Des calculs et estimations biaisés ----------------------------------
La radio France Culture intitule une émission : « Comment sauver la planète… à bicyclette » (sans point d’exclamation ni d’interrogation). La Fondation pour la nature et l’homme affirme quant à elle que « la part modale du vélo est en France de 3 à 15 % ». Hélas, ces rêves sont de grossières inexactitudes. La bicyclette représente en effet moins de 0,5 % de la mobilité dans notre pays. Par quels tours de passe-passe transforme-t-on 0,5 % en 3 %, voire en 15 % ? Le premier consiste à ne considérer que la mobilité locale au lieu de la mobilité totale. La mobilité locale concerne les déplacements quotidiens dans un rayon de 80 km du domicile. Ne regarder que la mobilité locale revient à ignorer les déplacements de plus longue distance effectués pour le travail ou les vacances. En passagers × km, ils pèsent un peu plus lourd que les déplacements quotidiens. Ils ont l’inconvénient de mal se prêter à l’usage de la bicyclette : on imagine mal un salarié parisien utilisant son vélo pour se rendre à une réunion à Toulouse… Pour ces déplacements-là, la part modale du vélo est proche de zéro.
Le deuxième tour de passe-passe consiste à mesurer l’importance du vélo en nombre de déplacements plutôt qu’en kilomètres parcourus. Le Parisien qui va en vélo de son appartement du Marais à un ministère du 7e arrondissement effectue certes un déplacement. Tout comme le banlieusard qui va en métro et RER de son appartement d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) jusqu’à la Défense. Pourtant, en termes de « transport », de distance parcourue, de vitesse, de temps passé, de consommation de ressources, ou de fatigue, le second déplacement n’est pas du tout égal au premier, et il peut difficilement être effectué en bicyclette. C’est la mesure en termes de kilomètres parcourus qui reflète le mieux la réalité complexe de la mobilité ! Comme les déplacements en vélo sont en moyenne trois fois plus courts que les autres, compter en déplacements plutôt qu’en kilomètres a pour effet de faire apparaître le vélo trois fois plus important qu’il n’est en réalité.
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Vive le vélo… libre ! ---------------------