Histoire et cultureNotion · Glossaire
Marolois Samuel
Samuel Marolois (vers 1572–1627) est un mathématicien et ingénieur militaire hollandais associé à l'architecture militaire du début du XVIIe siècle. Une fortification de Coevorden lui est attribuée sous la forme d'un heptagone régulier, reliant géométrie et défense. Il a aussi écrit sur les systèmes de siège et la perspective géométrique.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier Samuel Marolois et situer son activité au début du XVIIe siècle.
- Comprendre ce que signifie la forme d'un heptagone régulier à Coevorden.
- Relier fortification, perspective géométrique, ouvrages et notation du sinus sans effacer les limites historiques.
En clair
À la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle, Samuel Marolois étudie les formes qui peuvent organiser une ville fortifiée et les méthodes utilisées pendant un siège. À Coevorden, aux Pays-Bas, une fortification régulière en forme d'heptagone lui est attribuée.
Son travail relie plusieurs usages des mathématiques : décrire une défense, raisonner sur l'attaque et la représenter avec la perspective géométrique. Il contribue aussi à fixer des notations, notamment l'abréviation « Sin » pour le sinus d'un angle.
Définition
Samuel Marolois est un mathématicien et ingénieur militaire hollandais associé à l'architecture militaire du début du XVIIe siècle. Son œuvre ne désigne pas une notion unique : elle rassemble une réflexion théorique sur les systèmes d'attaque et de défense pendant les sièges, une pratique de la fortification et des traités de perspective géométrique destinés aux architectes et aux ingénieurs.
La fortification de Coevorden qu'il a conçue ou décrite est donnée comme un heptagone régulier ; cette mention concerne la forme géométrique, pas la totalité d'un dispositif militaire réel. Les systèmes de Marolois codifient les opérations d'attaque et de défense dans le cadre des sièges, mais la source précise que ces techniques sont progressivement dépassées par l'évolution des armements.
Ses ouvrages principaux sont Fortification ou architecture militaire (1615) et Geometrie, contenant la théorie et practique d'icelle, nécessaire à la fortification (1616, réédité en 1627), auxquels s'ajoutent des traités de perspective. Certains textes ont été revus et augmentés par Albert Girard, qui publie ensuite les Œuvres mathématiques complètes de Marolois, augmentées et corrigées.
Un exemple, pas à pas
Pour comprendre le lien entre la géométrie et la fortification de Coevorden, on peut examiner la forme annoncée : un heptagone régulier. Les données de l'exemple sont les suivantes : le polygone possède 7 côtés, ses 7 côtés ont même longueur et ses 7 angles ont même mesure.
1. On compte les côtés : il y en a 7, ce qui distingue l'heptagone d'un hexagone ou d'un octogone.
2. On vérifie que les côtés sont égaux : c'est la condition de régularité sur les longueurs.
3. On vérifie que les angles sont égaux : c'est la seconde condition de régularité.
4. On conclut que la forme est un heptagone régulier, sans conclure que chaque détail de la fortification historique est régulier.
2. On vérifie que les côtés sont égaux : c'est la condition de régularité sur les longueurs.
3. On vérifie que les angles sont égaux : c'est la seconde condition de régularité.
4. On conclut que la forme est un heptagone régulier, sans conclure que chaque détail de la fortification historique est régulier.
Le contrôle est refaisable sur un dessin : sept segments fermés doivent former le contour, puis la comparaison des longueurs et des angles doit confirmer la régularité. Le résultat géométrique est donc une forme à sept côtés égaux et à sept angles égaux ; la représentation schématique du document en donne une illustration.
En pratique
Pour lire l'apport militaire de Marolois, le lecteur part d'un plan de ville ou d'une description de siège. Il repère la forme de la défense, puis distingue les positions, les attaques et les réponses prévues. Un plan historique complet reste nécessaire pour les détails que la seule forme géométrique ne donne pas.
Pour étudier ses textes de perspective, prenons comme objet les deux bords parallèles d'un ouvrage représenté pour un architecte ou un ingénieur, avec leurs extrémités repérées A, B, C et D. 1. Repère les segments [AB] et [CD] dans la représentation. 2. Prolonge leurs lignes jusqu'à leur point de fuite commun V, c'est-à-dire le point où leurs directions représentées se rejoignent. 3. Depuis les extrémités correspondantes, trace les lignes qui rejoignent V pour fermer la face de l'ouvrage en profondeur. Le résultat vérifiable est que les deux bords s'orientent vers le même V et que la face se resserre dans cette direction ; s'ils ne partagent pas ce point, la construction n'est pas cohérente. Ce schéma géométrique aide à représenter l'organisation spatiale, mais ne remplace pas un plan historique complet.
Pour reconnaître la notation historique, on lit « Sin » comme l'abréviation du sinus d'un angle lorsque le contexte trigonométrique l'impose. Le sinus est une grandeur trigonométrique associée à cet angle : si « Sin » précède un angle ou une valeur dans le passage, c'est un indice de cette lecture. Cette abréviation ne transforme pas toute occurrence des lettres en symbole universel.
À ne pas confondre
Un heptagone n'est pas nécessairement un heptagone régulier. Pour un polygone simple et convexe, le critère qui tranche est géométrique : l'heptagone régulier possède sept côtés de même longueur et sept angles de même mesure. Un contour à sept côtés inégaux reste un heptagone, mais pas un heptagone régulier.
Une fortification en forme d'heptagone ne se confond pas avec la totalité d'un système de siège. La première décrit une forme de construction ; le second comprend les systèmes d'attaque et de défense codifiés dans le cadre des sièges. Un plan peut montrer la forme sans exposer la stratégie.
Limites et pièges
La forme régulière ne suffit pas à reconstituer une fortification historique. Le symptôme d'une lecture excessive est l'attribution au polygone de murs, d'ouvrages ou de trajectoires que la source ne décrit pas. Il faut alors consulter le plan ou le traité concerné et limiter l'interprétation à la forme attestée.
Les systèmes théorisés par Marolois ne sont pas intemporels. La source indique que l'évolution des armements les a progressivement dépassés. Une explication correcte les situe donc dans la guerre de siège de leur époque, au lieu d'en faire une méthode militaire encore suffisante.
La date 1616 correspond à la publication de Geometrie, tandis que 1627 désigne sa réédition et l'année jusqu'à laquelle la source situe la vie de Marolois. La publication posthume des Œuvres mathématiques complètes par Girard doit rester distinguée de ces deux repères.
Pour aller plus loin
Pour prolonger l'étude de la forme géométrique mentionnée dans la fiche, l'article Heptagone permet de revenir aux propriétés d'un polygone à sept côtés et de mieux séparer la définition du polygone de son emploi en fortification.
Pour suivre le rôle éditorial et mathématique d'Albert Girard dans les textes associés à Marolois, l'article Girard Albert apporte le contexte consacré à cet auteur et à ses publications.
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