GéométrieNotion · Glossaire
trisecteur de Bergery
Le trisecteur de Bergery, ou tomahawk, est un instrument géométrique qui aide à partager un angle en trois parts égales. Sa pièce rigide en forme de té associe deux repères équidistants à un demi-cercle dont le diamètre leur est égal. On le place avec le demi-cercle tangent à un côté, un repère sur l'autre et la tige longue passant par le sommet : ces trois contraintes guident le placement ; la trisection exacte dépend aussi de la géométrie complète de la pièce et se vérifie dans la construction idéale.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier le trisecteur de Bergery et ses parties caractéristiques.
- Comprendre les trois contraintes de son positionnement.
- Suivre une trisection d'un angle de 60° et contrôler le résultat.
- Éviter les confusions avec une trisectrice et un rapporteur.
En clair
Imaginez un angle dessiné sur une feuille et une petite planchette rigide en forme de té. En la faisant glisser jusqu'à ce que son demi-cercle touche un côté, qu'un repère atteigne l'autre côté et que sa longue tige passe par le sommet, on obtient une position précise. Dans la construction idéale, et avec la géométrie prévue pour l'instrument, cette position partage l'angle en trois parts égales ; les trois contacts seuls ne suffisent pas à le démontrer pour n'importe quelle planchette. Le nom « tomahawk » vient de sa silhouette, qui évoque grossièrement une hache. L'instrument transforme ainsi un problème de tracé en un ajustement visible, guidé par trois contacts géométriques.
Définition
Le trisecteur de Bergery, ou tomahawk, est une pièce rigide conçue pour triser un angle. Son profil rappelle un té : une barre courte porte deux repères directionnels équidistants, tandis que l'un de ses côtés forme un demi-cercle. Un troisième repère, appelé repère de contact, sert à se placer sur l'autre côté de l'angle. Le diamètre de ce demi-cercle est égal à la distance entre les deux repères directionnels. Cette relation entre la courbure et les deux repères directionnels est essentielle au fonctionnement de l'instrument, mais elle ne suffit pas à elle seule à établir la trisection sans la géométrie complète de la pièce.
Pour l'utiliser, on place le demi-cercle tangent à l'un des côtés de l'angle. Un repère doit alors se trouver sur l'autre côté, et la tige longue doit passer par le sommet. Ces trois contraintes simultanées définissent le placement à rechercher, plutôt qu'une mesure directe des trois angles. Dans une construction idéale, si la géométrie complète de l'instrument est respectée, la tige et les repères donnent les directions à vérifier pour tracer les trisectrices ; les seules contraintes énumérées ici ne constituent pas une démonstration générale. L'instrument a été conçu par Claude Lucien Bergery, né en 1787 et mort en 1863 ; il en a décrit le principe dans Géométrie appliquée à l'industrie, publiée en 1835.
Un exemple, pas à pas
On veut partager en trois un angle de 60° tracé sur une feuille. L'exemple suppose un tomahawk correctement fabriqué et un tracé idéal. Les données sont les suivantes : l'angle vaut 60°, la distance entre les deux repères vaut d, et le diamètre du demi-cercle vaut aussi d.
1. On place le demi-cercle tangent au premier côté de l'angle.
2. On fait glisser l'instrument jusqu'à placer le repère de contact sur le second côté.
3. On maintient cette position en vérifiant que la tige longue passe par le sommet et que le demi-cercle reste tangent au premier côté.
4. Depuis le sommet, on trace une demi-droite vers chacun des deux repères directionnels ; dans la construction idéale, ces deux directions intérieures partagent l'angle en trois parts égales, sous l'hypothèse que la géométrie complète de l'instrument est respectée.
5. Comme 60° ÷ 3 = 20°, chaque part vaut 20° dans le modèle idéal ; ce calcul ne suffit pas à garantir l'exactitude du dispositif réel.
2. On fait glisser l'instrument jusqu'à placer le repère de contact sur le second côté.
3. On maintient cette position en vérifiant que la tige longue passe par le sommet et que le demi-cercle reste tangent au premier côté.
