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GéométriePersonnage · Glossaire

points de Lagrange

Les cinq points de Lagrange sont des positions d’équilibre relatif : un objet de masse négligeable peut y conserver la même place par rapport aux deux corps principaux, comme le Soleil et la Terre. Cet équilibre se lit dans le référentiel qui accompagne leur mouvement, et non comme une immobilité dans l’espace. Dans le système Soleil–Terre, L1 à L3 sont instables et exigent des corrections de trajectoire, tandis que L4 et L5 offrent une stabilité durable.
Construction équilatérale des points L4 et L5 Le Soleil et la Terre forment le côté commun de deux triangles équilatéraux dont les sommets sont L4 et L5. Soleil S Terre T L4 L5
L4 et L5 sont les deux sommets équilatéraux construits de part et d’autre du segment Soleil–Terre.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier les cinq points dans le référentiel Soleil–Terre.
  • Vérifier par les distances la géométrie équilatérale de L4 et L5.
  • Distinguer les points triangulaires durables des trois points d’Euler instables.
  • Éviter de confondre équilibre relatif et immobilité dans l’espace.

En clair

Imaginez le Soleil et la Terre vus sur un schéma qui tourne avec eux. Un petit satellite y subit leurs attractions et les effets liés à ce mouvement. À cinq emplacements précis, ces influences se compensent : le satellite garde alors la même disposition par rapport aux deux astres. Trois points sont alignés avec le Soleil et la Terre. Les deux autres, L4 et L5, occupent les sommets de deux triangles équilatéraux.

Définition

Un point de Lagrange est une position d’équilibre relatif dans un système formé de deux corps massifs et d’un troisième corps dont la masse est supposée négligeable. L’équilibre se décrit dans un référentiel qui accompagne le mouvement des deux corps principaux : leurs attractions gravitationnelles et les forces d’inertie s’y compensent au point considéré. Le troisième corps conserve ainsi une position relative nominale ; il n’est pas immobile dans l’espace.
Dans le problème restreint circulaire à trois corps appliqué au système Soleil–Terre, le modèle possède cinq points de ce type, notés L1 à L5. Les points L1, L2 et L3, aussi appelés points d’Euler, se trouvent sur la droite Soleil–Terre. Ils sont instables : une perturbation générique comporte une composante dans une direction instable, qui croît et écarte l’objet de sa trajectoire nominale, avec notamment l’intervention des forces de Coriolis dans le référentiel en mouvement.
Les points L4 et L5 forment chacun, avec le Soleil et la Terre, un triangle équilatéral. Dans le système Soleil–Terre décrit ici, cette géométrie correspond aux deux positions qui offrent une stabilité orbitale durable vis-à-vis des deux corps principaux. Cette stabilité ne supprime pas l’hypothèse du modèle : le troisième corps doit rester de masse négligeable par rapport aux deux autres.

Où on le rencontre

On rencontre les points de Lagrange sur un schéma du système Soleil–Terre ou sur une représentation d’orbites. Deux corps principaux y sont identifiés, une droite les relie et cinq positions portent les noms L1 à L5. Trois repères se trouvent sur la droite Soleil–Terre. Deux autres, L4 et L5, complètent deux triangles équilatéraux de part et d’autre de cette droite. Le dessin encode donc des positions relatives, et non cinq objets matériels visibles dans l’espace.

Le mode d'emploi

La grandeur à lire est la position du troisième corps relativement aux deux corps massifs. La convention indispensable est le référentiel : le schéma accompagne le mouvement du couple Soleil–Terre, afin que les deux astres et les cinq repères gardent une disposition fixe.
1. Repérez d’abord la droite Soleil–Terre. L1, L2 et L3 appartiennent à cette droite.
2. Cherchez ensuite les deux sommets qui donnent, avec le Soleil et la Terre, des triangles équilatéraux : ce sont L4 et L5.
3. Lisez enfin la stabilité annoncée. L4 et L5 sont les positions durables du système présenté, tandis que L1 à L3 exigent de tenir compte de leur instabilité.
Un dessin fixe peut faire croire que le satellite reste immobile dans l’espace. Le bon réflexe consiste à demander par rapport à quoi la position est fixe : ici, elle l’est par rapport au Soleil et à la Terre dans le référentiel qui les accompagne.

