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AnalyseMéthode · Glossaire

Itérative (méthode)

Une méthode itérative est une méthode numérique qui cherche une solution en construisant une suite d'approximations : à partir d'une valeur initiale, elle applique plusieurs fois une même règle de mise à jour. Elle permet de traiter des problèmes pour lesquels un calcul direct est impraticable ; sa convergence et la validité du critère d'arrêt doivent être établies sous des hypothèses adaptées au problème et à la règle choisie.
Quatre étapes numériques convergent de 1 vers une approximation de la racine carrée de 2. Les valeurs x zéro égale 1, x un égale 1,5, x deux environ 1,4166667 et x trois environ 1,4142157 sont reliées dans cet ordre. Le résidu final, environ 0,0000060, est inférieur à 0,00001 : arrêt. x₀ 1 x₁ 1,5 x₂ ≈ 1,4166667 x₃ ≈ 1,4142157 résidu ≈ 0,0000060 inférieur à 0,00001 : arrêt
Chaque application de la même mise à jour rapproche l'estimation de √2 ; le résidu final passe sous 0,00001.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier les éléments d'une méthode itérative : point initial, mise à jour et arrêt.
  • Reconnaître une condition suffisante de convergence par contraction.
  • Suivre trois itérations de Newton pour approcher √2 et contrôler le résidu.
  • Distinguer une méthode itérative d'une méthode directe et d'un algorithme récursif.

En clair

Imaginez que vous cherchiez √2 sans disposer d'une réponse toute faite. Vous partez de 1, puis une même recette transforme chaque estimation en une meilleure : 1 devient 1,5, puis environ 1,4167, puis 1,4142.
Une méthode itérative avance ainsi par corrections successives. Elle ne promet pas que toute recette fonctionne : il faut vérifier que les valeurs se rapprochent bien d'une solution et décider quand l'approximation est assez précise.

Définition

Une méthode itérative construit une suite d'approximations. La valeur initiale est notée x0. Une fonction de mise à jour, notée F, produit ensuite chaque nouvelle valeur à partir de la précédente : xn+1=F(xn)x_{n+1}=F(x_n). Si la suite admet une limite L et si F est continue au voisinage de L, cette limite vérifie L=F(L)L=F(L) : c'est un point fixe de F.
Le procédé sert notamment à approcher la solution d'une équation, d'un système linéaire ou d'un problème d'optimisation. Selon le problème, la mise à jour peut être celle de Newton, de Jacobi, de Gauss-Seidel ou une étape de descente. Le point de départ, la règle et le critère d'arrêt font partie de la méthode.
La convergence n'est pas automatique. Elle dépend du domaine choisi, de la règle F et parfois de x0. Lorsqu'elle a lieu, un calcul numérique s'arrête généralement avant la limite exacte, dès qu'un résidu ou l'écart entre deux itérations respecte une tolérance fixée.

Le principe

Choisissez une valeur initiale x0, puis appliquez la même mise à jour pour obtenir x1, x2, et ainsi de suite. Après chaque calcul, mesurez un critère d'arrêt annoncé, par exemple le résidu de l'équation ou l'écart entre deux valeurs successives. Arrêtez lorsque ce critère est inférieur à la tolérance choisie. Sinon, poursuivez, sauf si un nombre maximal d'itérations ou un signe de divergence impose l'arrêt.

Quand l'utiliser

Pour rechercher un point fixe dans un intervalle fermé, il faut d'abord que la mise à jour soit définie sur cet intervalle et y renvoie toutes les valeurs calculées. Une condition suffisante classique est qu'elle y soit contractante : il existe un nombre q strictement inférieur à 1 tel que F(x)F(y)qxy|F(x)-F(y)|\le q|x-y| pour tous les nombres x et y de l'intervalle. Le théorème du point fixe de Banach garantit alors un unique point fixe et la convergence depuis tout point initial de cet intervalle.
Si la mise à jour sort du domaine ou amplifie les écarts, la suite peut diverger ou osciller. Il faut alors changer de point de départ, reformuler F ou employer une méthode mieux adaptée. Une tolérance d'arrêt ne remplace jamais cette analyse : une variation momentanément petite ne prouve pas, à elle seule, que la limite cherchée est atteinte.