4. Depuis le sommet, on trace une demi-droite vers chacun des deux repères directionnels ; dans la construction idéale, ces deux directions intérieures partagent l'angle en trois parts égales, sous l'hypothèse que la géométrie complète de l'instrument est respectée.
5. Comme 60° ÷ 3 = 20°, chaque part vaut 20° dans le modèle idéal ; ce calcul ne suffit pas à garantir l'exactitude du dispositif réel.
Le contrôle est refaisable avec un rapporteur : les deux directions intérieures doivent former respectivement 20° avec le premier côté, puis 20° entre elles et enfin 20° avec le second côté. Une petite différence signale une lecture ou un positionnement imparfait, non une nouvelle valeur de la trisection.
En pratique
Sur une figure de géométrie plane, le tomahawk sert à guider la construction des trisectrices d'un angle lorsque l'on dispose de l'instrument. Le geste consiste à chercher la position où les trois contraintes de contact sont satisfaites en même temps, puis à vérifier les directions obtenues ; la garantie de trisection suppose que la géométrie complète de l'instrument est celle prévue par la construction idéale.
Pour une construction scolaire ou une vérification, une règle et un rapporteur constituent une alternative plus courante. On les préfère lorsque le tomahawk n'est pas disponible ; le rapporteur permet alors de contrôler directement les 20° obtenus pour l'angle conducteur de 60°.
À ne pas confondre
Le trisecteur de Bergery ne se confond pas avec une trisectrice. Une trisectrice est une droite ou une demi-droite qui partage effectivement un angle en trois parts égales ; le trisecteur de Bergery est l'instrument qui aide à construire cette direction. Le cas qui tranche est concret : si l'on retire la planchette mais que l'on conserve une des directions tracées, on a une trisectrice, pas un tomahawk.
Il ne s'agit pas non plus d'un simple rapporteur. Le rapporteur lit ou reporte une mesure angulaire graduée, tandis que le tomahawk est positionné par tangence, alignement et coïncidence d'un repère. Une graduation en degrés est un indice en faveur d'un rapporteur, mais ne suffit pas à identifier l'instrument ; de même, une forme rigide sans graduation peut orienter vers un trisecteur, sans constituer à elle seule une preuve.
Limites et pièges
Un premier piège consiste à n'imposer que deux des trois contraintes. Si le demi-cercle est tangent au premier côté et qu'un repère touche le second, mais que la tige longue ne passe pas par le sommet, la position n'est pas la construction demandée. Une direction peut alors s'écarter de la trisection attendue ; ce défaut de placement ne constitue toutefois un diagnostic mathématique qu'une fois la géométrie complète de l'instrument posée. Il faut repositionner l'instrument jusqu'à rétablir le passage par le sommet, puis vérifier les trois écarts.
La trisection porte sur l'angle intérieur choisi. Pour l'angle conducteur de 60°, le résultat attendu est trois parts de 20° ; une mesure proche de 20° seulement peut venir de l'épaisseur de la pièce, d'un repère mal placé ou d'un tracé imprécis. Il faut alors considérer la précision du dessin et vérifier les trois écarts, plutôt que déclarer une égalité exacte à partir d'un seul contrôle.
Enfin, la forme seule ne suffit pas à identifier un trisecteur de Bergery. Les deux repères doivent être équidistants et le diamètre du demi-cercle doit égaler leur écart. Une planchette ressemblante dont ces relations sont absentes peut évoquer un té, mais elle ne respecte pas la description de l'instrument.
Pour aller plus loin
Le trisecteur de Bergery est un exemple d'instrument géométrique qui matérialise des contraintes de position. Pour aller plus loin, on peut étudier la trisection d'angle comme problème de construction : l'objectif n'est plus seulement de reconnaître le tomahawk, mais de comprendre pourquoi une pièce rigide et ses contacts imposent les directions recherchées. Cette lecture aide à distinguer une procédure de placement d'une mesure directe au rapporteur.
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