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GéométrieReprésentation graphique · Glossaire

représentation en perspective

Une représentation en perspective est une construction graphique sur un support plan qui associe aux points d'un objet ou d'une scène en trois dimensions des points du dessin afin d'en rendre perceptibles la largeur, la hauteur et la profondeur. Selon la technique et ses conventions, directions, longueurs et convergences sont conservées ou transformées : l'image suggère donc le volume sans garantir toutes les mesures réelles.
Construction d'un cube en perspective cavalière Une face avant carrée de quatre centimètres et quatre arêtes obliques de deux centimètres inclinées à quarante-cinq degrés. face avant 4 cm 2 cm 45°
Le cube garde une face avant de 4 cm ; ses arêtes de profondeur sont ramenées à 2 cm et tracées à 45°.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Reconnaître les indices visuels qui codent la profondeur sur un support plan.
  • Construire et contrôler un cube en perspective cavalière avec un coefficient de profondeur.
  • Distinguer perspective cavalière, perspective des peintres et perspective isométrique.
  • Éviter de confondre une mesure sur le dessin avec la dimension représentée.

En clair

Regardez un cube dessiné sur une feuille : vous ne voyez que des traits sur une surface plane, mais votre œil reconnaît une face avant et une profondeur. Le dessin crée cette impression en donnant des directions différentes aux arêtes.
Une représentation en perspective organise ainsi les formes pour suggérer trois dimensions sur deux dimensions. Selon la technique, les arêtes fuyantes restent parallèles ou semblent converger vers un ou plusieurs points. L'image paraît spatiale, mais elle ne contient pas toutes les mesures de l'objet réel.

Définition

Une représentation en perspective est une construction graphique sur un support plan qui associe aux points d'un objet ou d'une scène tridimensionnelle des points du dessin. Son but est de rendre perceptibles la largeur, la hauteur et la profondeur. La technique choisie détermine quelles directions, longueurs et convergences sont conservées ou transformées.
En perspective cavalière, une face peut être dessinée sans déformation tandis que la profondeur suit une direction oblique. Un coefficient choisi peut raccourcir les longueurs portées par cette direction. En perspective des peintres, les droites parallèles qui s'éloignent dans une même direction peuvent être représentées par des droites convergeant vers un point de fuite. Pour une direction horizontale, ce point appartient à la ligne d'horizon ; celui d'une direction non horizontale peut se situer hors de cette ligne. Cette technique, codifiée au 15e siècle notamment par Leon Battista Alberti, imite les effets de la vision depuis un point de vue déterminé.
La perspective axonométrique projette l'objet suivant des directions parallèles. La perspective isométrique en est une forme particulière, tandis que la perspective cylindrique relève d'une autre construction. Un perspectographe est un instrument conçu pour aider à tracer certaines vues en perspective. Aucune variante ne préserve simultanément toutes les longueurs, tous les angles et l'apparence visuelle depuis n'importe quel point de vue.

Où on le rencontre

On rencontre une représentation en perspective sur une feuille de dessin, un plan d'architecture ou une peinture. Plusieurs indices se voient sans calcul : des arêtes obliques suggèrent la profondeur, des objets éloignés paraissent plus petits, des droites semblent converger, ou une ligne d'horizon organise la vue.
Tous ces marqueurs ne sont pas obligatoires ensemble. Une perspective cavalière garde parallèles les arêtes de même direction, alors qu'une perspective des peintres peut les faire converger. Le support porte donc une information spatiale organisée par une convention de dessin ; il ne s'agit pas d'un volume matériel aplati.

Le mode d'emploi

La grandeur à lire est la position relative des faces et des arêtes dans l'espace suggéré. 1. Repérez d'abord une face dont la forme est directement lisible. 2. Suivez les familles d'arêtes : restent-elles parallèles ou convergent-elles ? 3. Cherchez la direction oblique de profondeur, ou les points de fuite et la ligne d'horizon. 4. Identifiez enfin la convention d'échelle avant de mesurer.
L'œil peut prendre une longueur courte dans la représentation pour une arête réellement plus courte. Or ce raccourcissement peut seulement coder la profondeur. Le bon réflexe consiste à distinguer la mesure sur le support de la dimension représentée, puis à appliquer le coefficient annoncé. Sans convention fournie, l'image permet de situer les éléments, mais pas de retrouver sûrement leurs dimensions.

