre, ainsi qu’à un théorème de théorie des graphes. Pour tout graphe simple fini d’au moins trois sommets, ce théorème garantit un cycle hamiltonien lorsque, pour chaque paire de sommets non adjacents, la somme de leurs degrés est au moins égale au nombre total de sommets.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer les étapes documentées de la carrière d'Oystein Ore.
- Distinguer anneaux d'Ore, extensions d'Ore et théorème de Ore.
- Vérifier la condition d'hamiltonicité sur un graphe à six sommets.
- Comprendre pourquoi cette condition est suffisante sans être nécessaire.
En clair
En 1924, à Oslo, Oystein Ore achève un doctorat dirigé par Thoralf Skolem. Il rejoint ensuite Göttingen, où travaille Emmy Noether, puis Yale en 1927. Ce parcours relie trois lieux importants de sa formation et de sa carrière.
Son nom se rencontre aujourd'hui dans plusieurs branches : les anneaux et extensions d'Ore en algèbre, ainsi qu'un théorème sur les cycles qui passent par tous les sommets d'un graphe. Ore a également rendu l'histoire des mathématiques accessible par ses biographies de Cardan et d'Abel.
Définition
Oystein Ore (1899-1968) est un mathématicien norvégien principalement associé à l'algèbre et à la théorie des graphes. Après son doctorat obtenu à Oslo en 1924 sous la direction de Thoralf Skolem, il travaille à Göttingen auprès d'Emmy Noether. Recruté à Yale en 1927, il y devient professeur titulaire et y reste jusqu'à sa retraite.
En algèbre, son nom désigne les anneaux d'Ore, dans lesquels des fractions peuvent être construites sous des hypothèses adaptées au cadre non commutatif. Il désigne aussi les extensions d'Ore, qui généralisent les polynômes lorsque les coefficients et l'indéterminée ne commutent pas de la manière ordinaire. Ses travaux touchent également les correspondances de Galois. Avec Emmy Noether, il publie en 1930 les œuvres complètes de Dedekind.
En théorie des graphes, le théorème de Ore concerne un graphe simple fini comportant un nombre de sommets noté n, avec n au moins égal à 3. Pour chaque paire de sommets distincts non reliés, notés u et v, on additionne leurs nombres d'arêtes incidentes, appelés degrés. Si pour toute paire non reliée, alors le graphe possède un cycle hamiltonien, c'est-à-dire un cycle qui visite chaque sommet exactement une fois avant de revenir au départ. Cette condition est suffisante, mais elle n'est pas nécessaire. Ore a aussi écrit des biographies accessibles de Cardan et d'Abel.
Un exemple, pas à pas
Considérons le graphe biparti complet K3,3. Ses données sont les suivantes : six sommets, répartis en deux groupes {A1, A2, A3} et {B1, B2, B3}, et une arête entre chaque sommet A et chaque sommet B. Il comporte donc neuf arêtes.
1. Chaque sommet est relié aux trois sommets de l'autre groupe. Son degré vaut donc 3.
2. Deux sommets ne sont pas reliés exactement lorsqu'ils appartiennent au même groupe. Pour toute paire de ce type, la somme des degrés vaut .
3. Le graphe a six sommets : la somme obtenue est donc égale à n. Toutes les paires non reliées satisfont la condition du théorème de Ore.
4. Le cycle A1–B1–A2–B2–A3–B3–A1 fournit le résultat annoncé. Le contrôle consiste à vérifier que chacun des six sommets apparaît une fois et que chaque paire successive est reliée.
En pratique
Pour situer Oystein Ore dans l'histoire des mathématiques, on suit trois repères sûrs : Oslo en 1924, Yale à partir de 1927 et la publication des œuvres de Dedekind en 1930. Si une date plus précise n'est pas donnée, mieux vaut conserver cette chronologie limitée que la déduire.
En algèbre, le vocabulaire indique l'objet étudié. La possibilité de former des fractions oriente vers les anneaux d'Ore ; des polynômes dans un cadre non commutatif orientent vers les extensions d'Ore. Le critère observable est donc la construction en jeu, et pas seulement la présence du nom Ore.
Pour un graphe, le théorème de Ore offre un certificat d'hamiltonicité. On examine toutes les paires de sommets non reliés et on compare la somme de leurs degrés au nombre total de sommets. Si le test échoue, il faut chercher directement un cycle ou employer un autre critère : l'échec ne prouve pas l'absence de cycle hamiltonien.
À ne pas confondre
Oystein Ore et un anneau d'Ore. Le premier est le mathématicien né en 1899 ; le second est un objet algébrique auquel son nom est attaché. Une phrase qui décrit une carrière parle de la personne, tandis qu'une phrase sur la construction de fractions parle de l'anneau.
Anneau d'Ore et extension d'Ore. Le critère distinctif est l'objet construit. L'anneau d'Ore est lié à la formation de fractions ; l'extension d'Ore généralise un anneau de polynômes dans un cadre non commutatif.
Théorème de Ore et correspondances de Galois. Le théorème cité ici teste des degrés de sommets dans un graphe afin de garantir un cycle hamiltonien. Les correspondances de Galois appartiennent à l'algèbre. La présence de sommets et d'arêtes tranche immédiatement entre les deux contextes.
Limites et pièges
Une condition suffisante n'est pas une équivalence. Dans un cycle à cinq sommets, chaque sommet a le degré 2. Deux sommets non reliés ont donc une somme des degrés égale à 4, inférieure à 5, alors que le graphe est lui-même un cycle hamiltonien. L'échec du critère de Ore n'autorise donc aucune conclusion négative.
Toutes les paires non reliées doivent être contrôlées. Vérifier une seule paire favorable ne suffit pas. Le symptôme d'un raisonnement incomplet est l'absence d'inventaire des paires ; il faut tester chacune d'elles ou établir un argument qui les couvre toutes.
Le cadre du théorème compte. L'énoncé utilisé porte sur un graphe simple fini d'au moins trois sommets. En présence de boucles, d'arêtes multiples ou d'un graphe infini, il faut reformuler le problème dans un cadre adapté avant d'appliquer un critère d'hamiltonicité.
Le nom d'Ore couvre plusieurs domaines. Une référence isolée à « Ore » ne permet pas de déduire qu'il s'agit du théorème de graphes. Les mots voisins — fractions, polynômes non commutatifs, Galois, sommets ou arêtes — doivent déterminer le contexte.
Pour aller plus loin
Noether Emmy permet de replacer la période de Göttingen et la collaboration autour des œuvres de Dedekind dans un autre parcours majeur de l'algèbre.
Galois Evariste ouvre le contexte historique de la théorie à laquelle se rattachent les correspondances étudiées par Ore.
Balades dans le graphe divisoriel montre un autre terrain où sommets, arêtes et parcours organisent une question mathématique.
Explorez les mathématiques autrement
Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.
Découvrir les offres