Un exemple, pas à pas

Dans un repère qui accompagne le système Soleil–Terre, prenons la distance Soleil–Terre comme unité. Les données sont les suivantes : le Soleil, noté S, a pour coordonnées (0 ; 0) ; la Terre, notée T, a pour coordonnées (1 ; 0) ; L4 est choisi au-dessus de la droite ST et L5 au-dessous.
1. L’abscisse commune de L4 et L5 est celle du milieu de ST, soit 1/2.
2. La hauteur d’un triangle équilatéral de côté 1 vaut √3/2.
3. Le signe de l’ordonnée distingue les deux côtés de la droite ST.
L4=(12,32)etL5=(12,32)L_4=\left(\frac{1}{2},\frac{\sqrt{3}}{2}\right)\quad\text{et}\quad L_5=\left(\frac{1}{2},-\frac{\sqrt{3}}{2}\right)
4. Un contrôle refaisable consiste à calculer la distance de L4 à S puis à T. Les deux carrés de distance valent exactement 1 :
(12)2+(32)2=1\left(\frac{1}{2}\right)^2+\left(\frac{\sqrt{3}}{2}\right)^2=1. Le même calcul vaut pour L5.
Les trois côtés mesurent donc une unité : S, T et L4 forment bien un triangle équilatéral, tout comme S, T et L5. Ce calcul vérifie la géométrie des deux points sans fixer une distance Soleil–Terre en kilomètres.

En pratique

Pour lire une carte du système Soleil–Terre, commencez par identifier le référentiel et les deux corps principaux. La position d’un satellite se compare alors aux repères L1 à L5, plutôt qu’à un point supposé fixe dans l’espace.
Lorsque la stabilité durable vis-à-vis du Soleil et de la Terre est le critère décisif du modèle, L4 et L5 se distinguent par leur géométrie triangulaire. Si le repère visé est aligné avec les deux astres, il appartient au groupe L1, L2, L3, dont l’instabilité doit rester explicite.
Pour contrôler un dessin, mesurez les trois côtés du triangle formé par le Soleil, la Terre et L4 ou L5. L’égalité des trois longueurs valide la construction équilatérale ; un simple placement visuel au-dessus ou au-dessous de la droite ne suffit pas.

À ne pas confondre

Point de Lagrange et point fixe dans l’espace. Un point de Lagrange est fixe seulement relativement aux deux corps principaux dans le référentiel qui accompagne leur mouvement. Si l’on change de référentiel, sa position évolue avec le système Soleil–Terre.
Point de Lagrange et milieu du segment Soleil–Terre. Le milieu se reconnaît à ses deux distances égales sur la droite. L4 et L5 sont hors de cette droite et se trouvent à une distance Soleil–Terre de chacun des deux astres dans le modèle normalisé.

Limites et pièges

Masse du troisième corps. La définition suppose cette masse négligeable devant celles des deux corps principaux. Si elle ne l’est plus, le système à deux corps massifs et un corps test n’est plus le cadre annoncé ; il faut alors tenir compte de l’action gravitationnelle du troisième corps sur les deux autres.
Équilibre ne signifie pas immobilité absolue. Le symptôme du piège est un schéma où les cinq positions semblent figées sans référentiel indiqué. Il faut lire l’équilibre relativement au couple Soleil–Terre et préciser que le repère accompagne son mouvement.
Alignement ne signifie pas stabilité. Dans le cas Soleil–Terre de la source, les trois points d’Euler L1, L2 et L3 sont instables : une perturbation générique comportant une composante dans une direction instable fait dériver l’objet de sa trajectoire nominale. Il faut donc séparer le repérage géométrique du diagnostic de stabilité.
Triangle approximatif. Pour L4 ou L5, un sommet simplement placé hors de la droite ne suffit pas. Le cas charnière est l’égalité exacte des trois côtés dans le modèle idéal ; si les mesures du dessin diffèrent au-delà de sa précision, la construction n’est pas équilatérale.

Pour aller plus loin

La force de Coriolis précise le rôle du référentiel en mouvement dans la dérive autour des points d’Euler.
L’article Promenons-nous dans le système solaire replace le couple Soleil–Terre dans un contexte orbital plus large.
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