Un exemple, pas à pas

On veut dessiner un cube d'arête 4 cm en perspective cavalière. Les données sont : une face avant carrée de côté 4 cm, une direction de profondeur inclinée de 45° et un coefficient de profondeur égal à 1/2. Ce coefficient est un choix de dessin, pas une règle universelle.
1. Tracez le carré avant de 4 cm de côté.
2. La longueur dessinée d'une arête de profondeur vaut 4 × 1/2 = 2 cm.
3. Depuis chacun des quatre sommets, tracez un segment de 2 cm dans la même direction, inclinée de 45°.
4. Reliez leurs extrémités dans le même ordre pour former la face arrière.
Le dessin obtenu représente bien un cube dont toutes les arêtes mesurent 4 cm, même si les arêtes de profondeur ne mesurent que 2 cm sur la feuille. Le contrôle est refaisable : 2 ÷ 4 = 1/2, et les quatre segments obliques doivent être parallèles, de même longueur et orientés à 45°. La figure rend visibles cette construction et ce raccourcissement conventionnel.

En pratique

Pour un croquis géométrique, la perspective cavalière fait apparaître rapidement les faces et les arêtes. On la préfère lorsque le parallélisme et une construction à la règle comptent davantage que l'impression visuelle depuis un observateur.
En peinture ou dans une vue d'architecture, la perspective des peintres convient lorsque les directions qui s'éloignent doivent sembler converger. Le geste décisif est alors de fixer la ligne d'horizon et les points de fuite avant de tracer ces directions.
Pour comparer visuellement les dimensions suivant plusieurs axes sans convergence, une perspective axonométrique peut être préférable. La perspective isométrique constitue une option lorsque les trois directions doivent suivre une même convention de réduction.

À ne pas confondre

Perspective et projection. Une projection est l'opération géométrique qui associe des points de l'espace à un support ; une perspective est une représentation qui exploite une telle construction pour suggérer le relief. Une ombre projetée sur un plan est une projection, mais elle n'est pas nécessairement une vue destinée à faire lire l'objet en trois dimensions.
Perspective cavalière et perspective isométrique. Dans la première, une face peut conserver sa forme et la profondeur suit une direction oblique choisie. Dans la seconde, les trois directions principales suivent une convention symétrique. Un carré frontal conservé comme carré, accompagné d'arêtes obliques raccourcies, tranche en faveur de la cavalière.
Perspective et patron. La perspective superpose visuellement des faces pour suggérer le volume. Un patron sépare les faces afin qu'elles puissent se replier. Si six carrés sont accolés à plat sans arêtes de profondeur, on lit un patron de cube, pas une vue en perspective.

Limites et pièges

Mesurer sans connaître la convention. Une arête de 2 cm sur la feuille peut représenter 4 cm dans l'objet si le coefficient vaut 1/2. Le symptôme est l'absence d'échelle ou de coefficient indiqué. Il faut alors interpréter la profondeur qualitativement, sans déduire une dimension réelle.
Prendre la convergence pour une rencontre réelle. Dans une perspective avec points de fuite, deux droites parallèles de la scène peuvent converger dans l’illustration. Leur intersection dessinée code une direction par rapport au point de vue ; elle ne prouve pas que les droites se coupent dans l'espace.
Changer de règle en cours de tracé. Si les quatre arêtes de profondeur du cube n'ont plus la même direction ou le même coefficient, les faces ne se raccordent plus selon la convention choisie. Il faut conserver les paramètres du tracé pour toute la figure.
Confondre illusion et conservation métrique. Une vue convaincante peut déformer des longueurs et des angles, tandis qu'une vue moins réaliste peut faciliter certaines comparaisons. Il faut choisir la technique selon l'information à lire, car la qualité de l'illusion dépend de la construction employée.

Pour aller plus loin

La perspective cavalière détaille la construction oblique utilisée dans l'exemple et le rôle du coefficient de profondeur.
Le point de fuite précise comment une famille de directions parallèles est organisée dans la perspective des peintres.
La perspective isométrique présente une autre manière de représenter les trois directions d'un objet sans point de fuite.
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