Logique et ensemblesNotion · Glossaire
Cohen Paul
Paul Cohen (1934–2007) est un mathématicien américain qui démontra en 1963, par la méthode du forcing, que si ZFC est cohérent, ZFC augmenté de la négation de l’hypothèse du continu l’est aussi. Son résultat complète celui de Gödel et établit ainsi l’indépendance de cette hypothèse : sous cette condition de cohérence, ni elle ni sa négation ne sont démontrables dans ZFC.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier Paul Cohen et situer son résultat de 1963.
- Interpréter correctement l’indépendance de l’hypothèse du continu.
- Distinguer le forcing de l’hypothèse à laquelle il s’applique.
- Séparer les contributions de Gödel et de Cohen ainsi que leurs dates.
En clair
En 1963, Paul Cohen s’attaque à une question que les axiomes usuels de la théorie des ensembles ne parvenaient pas à trancher : l’hypothèse du continu. Le forcing sert ici à construire, à partir d’un cadre satisfaisant ZFC, une extension contrôlée qui satisfait encore ces axiomes mais dans laquelle l’hypothèse du continu est fausse. Cela établit que sa négation est compatible avec ZFC si ZFC est cohérent, sans prétendre détailler la construction technique.
Cohen ne choisit donc pas l’une des deux réponses. Son résultat, combiné à celui de Gödel, établit que, si ZFC est cohérent, ni l’hypothèse du continu ni sa négation ne sont démontrables dans ce système. Cohen reçoit la médaille Fields en 1966.
Définition
Paul Cohen (1934–2007) est un mathématicien américain. Son nom est attaché à un résultat fondamental sur l’hypothèse du continu dans la théorie des ensembles de Zermelo-Fraenkel. Il développe pour cela la méthode du forcing.
En 1963, Cohen complète le résultat de Gödel. Le forcing lui sert à construire une extension où les axiomes de ZFC restent satisfaits tandis que l’hypothèse du continu est fausse. Il en déduit que, si ZFC est cohérent, l’ajout de la négation de cette hypothèse l’est aussi. Gödel avait établi le résultat parallèle pour l’hypothèse elle-même : sous la condition de cohérence de ZFC, ces deux résultats montrent que ZFC ne tranche aucune des deux propositions opposées.
La chronologie éclaire la complémentarité des résultats. En 1938, Gödel établit que, si ZFC est cohérent, l’hypothèse du continu ne peut pas y être réfutée. Cohen complète ce travail en 1963 avec la cohérence relative de sa négation, puis reçoit la médaille Fields en 1966.
Un exemple, pas à pas
Un lecteur veut déterminer ce que la comparaison de deux extensions de ZFC permet de conclure. Il prépare deux lignes — « ajout de l’hypothèse » et « ajout de sa négation » — puis relève pour chacune trois éléments vérifiables : le cadre de départ, la proposition ajoutée et la condition qui garantit la cohérence relative.
1. Sur la première ligne, il inscrit : cadre de départ ZFC ; proposition ajoutée, hypothèse du continu ; condition et résultat, si ZFC est cohérent alors cette extension l’est aussi.
2. Sur la seconde ligne, il inscrit : même cadre ZFC ; proposition opposée ajoutée, négation de l’hypothèse du continu ; même condition et même résultat de cohérence relative, obtenus par Cohen grâce au forcing.
3. Il compare colonne par colonne : le cadre et la condition sont identiques, les propositions ajoutées sont opposées, et les deux extensions sont relativement cohérentes. Ce motif symétrique permet de conclure que ni l’hypothèse du continu ni sa négation ne sont démontrables dans ZFC.
4. Il contrôle enfin la conclusion : Cohen n’a pas sélectionné une réponse à l’hypothèse du continu ; il a montré que les axiomes considérés ne la tranchent pas. Le repère de 1966 concerne la médaille Fields, non la démonstration.
En pratique
Dans une chronologie de la logique, le repère utile pour Cohen est 1963 : il correspond à son résultat d’indépendance. L’année 1966 doit être retenue lorsque le sujet est la médaille Fields.
Lorsqu’un texte demande si Cohen a prouvé ou réfuté l’hypothèse du continu, il faut préférer une troisième formulation : avec le résultat de Gödel, son travail en établit l’indépendance dans ZFC. Si ZFC est cohérent, ni l’hypothèse ni sa négation n’y sont démontrables, et les deux extensions correspondantes sont cohérentes.
Pour attribuer les contributions, le nom de Gödel signale la cohérence relative de l’hypothèse du continu établie en 1938, tandis que celui de Cohen signale le forcing et la cohérence relative de sa négation en 1963. Cette séparation évite de fusionner deux étapes complémentaires.
À ne pas confondre
L’indépendance de l’hypothèse du continu n’est ni sa preuve ni sa réfutation. Sous l’hypothèse que ZFC est cohérent, ZFC augmenté de cette hypothèse et ZFC augmenté de sa négation sont tous deux cohérents : il s’agit d’un résultat de cohérence relative.
Le forcing et l’hypothèse du continu ne désignent pas le même objet. Le premier est la méthode développée par Cohen ; la seconde est l’hypothèse dont il établit l’indépendance.
Les résultats de Gödel et de Cohen sont complémentaires, mais leurs attributions ne sont pas interchangeables. Gödel établit en 1938 la cohérence relative de l’hypothèse du continu avec ZFC ; Cohen établit en 1963, par le forcing, celle de sa négation.
Limites et pièges
L’expression « sans contradiction » désigne ici une cohérence relative : si ZFC est cohérent, ses extensions par l’hypothèse du continu ou par sa négation le sont aussi. Omettre cette condition transformerait à tort le résultat en affirmation absolue.
L’indépendance ne signifie pas que l’hypothèse du continu est simultanément admise et rejetée dans une même présentation. Le symptôme de l’erreur est d’y voir deux réponses vraies ensemble ; il faut y lire deux choix axiomatiques possibles.
La source nomme la méthode du forcing, mais n’en décrit ni les étapes ni les objets techniques. Une procédure détaillée prétendument tirée de cette notice dépasserait les informations disponibles ; il faut consulter un développement consacré au forcing.
Les dates ne jouent pas le même rôle : 1938 concerne le résultat de cohérence relative établi par Gödel, 1963 celui de Cohen et 1966 la médaille Fields. Les regrouper sous une seule découverte fausserait la chronologie.
Pour aller plus loin
Trois lectures replacent le résultat de Cohen dans son problème, son histoire et le cadre plus large de la théorie des ensembles.
Hypothèse du continu précise l’énoncé dont Cohen a établi l’indépendance.
Gödel Kurt situe le mathématicien dont le résultat antérieur est complété par Cohen.
La théorie des ensembles pour tous ouvre une présentation plus générale du domaine où se place ce résultat.
Explorez les mathématiques autrement
Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.
Découvrir les offres
