Passer au contenu principal
GéométrieNotion · Glossaire

trisecteur de Maclaurin

Le trisecteur de Maclaurin désigne un mécanisme articulé permettant de réaliser des trisections d'angles. Son étude théorique est intimement liée à la courbe connue sous le nom de trisectrice de Maclaurin : le lieu des points décrits par une articulation particulière du mécanisme en mouvement est précisément cette courbe. Comme cette courbe est une cubique, son étude aide à préciser quand le dispositif produit réellement trois parts égales.
Trisecteur de Maclaurin : repères du montage et trisection de 60 degrés À gauche, un schéma de repérage montre le bâti, deux pièces mobiles articulées en O et A, et le point P suivi sur la première direction. À droite, quatre rayons partagent un angle de 60 degrés en trois secteurs égaux de 20 degrés. Repérage du montage Résultat observé : 60° bâti pièce mobile 1 pièce mobile 2 P, articulation suivie OA direction de référence 20°20°20° 60° OP : direction relevée
À gauche, le schéma relie les appels de légende au bâti, aux deux pièces mobiles, à O, A et à P ; à droite, 60° apparaît partagé en trois secteurs de 20°.
Sommaire

Ce que vous allez apprendre

  • Définir le mécanisme articulé et la trisectrice associée.
  • Repérer dans le cas de 60° le bâti, les pièces mobiles et l'articulation suivie, puis contrôler la répartition par un calcul exact.
  • Distinguer la courbe particulière d'une cubique quelconque.

En clair

Imaginez un assemblage de pièces reliées par des articulations. En le mettant en mouvement, on peut faire apparaître une direction qui partage un angle en trois parts égales. Le trisecteur de Maclaurin est ce mécanisme : il transforme un mouvement réglé en une trisection d'angle. Une articulation ne se déplace pas au hasard. Le point qu'elle décrit dessine une courbe particulière, appelée trisectrice de Maclaurin. Cette courbe donne le lien entre le geste mécanique visible et l'étude géométrique qui permet d'en préciser les conditions.

Définition

Le trisecteur de Maclaurin est un mécanisme articulé conçu pour réaliser la trisection d'un angle, c'est-à-dire le partage d'un angle donné en trois angles égaux. La courbe associée est la trisectrice de Maclaurin. Elle est définie comme le lieu des positions successives d'un point lié à une articulation particulière lorsque le mécanisme se meut.
Si θ désigne la mesure de l'angle initial et α la mesure de chacune des trois parts, la relation recherchée s'écrit α=θ3\alpha=\frac{\theta}{3}. Cette écriture ne décrit pas à elle seule le mécanisme : elle exprime le résultat attendu. La réalisation mécanique et la courbe doivent être étudiées ensemble, car la trisectrice de Maclaurin est une cubique. Ses propriétés analytiques et géométriques servent à expliciter les conditions dans lesquelles la trisection obtenue est valide.

Un exemple, pas à pas

Considérons un angle choisi de 60° et cherchons les trois parts produites par le trisecteur. Les données sont les suivantes : l'angle initial mesure 60°, le nombre de parts demandées vaut 3 et chaque part doit avoir la même mesure.
On commence par fixer au bâti le côté horizontal de l'angle de 60° : dans le schéma, le bâti est le segment noir portant le pivot O. L'autre côté est la direction de référence. Les deux pièces mobiles sont les segments colorés reliés en O puis en A ; l'articulation particulière est le point P, marqué sur la première direction intermédiaire à 20°. Dans la configuration illustrée, le schéma permet de repérer P et la direction OP, ainsi que les deux autres directions qui complètent le partage, à 40° et 60°. Il s'agit d'un repérage statique : le dessin ne fournit pas de positions successives pour observer le déplacement. Cette limite est distincte du calcul de contrôle.
La vérification arithmétique consiste alors à diviser la mesure totale par le nombre de parts : 60° ÷ 3 = 20°, puis à additionner les trois mesures : 20° + 20° + 20° = 60°. Le calcul confirme la répartition attendue, sans démontrer à lui seul le mouvement du trisecteur.

En pratique

Dans une construction mécanique, le trisecteur sert lorsque l'on veut obtenir physiquement des directions qui partagent un angle. On fixe d'abord l'angle entre le bâti et la direction de référence, puis on suit l'articulation particulière reliée aux pièces mobiles. En déplaçant ces pièces dans la configuration illustrée, cette articulation indique la direction trisectrice ; l'observation décrit le fonctionnement, mais ne remplace pas la vérification géométrique.
Dans une étude de géométrie, on préfère le modèle de la trisectrice de Maclaurin lorsque le mouvement et le lieu des points doivent être analysés ensemble. Le critère observable est alors la courbe suivie par l'articulation, et non la seule apparence des pièces.
Pour vérifier un cas numérique comme celui de 60°, on compare la somme des trois mesures à l'angle initial. Une construction géométrique ou un calcul convient mieux si l'on cherche seulement une valeur, sans étudier le mouvement articulé.

À ne pas confondre

Le trisecteur de Maclaurin et la trisectrice de Maclaurin sont liés, mais ils ne désignent pas le même objet. Le premier est le mécanisme articulé ; la seconde est la courbe, c'est-à-dire le lieu des points décrits par une articulation en mouvement. Le critère qui tranche est concret : si l'on parle des pièces et de leur mouvement, il s'agit du trisecteur ; si l'on parle du lieu géométrique, il s'agit de la trisectrice.

Limites et pièges

Une division numérique par trois ne suffit pas à établir qu'un mécanisme réalise effectivement une trisection. Dans le cas de 60°, le calcul donne bien trois mesures de 20°, mais l'étude du trisecteur doit encore relier ce résultat au mouvement de l'articulation et aux propriétés de la courbe associée.
Une autre précaution concerne le mot cubique. Il décrit le degré de la courbe étudiée ; il ne signifie pas que toute courbe cubique est une trisectrice de Maclaurin. Pour éviter ce piège, il faut identifier le lieu exact engendré par l'articulation particulière du mécanisme et vérifier les conditions de trisection qui en découlent.

Pour aller plus loin

Pour prolonger l'étude, on peut passer du mécanisme au lieu géométrique : décrire analytiquement les positions de l'articulation P, puis examiner les propriétés géométriques de la trisectrice de Maclaurin. La configuration illustrée ne fournit toutefois ni trois positions successives, ni butée, ni intervalle de mouvement à contrôler. Ces éléments constituent donc des questions d'étude à documenter dans un modèle plus complet : il faudrait alors vérifier que les directions OP restent distinctes et partagent l'angle initial, et examiner ce qui se passe si P sort de l'intervalle retenu. Il faut enfin s'assurer que le lieu étudié est celui de P, et non une cubique choisie au hasard.
Continuez avec Tangente

Explorez les mathématiques autrement

Retrouvez nos magazines, podcasts et jeux pour explorer les mathématiques autrement.

Découvrir les offres