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Snellius Villebrordus

Willebrord Snell van Royen, dit Villebrordus Snellius, est un astronome et géomètre néerlandais associé aux lois de la réfraction et à la triangulation géodésique. Pour deux milieux transparents, homogènes et isotropes, ces lois relient leurs indices optiques aux angles mesurés par rapport à la normale et permettent de prévoir la direction du rayon réfracté. La triangulation détermine des distances à partir d’une base et d’angles mesurés, notamment pour mesurer la Terre.
Réfraction d’un rayon de l’air vers le verre Un rayon incident forme 30 degrés avec la normale dans l’air et un rayon réfracté forme environ 19,47 degrés dans le verre. air n₁ = 1,00 verre n₂ = 1,50 i = 30° r ≈ 19,47°
Avec n₁ = 1,00 et n₂ = 1,50, le rayon passe de 30° à environ 19,47° et se rapproche de la normale.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier Snellius, ses dates et ses deux principaux domaines de contribution présents dans la source.
  • Appliquer la loi de réfraction à un passage de l’air au verre et contrôler le résultat.
  • Situer l’usage de la triangulation entre Alkmaar et Bergen-op-Zoom par rapport aux travaux antérieurs.
  • Distinguer la personne, la loi optique et la méthode géodésique.

En clair

Vers 1615, aux Pays-Bas, Snellius relie des points du territoire par des triangles pour mesurer un arc de méridien entre Alkmaar et Bergen-op-Zoom. Une base mesurée et des directions observées lui permettent d’atteindre, par le calcul, des distances difficiles à parcourir directement.
Son nom reste aussi attaché à la réfraction. Lorsqu’un rayon lumineux traverse obliquement la limite entre deux milieux transparents, il change de direction. La loi associée à Snellius relie ce changement aux propriétés optiques des deux milieux.

Définition

Willebrord Snell van Royen, latiné en Villebrordus Snellius, est un astronome et géomètre néerlandais né en 1581 et mort en 1626. Son œuvre associe deux domaines des mathématiques appliquées : l’optique géométrique et la géodésie.
En optique, il est généralement crédité de la découverte, en 1621, des lois de la réfraction, d’après le témoignage de Huygens. Pour deux milieux transparents, l’indice optique du premier milieu est noté n1, celui du second n2, l’angle d’incidence i et l’angle de réfraction r. Ces angles sont mesurés par rapport à la normale à l’interface. La relation s’écrit n1sini=n2sinrn_1\sin i=n_2\sin r. Elle est appelée loi de Descartes en France, loi de Snell-Descartes ou loi de Snell ailleurs.
En géodésie, Snellius perfectionne l’usage pratique de la triangulation. La méthode avait été imaginée par Gemma Frisius vers 1533 et utilisée par Tycho Brahe entre Uraniborg et la côte continentale. Vers 1615, Snellius l’applique systématiquement à la mesure d’un arc de méridien entre Alkmaar et Bergen-op-Zoom. Cette campagne ouvre la voie à des mesures plus précises de la forme de la Terre.

Un exemple, pas à pas

Un rayon passe de l’air au verre. Les données sont l’indice de l’air n1 = 1,00, l’indice du verre n2 = 1,50 et l’angle d’incidence i = 30°. On cherche l’angle de réfraction r, mesuré depuis la normale.
1. La loi associée à Snellius s’écrit n1sini=n2sinrn_1\sin i=n_2\sin r.
2. Le remplacement des données donne 1,00×sin30=1,50×sinr1{,}00\times\sin 30^\circ=1{,}50\times\sin r. Comme sin 30° = 1/2, on obtient exactement sinr=13\sin r=\frac{1}{3}.
3. La fonction sinus inverse fournit r=arcsin ⁣(13)19,47r=\arcsin\!\left(\frac{1}{3}\right)\approx19{,}47^\circ. La figure matérialise les deux angles depuis leur même référence, la normale.
Le rayon réfracté fait donc environ 19,47° avec la normale. Le résultat est cohérent : il se rapproche de la normale en entrant dans le milieu d’indice plus élevé. Le contrôle donne 1,50 × sin 19,47° ≈ 0,500, comme 1,00 × sin 30° = 0,500.

En pratique

En optique géométrique, la relation de Snell-Descartes sert à tracer ou calculer la direction d’un rayon transmis. Un tracé qualitatif suffit pour indiquer le sens de la déviation ; le calcul devient préférable dès qu’un angle ou un indice est demandé.
En géodésie, la triangulation relie une base accessible à des points éloignés par des visées angulaires. Une mesure directe est à privilégier lorsqu’elle est praticable avec la précision voulue ; la triangulation répond aux distances inaccessibles.
Dans un texte scientifique, le pays et l’époque orientent le vocabulaire : « loi de Descartes », « loi de Snell » et « loi de Snell-Descartes » peuvent désigner la même relation de réfraction. La formule permet de reconnaître le contenu au-delà du nom.

À ne pas confondre

Snellius et la loi de Snell-Descartes. Snellius est la personne ; la loi est une relation d’optique. Une question sur sa vie ou ses travaux appelle la biographie, tandis qu’un calcul reliant deux indices et deux angles appelle la loi.
Réfraction et réflexion. Le rayon réfracté traverse l’interface et se propage dans le second milieu. Le rayon réfléchi reste dans le premier. Dans l’exemple air-verre, l’angle de 19,47° concerne le rayon transmis, pas le rayon renvoyé.
Triangulation et trigonométrie. La triangulation organise des points, une base mesurée et des visées pour déterminer des distances. La trigonométrie fournit les relations de calcul. Mesurer un réseau sur le terrain relève de la première ; calculer ses côtés mobilise la seconde.

Limites et pièges

Densité et indice optique. La réfraction se calcule avec les indices optiques, pas avec la seule densité matérielle. Si deux milieux sont seulement décrits comme plus ou moins denses, il manque les données nécessaires au calcul ; il faut rechercher leurs indices aux conditions considérées.
Incidence normale. Si i = 0°, la loi donne r = 0°. Le rayon traverse l’interface sans changer de direction, même lorsque les indices diffèrent. L’absence de déviation visible ne suffit donc pas à conclure que les milieux sont identiques.
Réflexion totale. Lors d’un passage d’un indice plus élevé vers un indice plus faible, certaines incidences ne donnent aucun rayon réfracté propagatif. Pour du verre d’indice 1,50 vers l’air d’indice 1,00, le seuil vaut environ 41,81° ; au-delà, il faut décrire une réflexion totale.
Attribution historique. Le nom de la loi varie selon les pays, et la source présente l’attribution de 1621 comme générale et fondée sur le témoignage de Huygens. Il faut conserver cette nuance plutôt que transformer l’attribution en certitude sans réserve.

Pour aller plus loin

La fiche lois de Snell-Descartes développe la relation optique attachée au nom de Snellius et ses conditions d’emploi.
La fiche méthode de triangulation montre comment une base et deux visées permettent de calculer des distances inaccessibles.
La fiche géodésie replace les mesures de Snellius dans l’étude mathématique de la forme de la Terre.
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