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variable floue

Une variable floue associe à une notion graduée un degré de vérité réel compris entre 0 et 1, plutôt que de la réduire à vrai ou faux. Elle permet ainsi de représenter et de traiter des notions imprécises que la logique binaire décrit mal.
Degré d'appartenance au terme chaud à 26 degrés Celsius Une droite va du degré zéro à 20 degrés Celsius au degré un à 30 degrés Celsius. Le point à 26 degrés Celsius indique 0,6. 20 °C · 0 26 °C · 0,6 30 °C · 1 degré « chaud »
Dans la règle choisie, 26 °C se situe aux six dixièmes de la montée entre 20 °C et 30 °C : le degré « chaud » vaut 0,6.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Interpréter un degré de vérité compris entre 0 et 1.
  • Recalculer le degré 0,6 attribué au terme « chaud » à 26 °C dans le modèle choisi.
  • Distinguer un degré flou d'une probabilité et d'une valeur booléenne.
  • Repérer les choix de modélisation et les cas où une contrainte binaire doit être conservée.

En clair

À 26 °C, faut-il dire qu'il fait chaud ? Une réponse binaire impose oui ou non. Une description floue peut attribuer à l'affirmation « il fait chaud » un degré de 0,6 sur une échelle allant de 0 à 1.
Ce nombre ne dit pas que la température a 60 % de chances d'être chaude. Il traduit ici à quel point 26 °C satisfait le sens donné au mot « chaud ». Les frontières deviennent graduelles, comme le vocabulaire quotidien qu'elles représentent.

Définition

Une variable floue sert à représenter une grandeur ou une appréciation au moyen de valeurs graduées. Dans le cadre décrit ici, la valeur 0 signifie que l'énoncé considéré est entièrement faux, la valeur 1 qu'il est entièrement vrai, et une valeur intermédiaire exprime un degré de vérité. Les termes « chaud », « grand » ou « rapide » peuvent ainsi recevoir une traduction numérique sans frontière brutale.
Pour une température notée T, on peut choisir une fonction d'appartenance au terme « chaud », notée μchaud(T)\mu_{\mathrm{chaud}}(T). Sa valeur appartient à l'intervalle [0,1][0,1]. La forme de cette fonction n'est pas imposée par le mot lui-même : elle dépend du contexte et des choix de modélisation. Une même température peut donc appartenir à plusieurs catégories floues avec des degrés différents.
Cette gradation constitue une information à traiter par des règles de logique floue. Introduit par Lotfi Zadeh en 1965, ce cadre est employé en intelligence artificielle et en ingénierie, notamment en robotique, dans les systèmes automatiques, la gestion du trafic routier et la navigation aérienne.

Un exemple, pas à pas

Un concepteur règle un thermostat et choisit une échelle simple pour le terme « chaud ». Le degré vaut 0 jusqu'à 20 °C, augmente de façon linéaire entre 20 °C et 30 °C, puis vaut 1 à partir de 30 °C. La température observée est de 26 °C.
1. La partie graduelle couvre 30 − 20 = 10 °C.
2. La température observée se trouve 26 − 20 = 6 °C au-dessus du début de cette zone.
3. Le degré associé au terme « chaud » est donc :
μchaud(26)=26203020=610=0,6\mu_{\mathrm{chaud}}(26)=\frac{26-20}{30-20}=\frac{6}{10}=0{,}6
Le résultat est un degré de 0,6, sans unité. Le graphique rend visible la règle choisie et la lecture effectuée à 26 °C. Pour contrôler le calcul, on vérifie que 0,6 est bien compris entre 0 et 1 et que 26 °C occupe six dixièmes de l'intervalle allant de 20 °C à 30 °C.

En pratique

Dans un système automatique de chauffage, une commande binaire convient si un seuil net suffit. Une variable floue devient utile quand la commande doit évoluer progressivement avec des appréciations telles que « un peu chaud » ou « très chaud ».
En robotique, le système peut graduer une consigne décrite par un terme comme « rapide ». Le choix devient pertinent lorsque les capteurs et la situation appellent une réaction progressive plutôt qu'un basculement brutal.
Dans la gestion du trafic routier ou la navigation aérienne, la logique classique reste adaptée aux contraintes strictes. Les variables floues servent lorsque les règles portent sur des situations graduées et imprécises, à condition de définir explicitement l'échelle retenue.

À ne pas confondre

Degré de vérité et probabilité. Un degré flou mesure à quel point un énoncé gradué est satisfait selon une fonction choisie ; une probabilité mesure l'incertitude attachée à un événement. Dans l'exemple, 0,6 qualifie le caractère « chaud » de 26 °C : ce n'est pas une chance de 60 % que le thermomètre indique une température chaude.
Variable floue et variable booléenne. Une variable booléenne ne prend que deux valeurs, vrai ou faux. Si le thermostat doit seulement signaler si 26 °C dépasse un seuil fixé à 25 °C, une réponse binaire suffit ; le degré 0,6 répond à une autre question, celle de la gradation du terme « chaud ».

Limites et pièges

Les bornes ne suffisent pas. Dire qu'un degré est compris entre 0 et 1 ne définit pas la catégorie. Il faut aussi préciser la fonction d'appartenance et son contexte ; sinon, deux modèles peuvent attribuer des valeurs différentes à 26 °C sans qu'un calcul soit faux.
Les valeurs 0 et 1 restent possibles. Une variable floue n'est pas obligée de prendre une valeur intermédiaire. Dans la règle de l'exemple, le degré vaut exactement 0 à 20 °C ou moins et exactement 1 à 30 °C ou plus.
Une échelle graduée n'efface pas les contraintes strictes. Si une règle de sécurité impose un seuil net, le remplacer par une appréciation floue change le problème. Il faut conserver la contrainte binaire et réserver la gradation aux décisions qui admettent réellement une transition progressive.
Les degrés ne sont pas automatiquement complémentaires. Attribuer 0,6 à « chaud » n'impose pas, à lui seul, 0,4 à « froid ». Chaque terme possède sa fonction d'appartenance ; leur relation doit être définie dans le modèle.

Pour aller plus loin

Le prolongement naturel consiste à étudier la construction des fonctions d'appartenance, puis la manière dont plusieurs degrés alimentent des règles floues. Une chaîne complète peut combiner ces règles et convertir leur résultat en commande exploitable par un système automatique. Chaque étape demande des choix explicites : catégories, formes des fonctions, opérateurs de combinaison et mode de décision final.
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