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AnalyseMéthode · Glossaire

Richardson (méthode de)

La méthode de Richardson résout un système linéaire en partant d’une estimation, puis en la corrigeant à partir du résidu, c’est-à-dire de l’écart encore laissé dans les équations. Son paramètre de relaxation, noté ω\omega, règle l’ampleur de chaque correction.
Décroissance de l’erreur dans l’itération de Richardson Quatre barres de hauteurs 240, 120, 60 et 30 montrent que l’erreur est divisée par deux à chaque étape. x₀ : 1 x₁ : 1/2 x₂ : 1/4 x₃ : 1/8
Dans l’exemple, l’erreur sur la première coordonnée passe exactement de 1 à 1/2, puis à 1/4 et à 1/8.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le rôle du résidu et du paramètre de relaxation.
  • Appliquer l’itération à un système diagonal à deux inconnues.
  • Tester la convergence avec le rayon spectral.
  • Distinguer l’itération de Richardson de l’extrapolation homonyme.

En clair

On cherche deux nombres qui satisfont simultanément deux équations. Au lieu de les trouver d’un coup, on part d’une estimation, on mesure l’écart restant dans chaque équation, puis on corrige cette estimation. La méthode de Richardson répète ce geste jusqu’à ce que l’écart devienne suffisamment petit.
Le réglage appelé paramètre de relaxation détermine la taille de chaque correction. Trop mal choisi, il peut ralentir les progrès ou faire diverger les estimations. Bien choisi, il réduit régulièrement l’erreur.

Définition

La méthode de Richardson résout de manière itérative un système linéaire dont la matrice est notée AA, le vecteur inconnu xx et le second membre bb. À partir d’une estimation initiale, notée x0x_0, elle calcule le résidu, c’est-à-dire l’écart bAxkb-Ax_k laissé à l’étape numéro kk, puis ajoute une fraction de cet écart à l’estimation courante.
Le paramètre de relaxation est noté ω\omega. L’erreur est multipliée à chaque étape par la matrice d’itération IωAI-\omega A, où II désigne la matrice identité. La suite converge depuis toute estimation initiale lorsque le rayon spectral de cette matrice, c’est-à-dire le plus grand module de ses valeurs propres, est strictement inférieur à 1.
Dans la version stationnaire, ω\omega reste fixe. Dans une version dynamique, sa valeur change avec l’itération. Un choix optimal dépend du spectre de AA et cherche à minimiser le rayon spectral, donc le facteur asymptotique de réduction de l’erreur.

Le principe

On dispose de la matrice AA, du second membre bb, d’une estimation initiale x0x_0 et d’un paramètre de relaxation ω\omega. Pour chaque entier k0k\geq 0, la règle est :
xk+1=xk+ω(bAxk)x_{k+1}=x_k+\omega\left(b-Ax_k\right)
On s’arrête lorsque le résidu est assez petit pour la précision recherchée. Si ρ(IωA)<1\rho\left(I-\omega A\right)\lt 1, où ρ\rho désigne le rayon spectral, les estimations convergent vers la solution du système.

Quand l'utiliser

La méthode s’applique à un système linéaire Ax=bAx=b. Il faut pouvoir calculer le produit de la matrice AA par un vecteur, choisir une estimation initiale et fixer, ou adapter, le paramètre de relaxation ω\omega. Lorsque ω\omega est fixe, le critère vérifiable de convergence depuis toute estimation initiale est ρ(IωA)<1\rho\left(I-\omega A\right)\lt 1. Une version dynamique exige une analyse distincte de la suite des matrices d’itération.
Si ce rayon spectral vaut 1 ou le dépasse, la garantie disparaît : certaines composantes de l’erreur peuvent persister ou croître. Il faut alors changer ω\omega, employer une version dynamique convenablement réglée, ou choisir une autre méthode de résolution. Un petit résidu fournit le point d’arrêt pratique, mais sa tolérance doit correspondre à la précision attendue.

