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AnalyseNotion · Glossaire

Convergence lente

La convergence lente décrit une suite qui approche bien sa limite, mais dont l'erreur diminue moins vite qu'une référence géométrique qⁿ, avec 0 < q < 1. Avec l'exemple 1/n, l'erreur vaut encore 0,1 après 10 étapes et 0,01 après 100. En analyse numérique, cette lenteur peut donc exiger beaucoup d'itérations pour atteindre la précision souhaitée.
ny1234567891000,51 1/n(1/2)ⁿ
Pour les mêmes indices, 1/n reste au-dessus de (1/2)ⁿ : son erreur diminue plus lentement.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Définir la convergence lente par la décroissance de l'erreur.
  • Comparer 1/n à une convergence géométrique sur des valeurs calculées.
  • Comprendre ce que peut et ne peut pas faire une accélération de convergence.

En clair

Imaginez une suite de nombres qui se rapproche de 0. Avec 1/n, le premier terme vaut 1, puis les suivants diminuent, mais chaque gain devient moins spectaculaire. Après 10 étapes, on est à 0,1 ; après 100 étapes, seulement à 0,01. Une suite géométrique comme (1/2)ⁿ perd, elle, la moitié de sa valeur à chaque étape. La convergence lente décrit ce rapprochement réel, mais moins rapide, qui peut rendre les calculs numériques longs avant d'obtenir une précision satisfaisante.

Définition

Une suite (un) converge vers une limite L lorsque ses termes se rapprochent de L quand l'indice n augmente sans borne. Pour une référence géométrique qⁿ donnée, avec 0 < q < 1, on peut parler de convergence lente lorsque l'erreur en = |un − L| vérifie en/qⁿ → +∞ ; c'est le cas de en = 1/n. À l'inverse, une borne en ≤ Cqⁿ, avec C > 0, caractérise une décroissance au moins géométrique, sans impliquer que le rapport entre deux erreurs successives soit exactement constant ni que l'erreur soit réduite d'un facteur fixe à chaque étape.
Les exemples un = 1/n et un = 1/√n tendent vers 0, mais leurs erreurs diminuent selon une puissance inverse de n. Elles deviennent donc petites, sans être divisées par un facteur fixe à chaque itération. Le mot « lente » compare ainsi des vitesses d'approche ; il ne signifie pas que la suite cesse de converger. La comparaison doit préciser la limite et la mesure de l'erreur, car toutes les convergences non géométriques ne forment pas une seule classe de vitesse.

Un exemple, pas à pas

Prenons un = 1/n, dont la limite est L = 0. À n = 10, l'erreur vaut exactement |u10 − L| = 0,1 ; à n = 100, elle vaut exactement 0,01. Pour gagner un facteur 10 de précision, il faut donc multiplier n par 10. À titre de comparaison, la suite vn = (1/2)ⁿ vaut exactement 1/1 024 à n = 10, soit environ 0,00098.
La transformation d'Aitken utilise trois termes successifs pour estimer une limite plus efficacement. En notant Δun = un+1 − un et Δ²un = un+2 − 2un+1 + un, elle forme, lorsque Δ²un n'est pas nul, un(Δun)2Δ2unu_n-\frac{(\Delta u_n)^2}{\Delta^2u_n}. Pour n = 10, les trois termes sont u10 = 1/10, u11 = 1/11 et u12 = 1/12 ; ainsi Δu10 = −1/110 et Δ²u10 = 1/660. La substitution donne alors 1/10 − (1/110)²/(1/660) = 1/22, soit environ 0,0455 : cette valeur est plus proche de 0 que u10 = 0,1, sans transformer la méthode en garantie universelle.

En pratique

Dans un calcul numérique, une convergence lente se repère lorsque les dernières itérations changent encore sensiblement le résultat malgré une tendance régulière vers la limite. Il faut alors fixer une tolérance, c'est-à-dire une erreur maximale acceptable, et compter les itérations nécessaires pour l'atteindre. Pour un = 1/n, obtenir une erreur au plus égale à 0,001 exige n ≥ 1 000. Une méthode d'accélération peut réduire ce coût, à condition de respecter ses hypothèses et de vérifier le résultat.

À ne pas confondre

Une convergence lente n'est pas une divergence. Une suite divergente ne possède pas la limite recherchée, alors que 1/n converge bien vers 0. Elle ne se confond pas non plus avec une convergence géométrique : cette dernière est un modèle de décroissance de l'erreur, tandis que la première expression décrit une vitesse comparativement faible. Enfin, lenteur et monotonie sont différentes : une suite peut converger lentement en oscillant autour de sa limite, si ses oscillations s'amortissent.

Limites et pièges

La formule « plus lente que la convergence géométrique » est une comparaison, pas une définition complète valable sans contexte. Il faut préciser la limite, l'erreur observée et la suite de comparaison. Une suite peut avoir des phases de progression rapide puis lente, ou des termes qui oscillent ; regarder seulement quelques valeurs peut donner un diagnostic trompeur.
Les méthodes d'accélération ont aussi un domaine de validité. La transformation d'Aitken exige notamment que le dénominateur Δ²un soit non nul et peut amplifier des erreurs d'arrondi. La méthode de Romberg concerne l'accélération de l'intégration numérique à partir d'approximations structurées ; elle n'est pas une recette universelle pour toute suite lente. Une précision affichée ne vaut donc que si les hypothèses, l'arithmétique et le critère d'arrêt sont contrôlés.

Pour aller plus loin

Pour comparer finement deux convergences, on peut étudier le rapport entre leurs erreurs successives ou rechercher un ordre de décroissance. Une erreur de type 1/nᵖ, avec p > 0, devient plus petite quand n augmente, mais son ordre dépend de p ; une erreur géométrique qⁿ, avec 0 < q < 1, finit par décroître plus vite que toute puissance inverse de n. Cette hiérarchie explique pourquoi l'analyse du taux asymptotique complète l'observation de quelques itérations.
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