GéométrieNotion · Glossaire
octahemioctaèdre
L’octahémioctaèdre est un polyèdre uniforme non convexe, ou étoilé, de la classe des semi-réguliers, noté U3 et appartenant aux polyèdres de Badoureau. Ses 8 faces triangulaires et ses 4 faces hexagonales croisées se décrivent aussi comme 8 demi-faces hexagonales. Comme le cuboctaèdre convexe, il compte 12 sommets et 24 arêtes.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier la nature uniforme et non convexe du solide.
- Compter correctement ses faces, sommets et arêtes.
- Comprendre pourquoi sa surface est topologiquement équivalente à un tore.
- Le distinguer du cuboctaèdre convexe.
En clair
Imaginez un solide dont les faces se croisent au lieu de rester toutes à l'extérieur. On y compte 8 triangles et 4 hexagones, mais chaque hexagone est traversé par sa propre forme étoilée : il donne ainsi 8 demi-faces hexagonales. Cette apparence explique le nom d’octahémioctaèdre.
Le solide possède 12 sommets et 24 arêtes, comme le cuboctaèdre convexe. Sa surface réserve une surprise : en la parcourant depuis un triangle, on peut rejoindre la face interne des triangles voisins. Du point de vue topologique, cette surface a donc la forme d’un tore.
Définition
L’octahémioctaèdre est un polyèdre uniforme non convexe, ou polyèdre étoilé, classé parmi les polyèdres semi-réguliers. Il est noté U3 et appartient à la famille des polyèdres de Badoureau. « Uniforme » signifie ici que ses sommets sont équivalents par symétrie ; « non convexe » signifie qu’une partie de la surface pénètre dans l’enveloppe visuelle du solide.
Sa structure comporte 8 faces triangulaires et 4 faces hexagonales croisées. Chaque hexagone croisé peut être décrit comme 2 demi-faces hexagonales, ce qui fournit 8 demi-faces et éclaire le préfixe « hémio ». Le solide compte 12 sommets et 24 arêtes. Ces nombres sont ceux du cuboctaèdre convexe, auquel il correspond par son réseau de sommets et d’arêtes, malgré une géométrie non convexe différente.
La distinction essentielle porte sur la surface. Elle n’est pas une simple enveloppe sphérique : sa structure permet, en suivant la surface à partir d’un triangle, d’atteindre la face interne des triangles adjacents. Elle est donc topologiquement équivalente à un tore.
Un exemple, pas à pas
Pour lire une représentation de l’octahémioctaèdre, on peut suivre un inventaire unique plutôt que compter les croisements à l’œil. Les données de départ sont : 8 faces triangulaires, 4 faces hexagonales croisées, 12 sommets et 24 arêtes.
On sépare d’abord les deux types de faces : les triangles sont au nombre de 8, tandis que les hexagones croisés sont au nombre de 4.
On dédouble ensuite chaque hexagone croisé en deux demi-faces : 4 × 2 = 8 demi-faces hexagonales.
On conserve enfin le comptage global du réseau : 12 sommets et 24 arêtes.
Le bilan lu dans la représentation est donc 8 triangles, 4 hexagones croisés, 8 demi-faces hexagonales, 12 sommets et 24 arêtes.
On dédouble ensuite chaque hexagone croisé en deux demi-faces : 4 × 2 = 8 demi-faces hexagonales.
On conserve enfin le comptage global du réseau : 12 sommets et 24 arêtes.
Le bilan lu dans la représentation est donc 8 triangles, 4 hexagones croisés, 8 demi-faces hexagonales, 12 sommets et 24 arêtes.
Le contrôle consiste à vérifier que le dédoublement concerne seulement les hexagones et ne transforme pas 4 faces en 8 faces indépendantes. Le résultat obtenu décrit la structure annoncée, tandis que la possibilité d’atteindre une face interne rappelle que la surface est celle d’un tore topologique.
En pratique
Dans un dessin, commencez par repérer les triangles, puis les polygones qui se croisent. Le geste utile consiste à compter séparément les faces triangulaires et les faces hexagonales, car un croisement peut donner l’impression de plusieurs contours supplémentaires.
Pour décrire la structure, notez ensuite les sommets et les arêtes du réseau. Le repère de comparaison est le cuboctaèdre convexe : il possède les mêmes nombres, 12 sommets et 24 arêtes, mais il reste convexe.
Pour comprendre la topologie, suivez mentalement la surface depuis un triangle vers ses triangles adjacents. Si le parcours fait apparaître une face interne, la surface ne se comporte pas comme celle d’une boule ; elle est topologiquement équivalente à un tore.
À ne pas confondre
L’octahémioctaèdre ne doit pas être confondu avec le cuboctaèdre. Le critère qui les sépare est la convexité : le cuboctaèdre est convexe, tandis que l’octahémioctaèdre est non convexe et possède des faces hexagonales croisées. Le cas qui tranche est donc un contour qui pénètre dans la structure, et non le seul comptage de 12 sommets et 24 arêtes.
Il ne faut pas non plus appeler les 8 demi-faces hexagonales huit faces hexagonales ordinaires. Le décompte correct distingue 4 faces hexagonales croisées et 8 demi-faces issues de leur partage descriptif.
Limites et pièges
Le nombre de faces peut être mal lu lorsque les hexagones se croisent. Le symptôme est un comptage de 8 hexagones au lieu de 4. Il faut distinguer la face hexagonale croisée entière de ses deux demi-faces : 4 faces donnent 8 demi-faces.
Une autre lecture trompeuse consiste à conclure que 12 sommets et 24 arêtes suffisent à identifier un cuboctaèdre. Ces nombres sont partagés par les deux solides dans la source, mais la convexité et la forme des faces les distinguent. Il faut donc observer la géométrie des faces avant de conclure.
Enfin, « tore » décrit ici une équivalence topologique de la surface, pas l’apparence extérieure d’un anneau. Pour lire cette propriété, repérez un triangle, choisissez un côté commun avec un triangle adjacent, puis suivez ces adjacences jusqu’à ce que le parcours mène à une face interne. Ce repère montre que la surface ne se comporte pas comme celle d’une boule ; il ne faut pas remplacer cette propriété par une simple ressemblance visuelle ni y voir une démonstration détaillée.
Pour aller plus loin
Le prolongement naturel consiste à comparer deux façons de décrire un même objet : la géométrie mesure la convexité, les faces, les sommets et les arêtes, tandis que la topologie suit la manière dont la surface se parcourt. L’octahémioctaèdre montre qu’un réseau de 12 sommets et 24 arêtes peut porter une surface topologiquement équivalente à un tore tout en ayant une forme étoilée.
Cette distinction fournit une méthode générale de lecture des polyèdres : commencer par les éléments visibles, vérifier les incidences entre faces et arêtes, puis étudier les chemins possibles sur la surface. Elle évite de déduire la topologie d’une silhouette seule.
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