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GéométrieNotion · Glossaire

tunnel de Samos

Le tunnel de Samos est un aqueduc souterrain creusé sous une montagne pour conduire l'eau vers la ville. Sa galerie fut percée depuis les deux versants : privées de contact visuel, les équipes devaient faire coïncider leurs directions pour se rejoindre. L'ouvrage illustre ainsi un problème essentiel d'alignement et de mesure, même si la méthode exacte employée demeure débattue.
Modèle rectiligne de deux percements Un segment de A à B est partagé en deux moitiés égales au point théorique M sous un profil de montagne. A M B longueur totale ≈ 1 036 m
Dans ce modèle idéal, M partage la longueur approximative en deux ; il ne représente pas la jonction historique connue.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le tunnel de Samos, le tunnel d'Eupalinos et l'aqueduc eupalinien comme un même ouvrage.
  • Relier sa fonction hydraulique, son tracé quasi rectiligne et le creusement depuis deux extrémités.
  • Refaire le partage idéal de la longueur approximative en deux fois 518 mètres.
  • Distinguer le résultat attesté de la méthode géométrique encore débattue.

En clair

Imaginez une montagne percée en même temps depuis ses deux extrémités. Les chantiers avancent sous la roche sans se voir, mais leurs galeries doivent finir par se rencontrer. Le tunnel de Samos est cet ouvrage souterrain, destiné à conduire l'eau vers la ville de Samos.
Au VIe siècle avant notre ère, Eupalinos de Mégare dirigea ce percement sous le mont Kastro. Sur environ 1 036 mètres, le tracé reste presque droit et les deux galeries se rejoignent. L'exploit est certain ; la part exacte du hasard, des calculs et des mesures géométriques reste discutée.

Définition

Le tunnel de Samos est un ouvrage hydraulique souterrain de l'Antiquité, creusé sous le mont Kastro, sur l'île de Samos. Le même ouvrage est appelé tunnel d'Eupalinos, d'après l'ingénieur Eupalinos de Mégare, ou aqueduc eupalinien, d'après sa fonction : acheminer l'eau jusqu'à la ville de Samos. Sa longueur est donnée comme étant d'environ 1 036 mètres, et non comme une valeur exacte.
L'ouvrage fut réalisé au VIe siècle avant notre ère. Sa propriété constructive décisive est le creusement simultané depuis les deux extrémités de la montagne. Les deux galeries ont fini par se rejoindre, sur un tracé qualifié de quasi rectiligne. Cette expression indique une direction d'ensemble presque droite, sans affirmer que chaque portion suit une droite parfaite.
La rencontre des deux chantiers constitue la prouesse à expliquer. Les historiens des sciences débattent encore entre une part d'heureux hasard et le recours à des calculs et à des mesures géométriques élaborées. La construction atteste donc un résultat remarquablement précis, mais la définition ne suffit pas à reconstituer avec certitude la méthode employée.

Un exemple, pas à pas

Construisons un modèle volontairement simplifié du percement. La longueur totale annoncée est d'environ 1 036 mètres. On note A et B les deux extrémités, et M le milieu théorique d'un tracé supposé rectiligne. Ce milieu sert au calcul ; il ne localise pas la jonction historique.
Données : longueur approximative AB, 1 036 mètres ; deux chantiers partant de A et de B ; partage idéal en deux distances égales AM et MB. Le schéma associé représente uniquement ce modèle de contrôle.
1. On partage la longueur annoncée en deux : 10362=518\frac{1\,036}{2}=518.
2. Dans le modèle idéal, chaque galerie parcourrait donc environ 518 mètres.
3. On contrôle la longueur totale : 518 + 518 = 1 036.
Ce calcul ne résout pas à lui seul le problème de la rencontre. Deux longueurs dont la somme convient peuvent aboutir à deux points différents si leurs directions ne coïncident pas. Le résultat historique à retenir est donc la jonction des galeries sur un tracé quasi rectiligne, et non un partage prouvé en deux moitiés de 518 mètres.

En pratique

Pour identifier l'ouvrage dans un texte, on peut rencontrer trois noms : tunnel de Samos, tunnel d'Eupalinos et aqueduc eupalinien. Le premier insiste sur le lieu, le deuxième sur l'ingénieur et le troisième sur la fonction hydraulique ; le contexte indique l'angle choisi.
Pour analyser la prouesse, on sépare les faits donnés de leur interprétation. La longueur approximative, le creusement depuis deux extrémités et la rencontre des galeries décrivent le résultat. Le rôle respectif du hasard, des calculs et des mesures appartient au débat historique.
Pour raisonner sur le percement, un segment reliant deux entrées rend visible l'alignement recherché. Si l'objectif est plutôt de montrer l'apparence de l'ouvrage sous la montagne, une coupe documentaire convient mieux. Dans les deux cas, le support ne doit pas transformer le milieu théorique du modèle en fait historique.

À ne pas confondre

Tunnel et aqueduc. Ces mots ne désignent pas ici deux monuments distincts. « Tunnel » décrit le passage souterrain ; « aqueduc eupalinien » souligne l'acheminement de l'eau. La mention d'Eupalinos, du mont Kastro et de Samos permet de reconnaître le même ouvrage.
Le tunnel et le mont Kastro. Le mont Kastro est le relief sous lequel le tunnel a été creusé. Un texte qui parle du tracé souterrain ou des deux galeries décrit l'ouvrage ; un texte qui nomme la montagne désigne son support géographique.
Résultat précis et méthode prouvée. La rencontre remarquable des galeries est un résultat de la construction. Elle ne prouve pas, à elle seule, quelle combinaison de chance, de calculs et de mesures l'a rendue possible ; cette interprétation reste débattue.

Limites et pièges

1 036 mètres est une valeur approximative. Le mot « environ » interdit de traiter cette longueur comme une mesure exacte. Dans un calcul pédagogique, on peut obtenir 518 mètres par moitié, mais le résultat reste attaché à la valeur arrondie de départ.
Quasi rectiligne ne signifie pas parfaitement droit. Le symptôme du piège est une représentation qui impose une droite idéale à chaque portion du tunnel. Il faut présenter cette droite comme un modèle du tracé d'ensemble, non comme un relevé exact.
Simultané ne signifie pas symétrique. Le départ des travaux depuis les deux extrémités n'implique ni que les galeries aient avancé à la même vitesse ni que leur jonction se situe au milieu. Le partage 518 mètres plus 518 mètres est seulement un cas charnière idéal.
La précision n'arbitre pas le débat historique. Affirmer que la géométrie explique tout, ou que la rencontre relève uniquement du hasard, dépasse les faits fournis. Il faut conserver les deux possibilités tant qu'aucun élément supplémentaire ne permet de les départager.

Illustrations

tunnel de Samos (1)

Pour aller plus loin

Le prolongement naturel consiste à examiner quelles mesures géométriques peuvent coordonner deux percements menés depuis des extrémités opposées. Cette enquête doit distinguer les méthodes possibles des procédures effectivement attestées pour le tunnel de Samos.
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