Un exemple, pas à pas

On cherche la racine positive de 2. Les données sont l'équation x2 = 2, la valeur initiale x0 = 1, l'intervalle [1, 2] et la tolérance de résidu 0,00001. La mise à jour de Newton est la moyenne de l'estimation courante et de 2 divisé par cette estimation : xn+1=12(xn+2xn)x_{n+1}=\frac{1}{2}\left(x_n+\frac{2}{x_n}\right). Sur [1, 2], elle renvoie dans [1, 2] et réduit tout écart d'un facteur au plus 1/2 ; la convergence vers l'unique point fixe est donc garantie.
1. À partir de x0 = 1, on obtient x1 = (1 + 2) / 2 = 1,5.
2. On obtient ensuite x2 = (1,5 + 2 / 1,5) / 2 = 17 / 12 ≈ 1,4166667.
3. Puis x3 = (17 / 12 + 24 / 17) / 2 = 577 / 408 ≈ 1,4142157.
Le contrôle utilise le résidu |x32 − 2| = 1 / 166464 ≈ 0,0000060. Il est inférieur à 0,00001 : on s'arrête et l'on retient √2 ≈ 1,4142157 avec ce critère. La succession des valeurs rend visible la correction rapide de l'estimation.

En pratique

Pour résoudre une équation non linéaire, on choisit une mise à jour adaptée et l'on surveille le résidu. Une méthode de bissection est souvent préférable à Newton lorsqu'on dispose d'un encadrement avec changement de signe, mais que le point de départ de Newton paraît incertain.
Pour un grand système linéaire peu dense, Jacobi ou Gauss-Seidel évitent parfois de stocker et de transformer une matrice pleine. Une méthode directe reste préférable lorsque le système est modeste et qu'une factorisation stable fournit rapidement la précision voulue.
En optimisation, chaque itération modifie les variables pour réduire un objectif. Le praticien suit à la fois la valeur de cet objectif, la taille de la mise à jour et le nombre d'itérations, car un seul indicateur peut donner une impression trompeuse d'arrêt.

À ne pas confondre

Méthode directe. Elle atteint, en arithmétique exacte, la solution après un nombre fini d'opérations déterminé par la taille du problème. Une élimination de Gauss sur un système carré est directe ; Jacobi produit au contraire une suite à interrompre selon un critère.
Algorithme récursif. La récursivité décrit la manière dont un programme s'appelle lui-même ; l'itération numérique décrit une suite d'approximations. Une méthode itérative peut être programmée avec une simple boucle, sans appel récursif.

Limites et pièges

Contraction au seuil. Le critère de Banach exige q < 1. Une borne q = 1 ne garantit ni unicité ni convergence : la mise à jour F(x) = 1 − x sur [0, 1] fait alterner 0 et 1. Il faut une autre preuve ou une autre règle.
Petit pas, mauvais verdict. Deux itérations presque égales peuvent résulter d'une progression très lente ou des limites de l'arrondi. Il faut contrôler un résidu lié au problème et fixer aussi un nombre maximal d'itérations.
Convergence locale. Une règle efficace près d'une solution peut échouer depuis un autre point initial. Pour la mise à jour de l'exemple, la division par xn interdit xn = 0 ; travailler dans [1, 2] évite ce cas et fournit un domaine stable.
Arithmétique finie. Sur ordinateur, l'arrondi peut arrêter l'amélioration ou modifier la trajectoire. Le résultat est donc une approximation assortie d'un critère contrôlé, même si la suite mathématique converge exactement.

Pour aller plus loin

Le théorème du point fixe précise pourquoi une contraction possède un unique point fixe et pourquoi les approximations successives l'atteignent.
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