GéométrieReprésentation graphique · Glossaire
courbe d'isocoût
Une courbe d'isocoût représente toutes les combinaisons de facteurs de production qui entraînent le même coût total. Avec deux facteurs dont les prix unitaires sont strictement positifs et constants, elle est une droite décroissante : augmenter l'un impose de réduire l'autre pour garder la même dépense. Elle sert à rechercher la combinaison la moins coûteuse permettant d'atteindre un niveau de production donné, en la comparant aux isoquantes.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier ce que conserve une droite d’isocoût.
- Calculer ses intersections et interpréter sa pente à partir des prix des facteurs.
- Distinguer l’isocoût de l’isoquante et reconnaître les cas où la tangence ne suffit pas.
En clair
Une entreprise dispose de 1 200 € pour louer des machines et payer du travail. Elle peut choisir beaucoup de machines et peu d’heures de travail, ou l’inverse. Chaque choix qui dépense exactement ces 1 200 € se place sur la même droite d’isocoût.
Cette droite montre donc les échanges possibles entre deux facteurs de production sans changer le coût total. Sa pente dépend de leurs prix : si le travail devient relativement plus cher, il faut renoncer à davantage de capital pour ajouter une heure de travail.
Définition
Une courbe d’isocoût rassemble les combinaisons de facteurs qui entraînent un même coût total. On note K la quantité de capital et L la quantité de travail. Le prix d’une unité de capital est noté a, celui d’une unité de travail b, et le coût total fixé C0. Avec deux facteurs à prix unitaires constants, son équation définit une droite. Dans le domaine économique K ≥ 0 et L ≥ 0, lorsque a, b et C0 sont strictement positifs, l’isocoût est le segment de cette droite qui relie les deux axes.
La contrainte de coût s’écrit :
Dans le plan où L est porté horizontalement et K verticalement, on peut aussi écrire K = C0/a − (b/a)L, lorsque a est non nul. Si a, b et C0 sont strictement positifs, la droite coupe les axes en C0/b unités de travail et C0/a unités de capital. Sa pente vaut −b/a : elle mesure le capital auquel il faut renoncer pour ajouter une unité de travail à coût constant.
L’isocoût joue, pour le producteur, le rôle de la droite budgétaire pour le consommateur. Une isoquante rassemble au contraire les combinaisons qui donnent une même production. Sous les hypothèses usuelles d’un optimum intérieur et régulier, le coût minimal pour une production imposée se repère lorsque l’isoquante est tangente à la droite d’isocoût.
Où on le rencontre
On rencontre l’isocoût sur un graphique de microéconomie consacré aux choix de production. Un axe porte la quantité de travail L et l’autre la quantité de capital K. Une droite descendante relie les deux axes, un montant de coût lui est associé et les prix des facteurs sont supposés fixés.
Plusieurs droites parallèles peuvent apparaître lorsque les prix restent identiques : chacune correspond alors à un coût total différent. Une isoquante peut être tracée sur le même repère pour représenter un niveau de production, mais elle ne porte pas la même information.
Le mode d'emploi
La grandeur conservée le long d’une droite d’isocoût est le coût total. La lecture suppose de connaître le sens des axes, les unités des deux facteurs et le montant associé à la droite.
1. Lisez les intersections. Sur l’axe du travail, l’intersection indique la quantité achetable sans capital. Sur l’axe du capital, elle indique la quantité achetable sans travail.
2. Contrôlez un point. Multipliez chaque quantité par son prix unitaire, puis additionnez les deux dépenses. Le point appartient à l’isocoût si la somme est égale au coût fixé.
3. Interprétez la pente. Une pente de −1/2 signifie qu’une unité de travail supplémentaire remplace une demi-unité de capital à coût constant. Une droite visuellement plus raide n’indique pas forcément un coût plus élevé : l’échelle des axes peut tromper. Le bon réflexe consiste à calculer −b/a et à lire l’étiquette de coût.
Un exemple, pas à pas
Un atelier réserve 1 200 € à deux facteurs. Une machine-heure coûte 60 € et une heure de travail coûte 30 €. On note K le nombre de machine-heures et L le nombre d’heures de travail.
1. Écrivez le coût. La droite cherchée vérifie :
2. Trouvez les extrémités. Avec K = 0, l’atelier peut payer 1 200/30 = 40 heures de travail. Avec L = 0, il peut louer 1 200/60 = 20 machine-heures.
3. Vérifiez une combinaison. Pour L = 20 et K = 10, la dépense vaut 30 × 20 + 60 × 10 = 600 + 600 = 1 200 €. Ce point appartient donc à la droite.
4. Lisez l’échange. La pente est −30/60 = −1/2. Ajouter 2 heures de travail oblige à retirer 1 machine-heure pour conserver 1 200 €. Le graphique matérialise ces trois contrôles : les deux intersections, le point vérifié et la pente.
En pratique
Pour comparer deux organisations d’un atelier, on place leurs quantités de travail et de capital dans le même repère. Si elles sont sur la même droite d’isocoût, elles coûtent autant ; le choix dépend alors de la production obtenue.
Pour étudier une hausse du budget avec des prix inchangés, on trace une droite parallèle plus éloignée de l’origine. Si la pente change, ce n’est pas seulement le budget qui varie : le prix relatif du travail et du capital a changé.
Pour rechercher le coût minimal d’une production donnée, on rapproche une droite d’isocoût de l’origine jusqu’au premier contact avec l’isoquante visée. Une tangence décrit le cas intérieur régulier ; à un bord ou à un angle, il faut comparer directement les combinaisons réalisables.
À ne pas confondre
Isoquante. Une isoquante conserve la quantité produite, tandis qu’un isocoût conserve la dépense. Deux points d’une même isoquante donnent la même production ; deux points d’un même isocoût coûtent la même somme.
Droite budgétaire du consommateur. Son équation linéaire est analogue, mais ses axes représentent des quantités de biens consommés. L’isocoût porte sur des facteurs utilisés pour produire : capital et travail dans le modèle à deux facteurs.
Limites et pièges
Prix nul. La formule de pente −b/a suppose a non nul. Si le capital est gratuit, donc a = 0 et b > 0, la contrainte fixe L = C0/b : la droite est verticale dans le plan (L, K). Si le travail est gratuit, donc b = 0 et a > 0, elle est horizontale.
Prix variables. La droite vient du coût linéaire aK + bL avec des prix unitaires constants. Une structure conditionnelle ou discontinue, comme des tarifs par paliers, des remises ou des coûts fixes déclenchés sous certaines conditions, peut produire plusieurs segments ; une fonction de coût non linéaire peut produire une relation non linéaire. En revanche, un coût fixe additif F conserve une relation affine F + aK + bL = C0. Il faut tracer la fonction de coût réellement applicable.
Tangence non garantie. La tangence décrit un optimum intérieur lorsque l’isoquante est suffisamment régulière. Si la technologie impose un angle, une quantité indivisible ou une solution sur un axe, le minimum peut se trouver sans tangence. Il faut vérifier les points de bord et les combinaisons admissibles.
Pour aller plus loin
Avec plus de deux facteurs, l’idée ne change pas : les combinaisons de coût identique forment un hyperplan plutôt qu’une droite. Les coefficients de l’équation restent les prix unitaires des facteurs.
Lorsque les prix a et b restent fixes, faire varier C0 produit une famille de droites parallèles. Leur éloignement de l’origine augmente avec le budget, tandis que leur pente −b/a demeure inchangée.
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