Un exemple, pas à pas

Résolvons un système à deux inconnues. La matrice est diagonale, avec 2 et 4 sur sa diagonale ; le second membre a pour coordonnées 2 et 8. On part du vecteur nul et on choisit le paramètre ω=1/4\omega=1/4.
A=(2004),b=(28),x0=(00)A=\begin{pmatrix}2&0\\0&4\end{pmatrix},\quad b=\begin{pmatrix}2\\8\end{pmatrix},\quad x_0=\begin{pmatrix}0\\0\end{pmatrix}
1. Le premier résidu est égal au second membre. La première correction donne x1=(1/2,2)x_1=\left(1/2,2\right).
2. Le nouveau résidu vaut bAx1=(1,0)b-Ax_1=\left(1,0\right). On obtient donc x2=(3/4,2)x_2=\left(3/4,2\right).
3. L’itération suivante donne x3=(7/8,2)x_3=\left(7/8,2\right). La seconde coordonnée est exacte dès la première étape ; l’erreur de la première est divisée par 2 à chaque correction.
La solution exacte est x=(1,2)x=\left(1,2\right). Le contrôle consiste à multiplier : Ax=(2,8)=bAx=\left(2,8\right)=b. Ici, la matrice d’itération a pour valeurs propres 1/21/2 et 0 ; son rayon spectral vaut donc 1/2<11/2\lt 1.

En pratique

Pour un grand système, chaque étape demande surtout de calculer un produit matrice-vecteur et un résidu. Cette structure rend la méthode intéressante lorsque ce produit est peu coûteux et que l’on accepte une solution approchée.
On surveille le résidu après chaque correction. S’il diminue avec une régularité suffisante, on poursuit jusqu’à la tolérance fixée ; s’il stagne ou augmente, on revoit le paramètre de relaxation au lieu d’accumuler des itérations inutiles.
Un paramètre fixe convient lorsque le spectre est assez bien encadré pour garantir la convergence. Une version dynamique devient préférable lorsque l’on veut ajuster la taille des corrections au fil du calcul.

À ne pas confondre

L’itération de Richardson et l’extrapolation de Richardson. La première corrige un vecteur à l’aide du résidu d’un système Ax=bAx=b. La seconde accélère une suite d’approximations en éliminant un terme d’erreur dominant. Un calcul qui combine des approximations obtenues avec plusieurs pas relève de l’extrapolation, pas de l’itération décrite dans cette fiche.
Paramètre stationnaire et paramètre dynamique. Ce ne sont pas deux noms pour un même réglage : dans le premier cas, ω\omega garde la même valeur à toutes les étapes ; dans le second, il dépend de l’étape. Il suffit donc de vérifier si la taille de correction change au cours du calcul.

Limites et pièges

Seuil de convergence. La condition porte sur une inégalité stricte. Un rayon spectral égal à 1 n’est pas « presque convergent » au sens du critère : une composante de l’erreur peut ne pas décroître. Il faut modifier le paramètre ou la méthode.
Correction trop agressive. Augmenter ω\omega n’accélère pas automatiquement le calcul. Si ce choix porte ρ(IωA)\rho\left(I-\omega A\right) à 1 ou au-delà, les résidus cessent de décroître régulièrement. Il faut choisir le paramètre à partir du spectre, et non de sa seule grandeur apparente.
Résidu et erreur. Le résidu mesure le défaut dans les équations ; il n’est pas, en général, le vecteur d’erreur lui-même. Pour éviter une conclusion trompeuse, le seuil d’arrêt doit être relié à la précision recherchée et au comportement de la matrice.

Pour aller plus loin

Le rayon spectral fournit le critère qui décide si l’erreur est contractée par la matrice d’itération.
La notion de valeur propre permet de comprendre comment chaque direction propre de l’erreur est amplifiée ou réduite à chaque étape.
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