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Logique et ensemblesNotion · Glossaire

axiomatique

Une axiomatique est un système d'axiomes constituant la base déductive d'une théorie mathématique. Elle regroupe l'ensemble des propositions premières, admises sans démonstration, à partir desquelles l'ensemble des théorèmes de la théorie se déduisent par raisonnement logique. Une axiomatique doit idéalement satisfaire trois propriétés : la cohérence (absence de contradiction), l'indépendance (aucun axiome n'est déductible des autres) et la complétude (pour toute proposition du langage, celle-ci ou sa négation est démontrable).
Déduction de Q à partir de deux axiomes Les axiomes P et si P alors Q convergent vers la règle du modus ponens, qui conduit au théorème Q. Axiome 1 P Axiome 2 P ⇒ Q Théorème Q Modus ponens
Le modus ponens combine les deux axiomes : P et « si P, alors Q » conduisent au théorème Q.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Distinguer axiomes, théorèmes, modèles et axiomatique.
  • Suivre une déduction complète de P et de « si P, alors Q » vers Q.
  • Tester séparément cohérence, indépendance et complétude.
  • Reconnaître les deux principaux sens mathématiques de la complétude.

En clair

Imaginez un jeu dont on fixe d'abord les règles, puis toutes les conséquences permises par ces règles. En mathématiques, une axiomatique joue ce rôle de point de départ : elle rassemble quelques affirmations admises, appelées axiomes, et précise le cadre logique dans lequel on raisonne.
On ne choisit donc pas un théorème au hasard. On le relie aux axiomes par une suite d'étapes autorisées. L'intérêt est de rendre visibles les fondations de la théorie et de pouvoir examiner si elles se contredisent, se répètent ou suffisent au but recherché.

Définition

Une axiomatique est un ensemble d'axiomes associé à un langage, à des règles de raisonnement et, selon le cadre étudié, à une interprétation. Les axiomes sont admis comme points de départ à l'intérieur de la théorie ; les théorèmes sont les propositions obtenues par des déductions conformes aux règles. Si la lettre S désigne l'ensemble des axiomes et la lettre grecque φ une proposition, l'écriture SφS \vdash \varphi signifie qu'il existe une démonstration de φ à partir de S.
La cohérence exige qu'aucune proposition et sa négation ne soient toutes deux démontrables. L'indépendance des axiomes signifie qu'aucun axiome ne peut être déduit des autres ; elle évite les axiomes redondants, mais elle n'est pas nécessaire pour que la théorie fonctionne. La complétude demande une précision de vocabulaire. Une théorie est dite complète lorsqu'elle décide chaque proposition de son langage : elle démontre cette proposition ou sa négation. Un système de déduction est dit complet au sens sémantique lorsque toute conséquence vraie dans tous les modèles des axiomes est démontrable.
Ces propriétés dépendent toujours du langage, des règles logiques et des axiomes retenus. Une même famille d'objets peut recevoir plusieurs axiomatiques. Les modèles sont alors les structures dans lesquelles tous les axiomes sont vrais ; ils permettent de comparer ce que les axiomes imposent avec ce qu'ils laissent libre.

Un exemple, pas à pas

Considérons un langage à deux propositions, P et Q, avec la logique propositionnelle classique.
Données : l'axiome A1 affirme P ; l'axiome A2 affirme « si P, alors Q » ; le modus ponens autorise à conclure Q lorsque P et « si P, alors Q » sont établis.
1. L'axiome A1 donne P directement.
2. A1 et A2, réunis par le modus ponens, donnent Q. La proposition Q est donc un théorème de cette théorie.
3. Pour contrôler la cohérence, on attribue la valeur vraie à P et à Q. Les deux axiomes sont vrais ensemble : puisque les règles préservent la vérité, aucune contradiction n'est déductible.
4. Pour contrôler l'indépendance, on retire un axiome à la fois. Sans A1, P faux et Q faux satisfont A2 sans satisfaire A1. Sans A2, P vrai et Q faux satisfont A1 sans satisfaire A2.
5. Les deux axiomes imposent P vrai et Q vrai. Dans ce langage, ils fixent donc une unique attribution de valeurs ; avec le calcul propositionnel classique, chaque formule ou sa négation est démontrable. Le contrôle consiste à refaire les deux retraits de l'étape 4.

En pratique

Pour construire une théorie, on énonce ses objets primitifs et ses axiomes avant de chercher des théorèmes. Si une affirmation peut être obtenue à partir des autres, on peut l'écarter de la liste des axiomes sans perdre de conséquences.
Pour vérifier une démonstration, on remonte chaque étape jusqu'à un axiome ou à une règle autorisée. Si une étape utilise une propriété non admise et non démontrée, elle constitue un manque dans le raisonnement.
Pour comparer deux cadres, on cherche leurs modèles et leurs théorèmes. Une approche par modèles est préférable lorsqu'on veut savoir ce que les axiomes décrivent ; une approche par preuves convient lorsqu'on veut établir ce qui se déduit formellement.

À ne pas confondre

Axiomatique et axiome. Un axiome est une proposition de départ ; une axiomatique est le système qui rassemble les axiomes et les inscrit dans un cadre de déduction. Dans l'exemple, A1 est un axiome, tandis que l'ensemble formé par A1, A2 et le cadre logique constitue l'axiomatique.
Axiome et hypothèse locale. Un axiome vaut comme point de départ général de la théorie. Une hypothèse n'est adoptée que pour un raisonnement donné. Supposer temporairement P dans une preuve ne transforme donc pas P en axiome.
Axiomatique et modèle. L'axiomatique formule les contraintes ; un modèle est une structure qui les satisfait. Les valeurs P vraie et Q vraie forment un modèle de l'exemple, mais ne sont pas elles-mêmes la liste des axiomes.

Limites et pièges

Un modèle ne prouve pas à lui seul la cohérence absolue. Il établit une cohérence relative au cadre dans lequel ce modèle est construit. Le bon réflexe consiste à préciser la logique et la théorie de fond mobilisées.
L'indépendance dépend des autres axiomes. Un axiome peut être indépendant d'une liste donnée et devenir déductible après l'ajout d'un nouvel axiome. Il faut donc tester chaque retrait en conservant exactement le même langage et les mêmes règles.
Le mot « complétude » a plusieurs sens. Décider chaque proposition d'une théorie et démontrer toute conséquence vraie dans tous ses modèles sont deux propriétés différentes. Il faut annoncer laquelle est examinée avant de conclure qu'une axiomatique est complète.
Les trois qualités idéales ne sont pas automatiques. Une théorie peut être cohérente sans être complète, et une liste cohérente peut contenir un axiome redondant. On vérifie donc séparément cohérence, complétude et indépendance.

Pour aller plus loin

Le glossaire axiome précise le statut d'une proposition admise comme point de départ d'une théorie.
L'article Mais que sont les axiomes ? prolonge la réflexion sur le rôle des axiomes dans la construction des mathématiques.
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