ArithmétiqueNotion · Glossaire
Goldbach Christian
Christian Goldbach est un mathématicien allemand principalement connu pour la conjecture qui porte son nom, toujours ni démontrée ni infirmée. Dans sa formulation actuelle, elle affirme que tout entier pair supérieur ou égal à 4 est la somme de deux nombres premiers.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Situer Christian Goldbach entre Königsberg, ses voyages européens et l'Académie de Saint-Pétersbourg.
- Relier sa correspondance avec Euler à la conjecture qui porte son nom.
- Formuler précisément la conjecture pour les entiers pairs à partir de 4.
- Vérifier toutes les décompositions de 28 sans confondre exemple et preuve générale.
En clair
Au XVIIIe siècle, Christian Goldbach échange des idées mathématiques avec Leonhard Euler par lettres. Une question issue de cette correspondance porte aujourd'hui son nom : peut-on toujours partager un nombre pair, à partir de 4, en deux nombres premiers ?
Avec 28, on trouve par exemple 5 + 23, mais aussi 11 + 17. Des calculs peuvent confirmer la propriété pour des nombres choisis. Ils ne remplacent cependant pas une démonstration valable pour tous les entiers pairs.
Définition
Christian Goldbach (1690–1764) est un mathématicien allemand formé au droit et aux mathématiques à Königsberg, alors en Prusse. Au cours de ses voyages européens, il rencontre Leibniz, Nicolas Bernoulli et Leonhard Euler. Il poursuit avec Euler une correspondance scientifique prolongée. Goldbach entre ensuite au service de la cour impériale russe et devient membre de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg. Ses travaux portent aussi sur les séries et les équations différentielles.
Son nom reste surtout attaché à une conjecture trouvée dans une lettre à Euler. Un nombre premier est un entier supérieur à 1 qui possède exactement deux diviseurs positifs : 1 et lui-même. Dans la formulation actuelle, si la lettre n désigne un entier pair, la conjecture affirme : . Les deux nombres premiers ne sont pas nécessairement distincts : 4 = 2 + 2.
Une conjecture est un énoncé tenu pour plausible mais qui n'a pas reçu de démonstration générale. L'égalité 28 = 5 + 23 en vérifie seulement un cas. D'après la définition source, la conjecture de Goldbach n'est à ce jour ni démontrée ni infirmée.
Un exemple, pas à pas
Prenons l'entier pair 28 et cherchons toutes les décompositions utiles sans compter deux fois une même paire. Il suffit d'essayer un premier inférieur ou égal à 14, puis d'examiner son complément. Le schéma résume les deux décompositions qui réussissent.
Données.
Entier étudié : 28.
Premiers à tester jusqu'à 14 : 2, 3, 5, 7, 11 et 13.
Complément d'un nombre p : 28 − p.
Entier étudié : 28.
Premiers à tester jusqu'à 14 : 2, 3, 5, 7, 11 et 13.
Complément d'un nombre p : 28 − p.
Étape 1. Les compléments successifs sont 26, 25, 23, 21, 17 et 15. Seuls 23 et 17 sont premiers.
Étape 2. On obtient donc deux écritures : . Inverser les termes ne crée pas une nouvelle paire.
Contrôle. Les quatre termes 5, 11, 17 et 23 sont premiers, et chaque somme vaut exactement 28. Ce calcul vérifie la conjecture pour 28 seulement ; il ne prouve pas l'énoncé pour tous les entiers pairs.
En pratique
Pour explorer la conjecture sur un entier pair donné, on teste les nombres premiers jusqu'à sa moitié et l'on vérifie si le complément est premier. Cette procédure évite de compter séparément 5 + 23 et 23 + 5 pour l'entier 28.
Pour lire une décomposition proposée, on contrôle deux points distincts : la somme doit redonner l'entier choisi et chacun des deux termes doit être premier. Si l'un des termes est composé, l'écriture ne convient pas.
Pour situer Goldbach dans l'histoire des mathématiques, sa correspondance avec Euler est plus informative qu'une liste de calculs isolés. Elle relie la personne, l'énoncé qui porte son nom et la formulation étudiée aujourd'hui.
À ne pas confondre
Christian Goldbach et la conjecture de Goldbach. Goldbach est la personne née en 1690 et morte en 1764 ; la conjecture est l'énoncé mathématique associé à sa correspondance avec Euler. Une recherche biographique ne se réduit donc pas au seul problème arithmétique.
Conjecture et théorème démontré. Vérifier 28 = 5 + 23 fournit un exemple conforme. Cela ne transforme pas l'énoncé général en théorème : une démonstration doit couvrir tous les entiers pairs à partir de 4.
Nombre premier et nombre impair. Les deux propriétés ne coïncident pas. Le nombre 2 est premier et pair, tandis que 9 est impair mais composé. Pour 4, la décomposition 2 + 2 est donc recevable.
Limites et pièges
Le seuil 4 fait partie de l'énoncé. L'entier 2 est pair, mais il ne peut pas être la somme de deux nombres premiers positifs. La formulation actuelle commence donc à 4, avec 4 = 2 + 2.
Les deux nombres premiers peuvent être égaux. Exiger deux termes distincts écarterait à tort le cas 4. Il faut lire « deux nombres premiers » comme deux termes, sans ajouter une condition absente de l'énoncé.
Une vérification finie ne vaut pas preuve générale. Un programme peut trouver des décompositions pour de nombreux entiers. Tant qu'un raisonnement ne traite pas tous les entiers pairs concernés, la conjecture demeure une conjecture.
L'absence de décomposition exige un contrôle complet. Échouer avec quelques premiers ne fournit pas un contre-exemple. Pour 28, s'arrêter avant 5 masquerait 5 + 23 ; il faut examiner systématiquement les candidats jusqu'à la moitié.
Pour aller plus loin
conjecture de Goldbach. Cette entrée approfondit l'énoncé arithmétique auquel le nom de Christian Goldbach reste attaché.
Euler Leonhard. Cette biographie situe le correspondant avec lequel Goldbach a entretenu un échange scientifique prolongé.
Une passion pour la conjecture de Goldbach. Cet article prolonge la découverte du problème au-delà de la fiche biographique.
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