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GéométrieNotion · Glossaire

trisecteur de Kempe

Dans sa configuration idéale, non dégénérée et correctement réglée, le trisecteur de Kempe est un mécanisme articulé qui partage l’angle étudié en trois parties égales. Des antiparallélogrammes enchaînés transmettent le mouvement dans cette configuration ; cette propriété dépend du montage complet, pas d’un antiparallélogramme isolé.
O 10° 10° 10° 30°
Le schéma permet de vérifier visuellement les trois secteurs égaux de 10° dans l’angle total de 30°.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Identifier le trisecteur de Kempe et ses antiparallélogrammes.
  • Suivre le partage d’un angle de 30° en trois secteurs de 10°.
  • Reconnaître les limites liées au montage et à la précision.

En clair

Imaginez une petite charnière que l’on fait tourner dans l’ouverture d’un angle. Dans le modèle géométrique idéal du mécanisme — montage complet, pivots sans jeu et configuration non dégénérée — des barres disposées en antiparallélogrammes transmettent ce mouvement à des repères mobiles. Ceux-ci peuvent alors indiquer les directions qui partagent l’ouverture ; cette description illustre le montage correctement réglé, mais ne démontre pas à elle seule un rapport de transmission de trois ni une charnière isolée.
Pour un angle de 30° dans ce modèle correctement réglé, le mécanisme fait apparaître une direction à 10°, puis une autre à 20° : les trois ouvertures idéales mesurent chacune 10°. En pratique, le réglage, les jeux des pivots et les tolérances des barres peuvent légèrement modifier ces mesures ; la machine réalise donc une construction exacte dans le modèle, mais seulement approchée avec un dispositif réel.

Définition

Le trisecteur de Kempe est un mécanisme articulé destiné à triséquer un angle, c’est-à-dire à le partager en trois angles de même mesure. Sa structure repose sur des antiparallélogrammes enchaînés. Un antiparallélogramme est un quadrilatère croisé dont les deux paires de côtés opposés ont respectivement des longueurs égales. Il peut aussi être vu comme un trapèze isocèle dont les côtés non parallèles ont été croisés, les bases devenant les diagonales de la figure croisée.
Dans le modèle géométrique idéal retenu ici, on considère le mécanisme complet avec une configuration non dégénérée et un assemblage correctement réglé. Les antiparallélogrammes enchaînés transmettent alors le mouvement aux repères qui matérialisent les trois directions recherchées. Cette description dépend de ce montage et de cette configuration ; elle ne constitue pas, à elle seule, une démonstration algébrique d’un rapport de rotation triple ni une propriété d’un antiparallélogramme isolé.
Pour l’exemple conducteur, l’angle d’entrée mesure 30°. Les directions intermédiaires sont à 10° et 20° par rapport au premier côté, de sorte que les trois secteurs valent chacun 10°. Le dispositif réalise une construction mécanique ; il faut donc tenir compte de la précision des barres, des pivots et de l’alignement.

Un exemple, pas à pas

On règle le trisecteur de Kempe pour partager un angle d’entrée de 30°. Les données sont les suivantes : l’angle total vaut 30°, le nombre de parts vaut 3, et chaque barre articulée est montée selon la géométrie prévue par le mécanisme.
Étape 1. L’ouverture totale est de 30° et le nombre de parts demandé est 3. Placez le côté fixe du mécanisme sur le premier côté de l’angle.
Étape 2. Amenez le côté mobile sur l’autre côté de l’ouverture. Les barres et les pivots articulés transmettent alors ce mouvement aux repères du mécanisme.
Étape 3. Dans la configuration prévue, le premier repère se place à 10° du côté initial et le suivant à 20°. La mesure d’une part est bien 30° ÷ 3 = 10°.
Étape 4. Les trois secteurs sont donc 10°, 10° et 10° ; leur somme est 10° + 10° + 10° = 30°. Ce contrôle vérifie à la fois l’égalité des parts et le retour à l’ouverture de départ.

En pratique

Dans une démonstration de géométrie mécanique, on utilise le trisecteur pour matérialiser trois directions régulièrement espacées dans un angle. Le geste consiste à placer le côté fixe sur un côté de l’angle, puis à amener l’autre côté sur l’ouverture à partager.
Pour contrôler le résultat, on compare les trois secteurs plutôt que la seule position d’une barre. Dans l’exemple de 30°, chacun doit mesurer 10°. Un rapporteur est l’alternative pratique lorsque l’on cherche une mesure numérique rapide et que la précision du mécanisme n’est pas disponible.
Pour fabriquer ou régler le dispositif, on vérifie surtout l’égalité des longueurs prévues et le jeu des articulations. Une construction géométrique tracée sur papier est préférable si l’on doit conserver une figure fixe et lisible.

À ne pas confondre

Le trisecteur de Kempe ne doit pas être confondu avec le trisecteur d’un rapporteur gradué. Le premier produit des directions par la cinématique d’un assemblage articulé ; le second fournit une lecture de mesure. Pour trancher, retirez l’échelle graduée : si le fonctionnement dépend encore des barres et des pivots, il s’agit d’un mécanisme de Kempe.
Il ne s’agit pas non plus d’une construction générale à la règle et au compas. La trisection exacte d’un angle quelconque n’est pas réalisable par ces seuls instruments dans le cadre classique, tandis que le mécanisme ajoute des pièces articulées. Pour l’angle conducteur de 30°, le mécanisme articulé fait apparaître les directions à 10° et 20° ; cela ne rend pas cette trisection réalisable à la règle et au compas seuls.

Limites et pièges

Un antiparallélogramme mal assemblé peut se replier, se retourner ou atteindre une position où deux articulations deviennent alignées. Le symptôme observable est une direction mobile qui ne se place plus de façon univoque. Il faut alors revenir à une configuration non dégénérée et vérifier l’ordre des barres.
La propriété de rotation triple décrit une configuration cinématique déterminée, et non une règle valable pour toute position ou tout montage. Des pivots avec du jeu, des barres inégales ou un mauvais alignement introduisent une erreur ; la lecture doit alors être donnée comme une approximation, selon la précision de l’instrument.
Enfin, la trisection mécanique ne transforme pas un angle de 30° en trois secteurs mesurés exactement si l’angle d’entrée ou le réglage est lui-même incertain. Dans ce cas, le contrôle pertinent consiste à comparer les trois secteurs entre eux et leur somme à l’ouverture réellement mesurée.

Pour aller plus loin

Le trisecteur de Kempe ouvre sur l’étude des mécanismes de Peaucellier et de Kempe, où des assemblages de barres convertissent une contrainte géométrique en mouvement. Le point commun est la recherche d’une relation exacte entre longueurs, articulations et trajectoires ; le trisecteur se distingue par son objectif de partage angulaire.
On peut aussi prolonger l’étude vers la cinématique plane. Elle décrit les positions, vitesses et contraintes des pièces sans réduire le mécanisme à un simple dessin : une même forme apparente peut produire des mouvements différents selon les longueurs et les pivots choisis.
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