- Identifier les cylindres népériens, les roues chiffrées et les fenêtres d'affichage.
- Suivre le rôle du report automatique des retenues.
- Situer la conception de 1623, la lettre à Kepler, la destruction et la reproduction de 1960.
- Distinguer la machine de Schickard de celle de Pascal et de ses seuls cylindres népériens.
ArithmétiqueOutil · Glossaire
machine de Schikard
La machine de Schickard est une machine à calculer mécanique qui coordonne des cylindres népériens pour faciliter les multiplications et des roues chiffrées pour afficher les résultats. Un mécanisme de report automatique transmet les retenues entre les positions, ce qui automatise une partie essentielle du calcul arithmétique.

Sommaire
Ce que vous allez apprendre
En clair
En 1623, Wilhelm Schickard conçoit une machine où des nombres apparaissent dans des fenêtres. Des cylindres népériens placés verticalement aident à effectuer les multiplications. Des roues chiffrées prennent en charge le calcul, et un mécanisme transmet automatiquement les retenues d'une position à la suivante.
Cette « horloge à calculer » associe donc deux gestes : préparer les produits grâce aux cylindres, puis lire le résultat sur les roues. Elle constitue la première machine connue automatisant des opérations arithmétiques.
Définition
La machine de Schickard est une machine à calculer mécanique conçue en 1623 par Wilhelm Schickard, mathématicien et astronome allemand. Son mécanisme combine des cylindres népériens verticaux, employés pour faciliter les multiplications, et des roues chiffrées dont les valeurs se lisent dans des fenêtres. Le passage d'une retenue d'une position à la suivante est automatique.
Schickard nommait l'appareil « horloge à calculer » et en décrivit le mécanisme dans une lettre à Johannes Kepler. La machine est antérieure de 19 ans à celle de Pascal. Elle est présentée comme la première machine connue qui automatise des opérations arithmétiques, et non comme un simple dispositif affichant des tables de calcul.
L'exemplaire construit fut détruit peu après, pendant la guerre de Trente Ans. L'objet historique n'est donc connu ici qu'à travers sa description et la reproduction fidèle réalisée en 1960.
Où on le rencontre
On rencontre la machine de Schickard dans l'histoire du calcul mécanique au XVIIe siècle. Quatre marqueurs permettent de la reconnaître : des cylindres népériens verticaux, des roues portant des chiffres, des fenêtres où apparaissent les valeurs et un dispositif interne de report des retenues.
La lettre adressée à Johannes Kepler conserve la description du mécanisme. L'appareil construit ayant été détruit pendant la guerre de Trente Ans, la trace matérielle mentionnée par la source est une reproduction fidèle réalisée en 1960. Cet ensemble documente la manière dont la machine organisait et affichait des opérations arithmétiques.
Le mode d'emploi
La valeur à lire est le nombre affiché par les roues chiffrées dans leurs fenêtres. Pour suivre le fonctionnement, on distingue d'abord les cylindres népériens verticaux, qui préparent les multiplications, des roues qui portent et affichent les valeurs. On observe ensuite les fenêtres comme des positions chiffrées successives. Enfin, lorsqu'une position produit une retenue, on vérifie que le mécanisme la reporte automatiquement vers la position suivante.
Le piège consiste à prendre les cylindres visibles pour l'ensemble de la calculatrice. Ils n'assurent qu'une partie du travail : le résultat se suit sur les roues et leurs fenêtres, tandis que le report relie les positions entre elles. Le bon réflexe est donc de lire les trois sous-ensembles comme un mécanisme coordonné.
Un exemple, pas à pas
Pour rendre visible le report décrit par la source, testons l'opération 9 + 1 sur les deux positions de droite. Ce petit cas illustre le fonctionnement des roues chiffrées, des fenêtres d'affichage et du mécanisme automatique de retenue.
1. On place la roue des unités sur 9 et celle des dizaines sur 0 : les deux fenêtres indiquent 09.
2. On ajoute 1 sur la roue des unités. Elle passe de 9 à 0 et produit une retenue.
3. Le mécanisme transmet cette retenue à la position suivante : la roue des dizaines passe de 0 à 1.
4. Les fenêtres indiquent alors 10, résultat attendu de 9 + 1.
2. On ajoute 1 sur la roue des unités. Elle passe de 9 à 0 et produit une retenue.
3. Le mécanisme transmet cette retenue à la position suivante : la roue des dizaines passe de 0 à 1.
4. Les fenêtres indiquent alors 10, résultat attendu de 9 + 1.
Ce test isole volontairement le report : les roues portent les valeurs, les fenêtres permettent de lire 09 puis 10, et la retenue relie les deux positions. Les cylindres népériens, employés pour faciliter les multiplications, n'interviennent pas dans cette addition élémentaire.
En pratique
Pour reconnaître la machine dans une présentation historique, on cherche l'association des cylindres népériens verticaux, des roues chiffrées et des fenêtres. Un dispositif limité aux cylindres ne suffit pas : il faut aussi retrouver l'affichage mécanique des valeurs.
Pour expliquer son intérêt arithmétique, on suit le trajet d'une retenue. Si son passage entre deux positions est assuré par le mécanisme, on observe l'automatisation revendiquée ; sinon, l'opérateur devrait intervenir lui-même.
Pour la situer dans le temps, on retient 1623 et l'antériorité de 19 ans sur la machine de Pascal. La lettre à Kepler sert de trace descriptive, tandis que la reproduction de 1960 fournit la trace matérielle mentionnée par la source.
À ne pas confondre
La machine de Schickard ne se confond pas avec la machine de Pascal. Le critère décisif donné par la source est chronologique : la première date de 1623 et précède la seconde de 19 ans. Une mention de l'« horloge à calculer » ou de la lettre à Kepler désigne donc la machine de Schickard.
Limites et pièges
L'appareil construit en 1623 ne doit pas être pris pour un objet conservé intact. Il fut détruit peu après sa construction pendant la guerre de Trente Ans. Pour examiner son apparence matérielle, il faut donc distinguer la machine disparue de la reproduction fidèle réalisée en 1960.
L'expression « première machine connue » porte sur l'état des connaissances, et la source la qualifie par l'automatisation des opérations arithmétiques. Elle ne signifie pas que chaque instrument de calcul antérieur était une machine équivalente. Le bon réflexe est de conserver ensemble les mots « connue » et « automatisant ».
Enfin, « report automatique » ne signifie pas que les cylindres effectuent seuls toute l'opération. Le symptôme de cette confusion est l'effacement des roues et des fenêtres dans l'explication. Il faut attribuer à chaque sous-ensemble le rôle précis indiqué par la description.
Pour aller plus loin
La machine invite à étudier séparément trois idées : l'emploi de cylindres népériens pour préparer une multiplication, l'affichage positionnel par roues et fenêtres, puis l'automatisation du report des retenues. Leur articulation permet de passer d'un support de calcul à une machine mécanique coordonnée.
Son histoire pose aussi une question de méthode : comment connaître un instrument disparu à partir d'une description adressée à Kepler et d'une reproduction postérieure ? Comparer la fonction annoncée, les composants décrits et ce que la reproduction matérialise aide à séparer la source historique de sa reconstruction.
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