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GéométrieNotion · Glossaire

sangaku

Un sangaku est un problème de géométrie euclidienne, plane ou dans l'espace, présenté sous une forme esthétique et énigmatique. Issu de la tradition des écoles mathématiques japonaises, il était inscrit sur une planchette de bois peinte, puis suspendu dans un lieu public — souvent un temple ou un sanctuaire — afin d'être soumis à la curiosité et à la réflexion de tous les passants. Cette pratique, caractéristique du Japon des XVIIe au XIXe siècles, constitue une forme originale de partage et de défi mathématique collectif.
Deux cercles égaux tangents dans un carré Un carré de côté 10 contient deux cercles égaux placés dans deux angles opposés. Les cercles se touchent au centre du carré. r r contact 10
Les centres sont sur une diagonale du carré ; leur distance vaut 2r lorsque les deux cercles se touchent.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier ce qui distingue un sangaku d'un exercice de géométrie ordinaire.
  • Relier le problème, la planchette peinte et l'exposition publique au Japon des XVIIe au XIXe siècles.
  • Résoudre et contrôler un exemple de deux cercles tangents dans un carré.

En clair

Imaginez une planchette de bois peinte, suspendue dans un lieu fréquenté. Elle montre une figure géométrique soigneusement composée et lance un défi aux passants, sans transformer la rencontre en leçon scolaire. Le problème, son dessin et son exposition publique forment ensemble l'esprit du sangaku.
La beauté de la présentation attire d'abord le regard. La géométrie invite ensuite à chercher une relation, à calculer une longueur ou à construire un raisonnement.

Définition

Un sangaku est un problème de géométrie euclidienne mis en scène comme une énigme visuelle sur une planchette de bois peinte. La géométrie peut être plane, lorsque les objets étudiés appartiennent à un plan, ou spatiale, lorsqu'ils occupent l'espace. L'objet ne se réduit donc ni à son support matériel ni à une figure décorative : la planchette porte une question mathématique destinée à être examinée.
Cette forme appartient à la tradition des écoles mathématiques japonaises. Du XVIIe au XIXe siècle, les planchettes étaient suspendues dans des lieux publics, souvent des temples ou des sanctuaires. Leur exposition rendait le défi accessible aux passants et transformait la résolution en pratique collective de curiosité et de réflexion.

Un exemple, pas à pas

Voici une énigme conçue pour illustrer la démarche, sans la présenter comme une planchette historique. Un carré a un côté de 10 unités. Deux cercles de même rayon sont placés sur une diagonale : le premier touche les côtés gauche et inférieur, le second les côtés droit et supérieur, et les deux cercles se touchent. Il faut trouver leur rayon.
Données.
Le côté du carré mesure 10 unités.
Les deux cercles ont le même rayon, noté r.
Chaque centre se trouve à la distance r des deux côtés touchés.
La distance entre les centres vaut 2r, car les cercles sont tangents extérieurement.
1. Entre les deux centres, l'écart horizontal et l'écart vertical valent chacun 10 − 2r.
2. Le théorème de Pythagore donne la distance entre les centres : d=(102r)2+(102r)2=2(102r)d=\sqrt{(10-2r)^2+(10-2r)^2}=\sqrt{2}(10-2r).
3. La tangence impose 2(102r)=2r\sqrt{2}(10-2r)=2r. En isolant le rayon, on obtient r=5(22)r=5(2-\sqrt{2}), soit environ 2,93 unités.
Contrôle. Avec r ≈ 2,929, chaque écart vaut environ 4,142. La distance diagonale vaut alors 4,142 × √2 ≈ 5,858, comme 2r ≈ 5,858.

En pratique

Pour aborder un sangaku, le lecteur commence par relever les objets visibles, les égalités de longueurs et les contacts entre figures. Il traduit ensuite ces indices en relations géométriques, puis contrôle que le résultat respecte toute la configuration.
Pour partager un défi, la présentation doit laisser une véritable question à résoudre. Si seul le calcul compte et que l'exposition esthétique ou publique n'apporte rien, l'exercice de géométrie ordinaire est une désignation plus précise.
Pour étudier la tradition, il faut observer ensemble le problème, la planchette peinte et son lieu d'exposition. Isoler seulement le dessin fait perdre la dimension de partage collectif qui caractérise la pratique.

À ne pas confondre

Un sangaku et un exercice de géométrie quelconque. Les deux peuvent demander un calcul ou une preuve. Le critère distinctif est la mise en scène esthétique et énigmatique sur une planchette peinte destinée à l'exposition publique. Un problème imprimé dans une série d'exercices n'est donc pas, par ce seul contenu géométrique, un sangaku.
Le problème et son support. La planchette est l'objet matériel ; le problème est le défi géométrique qu'elle présente. Décrire le bois, la peinture ou le lieu sans identifier de question mathématique ne suffit pas à caractériser le contenu d'un sangaku.

Limites et pièges

Ne pas réduire le sangaku à une figure plane. Une configuration dessinée avec des cercles est immédiatement visible, mais la définition couvre aussi la géométrie dans l'espace. Il faut déterminer le domaine du problème avant de choisir les outils de résolution.
Ne pas prendre le dessin pour une preuve. Une tangence ou une égalité peut sembler évidente à l'œil sans être donnée ni démontrée. Il faut distinguer les hypothèses du problème, les conséquences calculées et les simples effets du tracé.
Respecter la période indiquée. La pratique décrite ici caractérise le Japon des XVIIe au XIXe siècles. Une énigme géométrique contemporaine inspirée par cette forme peut en reprendre l'esprit, mais elle ne devient pas pour autant un objet historique de cette période.

Pour aller plus loin

Une même configuration peut ouvrir plusieurs pistes : rechercher une autre démonstration, remplacer une donnée par un paramètre ou étudier une version dans l'espace. Chaque prolongement doit conserver des hypothèses explicites afin que la beauté du dessin ne masque pas la logique du raisonnement.
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