GéométrieNotion · Glossaire
trisecteur de Sylvester
Le trisecteur de Sylvester est un mécanisme articulé permettant de réaliser la trisection d'un angle. Inventé en 1875, il est constitué de plusieurs tiges rigides passant toutes par un point commun O, disposées à la manière des baleines d'un parapluie. Les contraintes mécaniques imposées aux tiges garantissent que, quel que soit l'angle formé par deux tiges extérieures, les tiges intermédiaires le divisent en trois angles égaux.
Sommaire
Ce que vous allez apprendre
- Identifier le trisecteur de Sylvester.
- Comprendre le rôle des tiges et des contraintes.
- Vérifier une trisection sur un angle de 60°.
- Repérer les limites liées au fonctionnement mécanique.
En clair
Imaginez un parapluie dont plusieurs baleines partagent le même point d’attache. En ouvrant les deux baleines extérieures, les tiges situées entre elles se déplacent avec elles. Le mécanisme est réglé pour que l’ouverture totale soit partagée en trois ouvertures identiques. Ainsi, une ouverture de 60° donne trois angles de 20°. Le trisecteur de Sylvester réalise mécaniquement une opération que la géométrie à la règle et au compas ne permet pas de faire pour un angle quelconque.
Définition
Le trisecteur de Sylvester est un mécanisme articulé conçu pour partager un angle quelconque en trois angles égaux. Ses éléments principaux sont plusieurs tiges rigides, un point commun O et des articulations qui imposent leurs positions relatives. Quand les tiges extérieures tournent autour de O, ces articulations transmettent le mouvement aux tiges intermédiaires ; la liaison est réglée pour que chacune se déplace avec la même fraction de l’ouverture. Les tiges extérieures déterminent l’angle d’entrée ; les tiges intermédiaires matérialisent les deux séparations internes.
Si l’angle extérieur mesure α, où α désigne sa mesure, les contraintes mécaniques doivent placer les deux tiges intermédiaires aux directions α/3 et 2α/3 à partir d’une même tige extérieure. Les trois angles obtenus ont alors chacun pour mesure α/3. Cette relation suppose que les tiges restent dans le même secteur angulaire et que les articulations fonctionnent sans jeu pertinent.
Le point O organise la rotation commune, tandis que la rigidité des tiges conserve les longueurs et la géométrie du dispositif. La propriété essentielle ne vient donc pas de l’apparence en éventail, mais des contraintes qui lient les mouvements des pièces.
Un exemple, pas à pas
On ouvre le trisecteur de Sylvester de façon que les deux tiges extérieures forment un angle de 60° autour du point commun O. Les données sont les suivantes : angle total = 60° ; nombre de parts = 3 ; tiges intermédiaires = 2.
Le réglage de la liaison impose alors deux positions intermédiaires régulièrement réparties dans l’ouverture. On contrôle son action en mesurant les directions : la première tige intermédiaire doit être à 20° de la tige extérieure de départ et la seconde à 40°.
Le calcul confirme la valeur attendue d’une part : 60° ÷ 3 = 20°. La dernière ouverture se contrôle ensuite par 60° − 40° = 20°.
Le calcul confirme la valeur attendue d’une part : 60° ÷ 3 = 20°. La dernière ouverture se contrôle ensuite par 60° − 40° = 20°.
Si les deux mesures intermédiaires donnent bien 20° et 40°, le dispositif produit trois angles de 20°. Le contrôle final consiste à additionner les trois parts : 20° + 20° + 20° = 60°, ce qui redonne exactement l’ouverture extérieure.
En pratique
En construction mécanique, le dispositif sert à matérialiser trois directions régulièrement réparties dans un angle. On règle l’ouverture des tiges extérieures, puis on vérifie visuellement que les tiges intermédiaires partagent le secteur en trois.
Pour une vérification numérique, un rapporteur ou un logiciel de géométrie constitue une alternative plus directe. Le trisecteur est intéressant lorsque l’on veut montrer ou transmettre la division par un mouvement mécanique, tandis que le rapporteur convient mieux à une mesure ponctuelle.
À ne pas confondre
Le trisecteur de Sylvester ne doit pas être confondu avec la trisection d’un angle. La trisection est l’opération géométrique consistant à partager un angle en trois parts égales ; le trisecteur est l’objet mécanique qui réalise cette opération. Le critère qui tranche est la présence d’un mécanisme articulé : une construction géométrique peut donner le même résultat sans comporter de tiges mobiles.
Il ne s’agit pas non plus d’une simple bissectrice. Une bissectrice partage un angle en deux parts égales, alors que le trisecteur en produit trois. Pour une ouverture de 60°, une bissectrice donne deux angles de 30°, tandis que le dispositif décrit ici donne trois angles de 20°.
Limites et pièges
La division en trois parts n’est exacte que pour la géométrie imposée par le mécanisme. Un jeu dans une articulation, une tige déformée ou un mauvais alignement du point O peut rendre les trois ouvertures légèrement différentes. Le symptôme est une somme correcte mais des écarts internes inégaux ; il faut alors contrôler les articulations et mesurer chaque part.
Le cas d’un angle nul est dégénéré : les trois angles valent alors 0° et les directions se confondent. Pour un angle très ouvert, les tiges doivent néanmoins rester dans le secteur prévu et ne pas se croiser d’une manière qui change leur ordre. Si cette condition mécanique n’est plus satisfaite, le dispositif ne fournit pas la trisection attendue ; une construction ou une mesure adaptée doit prendre le relais.
Pour aller plus loin
Pour prolonger cette idée vers la géométrie des triangles, l’article Les triangles dont une trisectrice est médiane montre comment une trisectrice peut aussi intervenir dans une propriété de triangle. Le lecteur y gagne un exemple où la division d’un angle est reliée à une droite remarquable, plutôt qu’à un mécanisme.
Explorez les mathématiques autrement
Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.
Découvrir les offres
